Institut Fraser

Institut Fraser

16 juin 2008 06h00 HE

Institut Fraser: Le coût moyen des médicaments génériques vendus sur ordonnance est deux fois plus élevé au Canada qu'aux Etats-Unis

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 16 juin 2008) - Les prix des médicaments génériques vendus sur ordonnance sont un peu du double au Canada qu'aux Etats-Unis, selon une nouvelle étude menée par un organisme de recherche indépendant, l'Institut Fraser.

Cette étude, Canada's Drug Price Paradox 2008 ("Le paradoxe du prix des médicaments au Canada en 2008"), a révélé que les prix des médicaments génériques vendus sur ordonnance en 2007 étaient en moyenne 112 pour cent plus élevés que les prix de ces mêmes médicaments vendus aux Etats-Unis en 2007. En 2003, pour les mêmes médicaments génériques vendus sur ordonnance, les prix étaient 78 pour cent plus élevés au Canada qu'aux Etats-Unis.

Par ailleurs, les prix des médicaments de marque vendus sur ordonnance en 2007 étaient en moyenne 53 pour cent plus bas au Canada qu'aux Etats-Unis. En 2003, les prix des médicaments de marque (ou "brevetés") étaient en moyenne 43 pour cent plus bas au Canada qu'aux Etats-Unis.

"Selon les dernières données, les Canadiens continuent de payer les médicaments génériques provenant des Etats-Unis à des prix largement gonflés," a affirmé Brett Skinner, directeur de la recherche sur les politiques en santé, en pharmaceutique et en assurance de l'Institut Fraser et principal auteur de l'étude.

L'étude Canada's Drug Price Paradox 2008 compare les prix de vente canadiens et américains de 100 médicaments de marque les plus fréquemment prescrits (la plupart étant brevetés) ainsi que des 100 médicaments génériques les plus fréquemment prescrits au Canada. En 2007, cet échantillon de médicaments représentait environ 70 pour cent de l'ensemble du marché des médicaments de marque, et environ 55 pour cent de l'ensemble du marché des médicaments génériques.

"Les Canadiens paient les médicaments génériques plus chers que les Américains, car les politiques du gouvernement du Canada font en sorte que les compagnies pharmaceutiques qui fabriquent des médicaments génériques, ainsi que les détaillants du secteur pharmaceutique, ne profitent pas du marché libre qui permettrait de réduire les prix des médicaments génériques," a déclaré M. Skinner.

Selon ses calculs, en réglementant les médicaments vendus sur ordonnance, les politiques fédérales, provinciales et territoriales du Canada ont coûté aux consommateurs de 2,9 à 7,5 milliards de dollars en dépenses inutiles en raison du prix gonflé des médicaments génériques et d'une substitution inefficace des médicaments.

L'étude a également révélé que les consommateurs américains sont plus nombreux à remplacer les versions génériques des médicaments par les médicaments de la marque d'origine. Comme les médicaments génériques sont moins chers aux Etats-Unis, les consommateurs américains sont incités à choisir leurs médicaments de manière rationnelle et avantageuse du point de vue monétaire.

A l'inverse, les politiques publiques canadiennes essaient de forcer, souvent par décret gouvernemental, les consommateurs à choisir des médicaments génériques sans réussir pour autant à atteindre des taux de substitution aussi élevés qu'on observe sur le marché américain relativement plus libre.

Du nombre du total d'ordonnances délivrées au Canada en 2007, 48 pour cent visaient des médicaments génériques et 52 pour cent, des médicaments de marque. Aux Etats-Unis, 67 pour cent des ordonnances visaient des médicaments génériques et seulement 33 pour cent, des médicaments de marque.

Parmi les nombreuses politiques qui faussent le marché canadien des médicaments vendus sur ordonnance, M. Skinner soutient que les principaux problèmes sont les suivants :

- Les programmes de médicaments remboursent le coût des prescriptions aux pharmacies plutôt qu'aux consommateurs. Comme cette pratique a pour effet de cacher aux consommateurs le coût de ses médicaments, il est inciter à ne pas à comparer les prix lors de l'achat. Or, un tel comportement exercerait des pressions à la baisse sur les prix.

- Les programmes provinciaux portant sur l'achat de médicaments prévoient le remboursement des médicaments génériques selon un pourcentage fixe du prix du médicament de la marque originale. Le remboursement à pourcentage fixe n'encourage pas les détaillants à se faire concurrence pour augmenter les ventes. Ce phénomène s'explique par le fait que l'acheteur (le gouvernement) offre le même prix à chaque vendeur, et que ce prix est connu d'avance. Par conséquent, les pharmacies tentent de faire payer le prix maximal permis. Le prix est ainsi beaucoup plus élevé que si les consommateurs étaient directement confrontés aux coûts.

- Le système de remboursement public permet aux fabricants de médicaments génériques d'échanger des rabais contre des droits de distribution exclusifs qui donnent à leurs produits le monopole virtuel dans les pharmacies de détail. Ces rabais ne sont pas transférés aux régimes d'assurance-médicaments publics, car les pharmacies peuvent conserver la différence entre le taux de remboursement établi par le gouvernement et les rabais offerts par les fabricants. Par ailleurs, le monopole résultant des accords de distribution exclusive crée un prix unique pour tous les acheteurs des chaînes de vente au détail. Cela signifie que les régimes d'assurance-médicaments, de même que les payeurs d'assurance privée et les consommateurs non assurés paient un prix gonflé pour leurs médicaments génériques.

"Des provinces comme l'Ontario et le Québec ont tenté de résoudre les problèmes que posent ces politiques interventionnistes malavisées en introduisant d'autres politiques interventionnistes. Mais rien n'a réussi à faire baisser les prix," a déclaré M. Skinner.

"Si les régimes d'assurance-médicaments publics continuent d'appliquer des politiques de remboursement fixe et indirect, les fabricants de médicaments génériques et les détaillants du secteur pharmaceutique trouveront d'autres façons créatives d'échanger des rabais contre des monopoles, et les Canadiens continueront de payer trop cher pour leurs médicaments génériques."

M. Skinner conclut qu'il est dans l'intérêt des Canadiens que les gouvernements fédéral et provinciaux abrogent tout simplement les politiques faussant le marché des médicaments vendus sur ordonnance.

"Les gouvernements canadiens défendent les politiques destinées au marchés pharmaceutiques en prétendant qu'elles réduisent le coût des médicaments vendus sur ordonnance pour les consommateurs. Or, cette étude montre que les Canadiens paient les médicaments génériques beaucoup plus chers qu'ils le devraient, car les politiques gouvernementales faussent le marché."

L'Institut Fraser est un organisme de recherche et de formation indépendant disposant de bureaux à Calgary, Montréal, Toronto et Vancouver. Il a pour mission de mesurer, d'étudier et de communiquer l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des personnes. Pour protéger son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions publiques ni contrats de recherche. Consultez le www.institutfraser.org.

Renseignements