Institut Fraser

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25 oct. 2010 06h14 HE

Institut Fraser : Le premier ministre du Québec, Jean Charest, se classe sixième parmi ses pairs sur le plan de la gestion budgétaire

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 25 oct. 2010) - Le premier ministre du Québec, Jean Charest, s'est classé sixième dans une évaluation globale de la gestion budgétaire des dix premiers ministres provinciaux du Canada. Celle-ci tenait notamment compte des dépenses publiques, des impôts et des taxes, ainsi que de la dette et des déficits.

Jean Charest a obtenu une note de 53,7 sur 100, selon le classement présenté dans une nouvelle étude intitulée Measuring the Fiscal Performance of Canada's Premiers. Cette étude, révisée par des pairs de l'Institut Fraser, a été publiée aujourd'hui par l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, est arrivé en tête du classement avec une note de 89,1; il est suivi par Gary Doer, ancien premier ministre du Manitoba, qui a obtenu une note de 78,2. Danny Williams, de Terre-Neuve-et-Labrador, s'est classé en troisième place avec une note de 71,0. Ed Stelmach, de l'Alberta, et Brad Wall, de la Saskatchewan, sont respectivement en quatrième (66,4) et cinquième place (57,9).

Trois des quatre premiers ministres en queue de peloton viennent des provinces atlantiques. Il s'agit de Rodney MacDonald (33,7), ancien premier ministre de la Nouvelle-Écosse, de Shawn Graham (33,2), ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, et de Robert Ghiz (30,0), de l'Île-du-Prince-Édouard. Le premier ministre Dalton McGuinty, de l'Ontario, province la plus populeuse du Canada et voisine du Québec, est arrivé en dernière place avec une note d'à peine 29,7.

« Cette évaluation empirique objective permet aux Québécois de comparer la gestion des finances publiques de la province par Jean Charest et ses politiques économiques à celles des autres premiers ministres provinciaux du Canada, soutient Niels Veldhuis, économiste principal à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude.

« Dans un monde de plus en plus concurrentiel, une bonne politique budgétaire est un facteur décisif de la réussite économique à long terme. Il est essentiel que les premiers ministres provinciaux fassent preuve de leadership en matière budgétaire : ils doivent établir des priorités pour l'utilisation des ressources existantes du gouvernement, plutôt qu'augmenter simplement les dépenses, les impôts et les taxes. Ils doivent aussi veiller à équilibrer le budget, et s'employer à renforcer les mesures d'incitation pour encourager les particuliers et les entreprises à avoir des activités économiques productives. »

L'étude intitulée Measuring the Fiscal Performance of Canada's Premiers évalue la performance relative des dix premiers ministres provinciaux sur le plan de la gestion budgétaire pendant la durée de leur mandat, et ce, jusqu'à l'année la plus récente où des données sont disponibles (2009-2010). Chaque premier ministre a obtenu une note globale et été classé en fonction de sa performance par rapport à trois aspects de la politique budgétaire, soit les dépenses publiques, les impôts et les taxes, et enfin la dette et les déficits.

Dépenses publiques

Les études économiques montrent que la modération et le contrôle des dépenses pour empêcher ces dernières d'augmenter à des niveaux insoutenables sous-tendent les bonnes politiques dans le domaine des dépenses publiques.

Jean Charest se compare favorablement à ses homologues provinciaux en ce qui concerne les dépenses publiques. Il a en effet obtenu une note de 81,7 à cet égard, ce qui lui permet de se classer troisième après Gordon Campbell (100), de la Colombie-Britannique, et Gary Doer (85,5), du Manitoba. Sur le plan des dépenses publiques, le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, s'est classé septième avec une note de 29,8.

« Même si le premier ministre Charest s'est montré plus modéré que la plupart de ses pairs, il a malgré tout augmenté les dépenses de la province à un rythme insoutenable, et ses actions ne peuvent pas être considérées comme prudentes. De 2003-2004 à 2009-2010, la croissance moyenne des dépenses de programmes dans la province dépassait celles du PIB, de l'inflation et de la population », explique M. Veldhuis.

Impôts et taxes

Les taux d'imposition et de taxation ainsi que la structure du système fiscal ont une incidence considérable sur les incitations économiques qui déterminent les comportements et les décisions des entreprises et des particuliers.

Jean Charest n'a obtenu qu'une note de 25,3 sur le plan des impôts et des taxes, ce qui le place au huitième rang. C'est de nouveau Gordon Campbell, de la Colombie-Britannique, qui a obtenu la meilleure note (83,1), suivi par Shawn Graham (80,3), du Nouveau-Brunswick. Le premier ministre McGuinty, de l'Ontario, s'est classé septième avec une note de 39,2.

« Les premiers ministres de l'Ontario et du Québec, Dalton McGuinty et Jean Charest, ont été les seuls à augmenter le taux d'imposition des sociétés au cours de leur mandat. Le premier ministre Charest a également négligé de réduire les taux d'impôt des particuliers, qui sont élevés. Aujourd'hui, les taux marginaux d'imposition des particuliers au Québec sont parmi les plus élevés au pays », affirme M. Veldhuis.

Dette et déficits

La dette et les déficits constituent un aspect essentiel de la politique budgétaire, car les déficits annuels augmentent le niveau des emprunts et la dette du gouvernement. Le gouvernement doit alors consacrer de plus en plus d'argent des contribuables au service de la dette, ce qui, en fin de compte, réduit les ressources disponibles pour financer les services publics.

En ce qui concerne la gestion de la dette et des déficits, le premier ministre Charest a obtenu une note de 54,2 et s'est classé septième. Quatre de ses homologues provinciaux se sont partagé la première place grâce à une note parfaite de 100, soit les premiers ministres Wall (Saskatchewan), Williams (Terre-Neuve-et-Labrador), Doer (Manitoba) et Stelmach (Alberta). Tous les quatre ont en moyenne affiché un excédent budgétaire au cours de leur mandat, et réduit la dette publique nette en pourcentage du PIB. Le premier ministre McGuinty s'est classé avant-dernier avec une note de 19,9.

« Jean Charest se distingue malheureusement par le fait d'être l'un des cinq premiers ministres provinciaux à accuser un déficit net au cours de son mandat. La dette publique nette, d'une proportion de 39,6 % du PIB en 2002-2003, a ainsi augmenté à 47,5 % du PIB en 2009-2010 », conclut M. Veldhuis.

La version intégrale de l'étude avec ses tableaux de données détaillées est accessible gratuitement en format PDF à l'adresse www.institutfraser.org (en anglais seulement).

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 80 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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