Institut Fraser

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20 nov. 2012 06h32 HE

Institut Fraser-Le débat sur les inégalités de revenus néglige la mobilité : quatre Canadiens dans le besoin sur cinq progressent dans l'échelle des revenus sur 10 ans

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 20 nov. 2012) - Sur une période de 10 ans, quatre Canadiens sur cinq parmi ceux aux revenus les plus faibles ont progressé dans l'échelle des revenus. C'est la conclusion d'une nouvelle étude sur la mobilité du revenu, laquelle souligne la négligence générale de cet aspect dans le débat sur les inégalités de revenus dans la société canadienne.

De plus, un Canadien sur cinq du groupe de revenu le plus faible a réussi à passer au groupe de revenu le plus élevé sur une période de 19 ans. L'étude présentant ces constatations, intitulée Measuring Income Mobility in Canada, est publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, l'organisme indépendant de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays. L'étude intégrale est accessible au www.institutfraser.org.

« Le Canada n'est pas une société de castes où les personnes nées dans un groupe de revenu donné y sont confinées toute leur vie. Le débat actuel sur les inégalités de revenus repose sur l'idée que les Canadiens à faible revenu d'aujourd'hui seront dans le même groupe de revenu dans cinq, 10, voire 20 ans. Or cette prémisse est fausse », affirme Charles Lammam, directeur associé de l'Institut Fraser et coauteur de l'étude.

« Au cours de leur vie, les gens montent et descendent dans l'échelle des revenus. Malheureusement, ce fait est souvent négligé dans les débats sur les inégalités de revenus : on compare plutôt les écarts entre les différents groupes de revenus à des moments précis, ce qui fausse l'image des possibilités d'avancement des Canadiens. »

L'étude, basée sur des données spéciales obtenues de Statistique Canada, classe les Canadiens en cinq groupes selon leur revenu initial (leur rémunération sous forme de salaires et de traitements avant impôt), et suit l'évolution de leur revenu sur des périodes de cinq, 10 et 19 ans. Si une personne initialement classée dans le groupe de revenu le plus faible (tranche de 20 % des personnes les moins bien rémunérées) passe à un groupe de revenu plus élevé après quelques années, on considère qu'elle a connu une mobilité à la hausse.

L'étude a permis de constater une mobilité à la hausse considérable sur toutes les périodes, mais les personnes initialement classées dans le groupe de revenu le plus faible ont connu la mobilité à la hausse la plus forte dans tous les cas. Sur la période de 10 ans (de 1990 à 2000), 83 % des personnes initialement au bas de l'échelle ont quitté la tranche de 20 % des personnes les moins bien rémunérées. Sur la période de 19 ans (de 1990 à 2009), 87 % d'entre elles ont progressé dans l'échelle des revenus.

« L'appartenance au groupe de revenu le plus faible a été une expérience temporaire pour la vaste majorité des Canadiens sur lesquels portait l'étude », soutient M. Lammam.

L'étude s'est particulièrement intéressée à la mobilité des personnes classées dans le groupe de revenu le plus faible en 1990, et a constaté qu'en 2009, soit sur une période de 19 ans, 21 % d'entre elles étaient passées au groupe de revenu le plus élevé.

« Un Canadien sur cinq qui se classait initialement au bas de l'échelle s'est rendu en haut de l'échelle, et environ deux sur cinq ont fini par appartenir aux deux groupes de revenus les plus élevés », précise M. Lammam.

En plus de constater que les Canadiens à faible revenu progressent dans l'échelle des revenus, l'étude a conclu que certaines personnes des groupes de revenus élevés connaissent une mobilité à la baisse au fil du temps. Ainsi, 36 % des personnes initialement en haut de l'échelle sont passées à un groupe de revenu inférieur entre 1990 et 2009.

« En début de carrière, le revenu de la plupart des Canadiens est relativement faible parce qu'ils sont jeunes, qu'ils viennent d'intégrer le marché du travail et qu'ils manquent d'expérience de travail et de vie. En général, une fois qu'ils ont obtenu les diplômes nécessaires et acquis des compétences professionnelles, leur revenu augmente jusqu'à atteindre un sommet à l'âge mûr, après quoi il commence à baisser pendant la préparation à la retraite, poursuit M. Lammam.

« La plupart des gens ne restant pas dans le même groupe de revenu toute leur vie, l'analyse des écarts entre les différents groupes de revenus à des moments précis aboutit à une compréhension incomplète des inégalités de revenu. »

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 85 laboratoires d'idées. Son objectif est d'effectuer et de diffuser des recherches à propos de l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des individus. Afin de protéger son indépendance, il n'accepte pas de subventions de la part de gouvernements, ni de contrats de recherche.

Consultez le site Web www.institutfraser.org.

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