Institut Fraser

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13 août 2013 06h32 HE

Institut Fraser: Le modèle de soins de santé suisse combinant public et privé se traduit par des délais d'attente et des coûts moindres qu'au Canada

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 13 août 2013) - Si les Canadiens souhaitent vraiment améliorer le système de santé du pays, réduire les délais d'attente pour les traitements et maintenir l'accès universel aux soins, le Canada devrait s'inspirer du système de santé suisse. C'est la conclusion d'une nouvelle étude de l'Institut Fraser, un organisme canadien de recherche en politiques publiques indépendant et non partisan.

« Le système de santé suisse assure la prestation de soins à l'ensemble des citoyens avec des délais d'attente minimes et à un coût moindre qu'au Canada », affirme Nadeem Esmail, directeur de la recherche sur les politiques de santé de l'Institut Fraser et auteur de l'étude intitulée Health Care Lessons from Switzerland. La version intégrale de l'étude en format PDF (en anglais seulement) est téléchargeable gratuitement à www.institutfraser.org.

« Toute discussion sur la modification du système de santé canadien s'enlise trop souvent dans des propos alarmistes sur le système américain. Or le Canada ne devrait pas suivre l'exemple des États-Unis, mais de pays comme la Suisse, un modèle qui a fait ses preuves. »

Cette nouvelle étude de l'Institut Fraser s'inscrit dans une série d'analyses sur le financement et la prestation des services de santé dans d'autres pays développés où les citoyens ont accès aux soins peu importe leur capacité de payer.

La comparaison de la performance des systèmes de santé canadien et suisse - ajustée selon l'âge - révèle des différences saisissantes soulignées dans l'étude.

Ainsi, le système canadien est beaucoup plus coûteux : il accapare 12,5 % du PIB contre 10,8 % en Suisse. Par rapport au Canada, la Suisse a pourtant plus de médecins (3,6 pour 1 000 habitants contre 2,6 au Canada), d'infirmières (14,4 pour 1 000 habitants contre 10,3 au Canada) et de tomodensitomètres (31,0 pour 1 000 habitants contre 15,2 au Canada).

Quant aux délais, 93 % des patients suisses ont dit pouvoir obtenir un rendez-vous avec un médecin ou une infirmière le jour même ou le lendemain contre 45 % des patients canadiens; 82 % ont attendu moins d'un mois pour consulter un spécialiste par rapport à 41 % des patients canadiens; et 55 % ont dit attendre moins d'un mois pour une intervention chirurgicale non urgente contre 35 % des patients canadiens.

Le succès du système de santé suisse s'explique par la combinaison d'options publiques et privées. Au lieu de reposer sur un modèle de monopole public financé par l'impôt, le modèle suisse fournit une couverture universelle selon une formule financée par les primes, laquelle se caractérise par la concurrence entre assureurs privés et entre fournisseurs de services, la possibilité pour les consommateurs de choisir les caractéristiques du régime et une forte responsabilisation des patients.

« Les Canadiens doivent dépasser leur peur et leur rejet d'une participation du secteur privé dans les soins de santé. La Suisse montre que l'on peut avoir recours à la concurrence du secteur privé pour fournir des services hospitaliers et chirurgicaux universels de grande qualité », fait valoir M. Esmail.

Dans le système suisse, les citoyens doivent souscrire une assurance maladie individuelle auprès d'un assureur suisse autorisé et lui verser des primes. Dans ce sens, la meilleure définition du marché suisse de l'assurance maladie est celle d'un système « à concurrence dirigée ». Plus particulièrement, la prestation de soins de santé et l'offre d'assurance maladie sont en grande partie entre les mains du secteur privé, le rôle du gouvernement étant surtout de définir un cadre réglementaire rigoureux pour l'industrie. Les administrations s'assurent également que les Suisses à faible revenu peuvent souscrire une assurance par l'octroi d'une subvention dont le montant est fonction du revenu ou de l'avoir.

Par ailleurs, le système suisse se distingue par les aspects essentiels suivants :

  • Le partage des coûts des services médicaux de toutes formes;
  • La prestation privée des services de soins de courte durée (soins hospitaliers et chirurgies);
  • Le financement des soins hospitaliers fondé sur les activités;
  • L'admissibilité d'un système de santé parallèle privé.

« L'imitation du modèle suisse nécessiterait une réforme du système de santé canadien, mais les provinces pourraient adopter plusieurs aspects du système suisse sans violer la Loi canadienne sur la santé, soutient M. Esmail.

« Le gouvernement fédéral a accordé plus de latitude aux provinces pour expérimenter de nouvelles méthodes de prestation des soins de santé. L'ensemble des Canadiens profiterait en fin de compte si l'une des provinces s'inspirait de la Suisse pour mettre en œuvre certaines de ses politiques de santé. »

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 86 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org.

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