Institut Fraser

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16 juil. 2013 06h32 HE

Institut Fraser : Le Canada possède d'abondantes réserves d'eau dont la qualité s'améliore depuis les années 1970

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwired - 16 juillet 2013) - Le Canada possède d'abondantes réserves d'eau douce dont la qualité s'est nettement améliorée depuis les années 1970, selon une nouvelle étude de l'Institut Fraser, un organisme canadien de recherche en politiques publiques indépendant et non partisan.

« Le Canada possède pas moins d'un cinquième des réserves mondiales d'eau douce et même si nous figurons parmi les plus grands consommateurs d'eau par habitant au monde, il est peu probable que nous en manquions un jour », avance Joel Wood, économiste principal de recherche à l'Institut Fraser et auteur de l'étude intitulée Canadian Environmental Indicators: Water.

Celle-ci donne un aperçu général des ressources d'eau douce du Canada, de leur évolution au fil du temps et de la consommation d'eau des Canadiens par rapport aux données internationales. Il s'agit de la deuxième d'une série d'études de l'Institut Fraser visant à fournir des informations objectives pour éclairer le débat sur les politiques environnementales.

Selon l'étude, la plupart des sources d'eau douce importantes sont situées à l'extrême nord du pays, loin des grandes villes, et les réserves d'eau du sud du Canada, où vit la majeure partie de la population, ont diminué ces dernières décennies.

« Nous ne consommons malgré tout qu'une petite partie de nos ressources hydriques, et le volume d'eau douce renouvelable du Canada se classe au quatrième rang mondial », fait valoir M. Wood.

En ce qui concerne la qualité de l'eau, le Canada figure au neuvième rang mondial selon certains paramètres, dont l'oxygène dissous, le pH, la conductivité, l'azote total et le phosphore total. Les niveaux de nutriments dans la plupart des rivières, fleuves et lacs canadiens sont demeurés stables entre 1990 et 2006, et les données sont suffisantes pour permettre l'analyse des tendances.

M. Wood souligne que la qualité de l'eau varie d'une province à l'autre et qu'elle est soumise à des règlementations différentes.

« Les Canadiens ont raison de se préoccuper de la quantité d'eau disponible - pour la consommation humaine, les activités récréatives et la faune - et de sa qualité. Cependant, soutient-il, la qualité de l'eau s'est généralement améliorée au pays depuis les années 1970. »

L'étude révèle une diminution de la quantité totale de phosphore dans les Grands Lacs et le lac Simcoe en Ontario, ainsi qu'une baisse générale des taux de mercure, de BPC et de nombreuses autres substances toxiques dans les eaux ontariennes et québécoises.

« Le retour aux taux de phosphore total du 19e siècle dans le lac Osoyoos en Colombie-Britannique est un autre exemple de l'amélioration de la qualité de l'eau. Les taux de bactéries diminuent dans les grandes rivières de l'Alberta et, grâce au perfectionnement du processus de blanchiment des usines de pâtes et papiers, les niveaux de chlorures dans les rivières et fleuves de la Colombie-Britannique ont nettement diminué depuis les années 1980. »

Les données de l'Ontario semblent indiquer que les niveaux de pesticides et de produits pharmaceutiques dans l'eau potable ainsi que de chlorures dans les rivières provenant du sel de voirie ne menacent pas la qualité de l'eau. De plus, les taux de pesticides dans l'eau potable ont beaucoup diminué avant 2006, bien avant la mise en œuvre en Ontario de l'interdiction d'utiliser des pesticides à des fins esthétiques.

Il y a aussi des cas où l'on a réussi à nettement améliorer la qualité locale de l'eau. Ainsi, le saumon est récemment réapparu dans la rivière Nepisiguit au Nouveau-Brunswick; les poissons et les insectes sont de retour dans la rivière Tsolum en Colombie-Britannique, 40 ans après la destruction de l'essentiel de son écosystème par des rejets de substances toxiques d'une mine abandonnée; et on a récemment retiré le port Wheatley, situé sur le bord du lac Érié, de la liste des secteurs préoccupants des Grands Lacs.

« Malgré ces améliorations, il importe de surveiller les problèmes de qualité de l'eau que connaissent certaines régions du Canada. Les taux d'azote dans les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent, le district régional du Grand Vancouver et les rivières de l'Île-du-Prince-Édouard sont élevés et augmentent. Les eaux du parc national Kejimkujik, en Nouvelle-Écosse, demeurent polluées, et les concentrations de mercure dans les poissons et les huards continuent d'augmenter, explique M. Wood.

« Il faut améliorer la surveillance de la qualité de l'eau, surtout dans le district régional du Grand Vancouver et la rivière Athabasca, en aval du secteur des sables bitumineux. »

L'étude souligne aussi que certaines régions du pays connaissent des pénuries d'eau saisonnières qui pourraient entraver l'activité économique. Au Canada, l'eau est la propriété presque exclusive des gouvernements provinciaux qui la gèrent. Or dans les régions les plus fortement touchées par des pénuries d'eau saisonnières (soit le sud des Prairies et la vallée de l'Okanagan), les permis d'utilisation de l'eau - qui autorisent leur titulaire à utiliser une certaine quantité d'eau - ont traditionnellement été accordés selon le principe du premier arrivé, premier servi plutôt que par le biais du marché. Selon l'étude, l'instauration de marchés de l'eau pour les grands consommateurs peut garantir l'utilisation optimale des ressources hydriques et inciter à la construction d'infrastructures de transport d'eau douce vers les zones sujettes à des pénuries. L'Alberta a fait un pas dans ce sens dans le bassin de la rivière Saskatchewan Sud en autorisant l'achat et la vente de permis d'utilisation de l'eau.

« Sur un marché, le prix de l'eau augmente en cas de sécheresse et les consommateurs réduisent leur consommation par mesure d'économie, fait observer M. Wood.

« Une tarification plus appropriée de la consommation d'eau des ménages peut aussi faire en sorte que les Canadiens utilisent l'eau efficacement. »

La version intégrale de l'étude en format PDF (en anglais seulement) est téléchargeable gratuitement à www.institutfraser.org.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et collabore avec 86 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org

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