Institut Fraser

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05 mars 2015 06h30 HE

Institut Fraser : Le prochain budget du Québec-l'occasion de prendre des mesures budgétaires et fiscales audacieuses

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwired - 5 mars 2015) - Dans son prochain budget qu'il présentera vers la fin du mois, le gouvernement du Québec pourrait améliorer les perspectives économiques de la province en prenant des mesures de réduction de la dette et de réforme de la fiscalité. C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme canadien de recherche en politiques publiques indépendant et non partisan.

L'étude Budget 2015 du Québec : il faut des mesures audacieuses à l'égard de la dette et de la fiscalité fait ressortir les graves difficultés financières de la province. Le Québec se signale notamment par le fardeau de la dette le plus important au pays et sa non-compétitivité fiscale.

« Le gouvernement n'a pas caché les défis budgétaires de la province et a déjà pris des mesures pour redresser la situation. Toutefois, vu l'ampleur du problème, des réformes sont nécessaires pour y arriver », fait valoir Philip Cross, chercheur à l'Institut Fraser et ancien analyste économique en chef de Statistique Canada.

Prenons la dette du gouvernement du Québec. De 99 milliards de dollars en 2004-2005, elle est passée à 181,3 milliards de dollars en 2013-2014, soit une hausse de 83 %. Elle représente maintenant 50 % du PIB provincial (valeur de tous les biens et services produits au Québec) ou une dette de 22 230 $ par habitant.

Comme les familles, les gouvernements doivent payer des intérêts sur leurs emprunts. Or, à l'heure actuelle, la charge de la dette accapare plus de 11 % des recettes du gouvernement du Québec.

« Vu la part des recettes publiques qu'il consacre à la charge de la dette, le gouvernement a moins de fonds pour financer des programmes comme les soins de santé et l'éducation ou pour accorder un allègement fiscal essentiel », souligne Charles Lammam, coauteur de l'étude et directeur associé, Politiques fiscales et budgétaires à l'Institut Fraser.

Pour ce qui est du régime fiscal du Québec, celui des particuliers présente des taux d'imposition parmi les plus élevés au Canada. Ainsi, les contribuables québécois gagnant 50 000 $ se voient appliquer le taux provincial d'imposition le plus élevé au pays, soit plus de 16 % et plus du double du taux d'imposition britanno-colombien.

Lorsqu'on tient compte de tous les types de taxes et d'impôts levés par les administrations fédérale, provinciale et locales, les familles québécoises arrivent en antépénultième position au Canada. En 2014, on estime que les impôts et les taxes ont englouti 44,7 % du revenu de la famille québécoise moyenne.

« Le Québec a plus de difficulté à attirer et à retenir les travailleurs qualifiés, les entrepreneurs et les investissements, qui sont les moteurs de l'économie, en raison des taux d'imposition élevés et non compétitifs, affirme M. Cross.

« Si le gouvernement du Québec réduisait et réformait ses dépenses dans son prochain budget, il aurait la latitude voulue pour maîtriser la dette et réformer la fiscalité tout en évitant d'autres déficits budgétaires », conclut M. Lammam.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 87 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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