Institut Fraser

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11 mars 2014 06h15 HE

Institut Fraser : Le Québec est la province la plus endettée du Canada, ce qui force les contribuables à débourser des milliards de dollars pour le paiement des intérêts

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwired - 11 mars 2014) - Compte tenu de la taille de son économie, le Québec a la dette publique la plus élevée au Canada. Une série d'articles publiés aujourd'hui par l'Institut Fraser, organisme canadien indépendant et non partisan de réflexion sur les politiques publiques, expliquent en détail comment le Québec en est arrivé là et la direction qu'il pourrait prendre.

Le premier article, Le niveau d'endettement du Québec, constate que la dette directe nette du Québec (accumulation des emprunts du gouvernement et de ses organismes) est passée, en termes nominaux (sans rajustement pour l'inflation), de 37,6 milliards de dollars en 1990-1991 à 175,5 milliards de dollars en 2012-2013 et représente maintenant 49 % de son produit intérieur brut (PIB), soit le pourcentage le plus élevé parmi les provinces canadiennes. En 2012-2013, la part de la dette de chaque Québécois était de 21 708 $ ou bien en fonction des données fiscales de 2011-2012, la part de la dette de chaque contribuable québécois était de 43 804 $. En outre, les paiements d'intérêts sur la dette (aussi appelés frais de services de la dette) ont été de 9,8 milliards de dollars en 2012-2013, c'est-à-dire plus de 11 % des recettes publiques.

« Au cours de cette élection provinciale, il vaut la peine de souligner que les gouvernements du Parti québécois et du Parti libéral ont tous deux contribué à la dette depuis le début des années 1990. L'incapacité des gouvernements successifs du Québec à contrôler les dépenses a alourdi fortement le fardeau de la dette de la province et impose aujourd'hui aux contribuables québécois des frais d'intérêt de plus de 9 milliards de dollars. Voilà donc de l'argent qui n'est pas disponible pour les soins de santé, l'éducation ou d'autres services sociaux », affirme Filip Palda, senior fellow à l'Institut Fraser et professeur à l'École nationale d'administration publique.

Le deuxième article, Qu'en est-il ailleurs au Canada et aux États-Unis? compare le Québec à plusieurs des États-Unis et aux provinces du Canada, notamment à l'Ontario, où la dette est moins élevée par rapport au PIB (37,5 %) qu'au Québec (49 %).

« Même si la dette de l'Ontario suscite nettement plus d'attention médiatique et politique, l'endettement du Québec est le plus important au Canada », selon Sean Speer, éditeur de la série d'articles et directeur associé des études fiscales à l'Institut Fraser.

L'article compare le Québec à 24 États américains en mesurant la dette obligataire (partie de la dette publique représentée par des obligations).

La dette obligataire du Québec pour 2011 (dernière année pour laquelle on dispose de données) était de 160,8 milliards de dollars, ce qui représente à peu près 47 % du PIB de la province, pour un ratio dette/PIB deux fois plus élevé que dans la plupart des États américains endettés. C'est le Vermont qui se rapproche le plus du Québec avec un ratio dette obligataire/PIB de 17,1 %. La dette obligataire de l'État de New York (la plus élevée en dollars parmi tous les États américains) représente 12,3 % de son PIB. Par comparaison, le ratio de la dette du Québec à 47 % du PIB est près de quatre fois plus élevé.

« Les comparaisons avec des États nord-américains, dont New-York, qui est connu pour ses problèmes d'endettement, pourraient inciter les Québécois à exiger de leur gouvernement qu'il prenne des mesures pour endiguer son endettement », de dire M. Speer.

Le dernier article, Le passé et l'évolution possible de la dette publique du Québec, fait remarquer que la dette nette du Québec pourrait atteindre plus de 57 % du PIB en 2022-2023 si le statu quo, supposant les conditions actuelles du marché ainsi que les modes actuels d'imposition et de dépenses, est maintenu.

« Les Québécois méritent un solide débat public sur la dette du Québec et sur d'éventuelles réformes gouvernementales parce qu'en fin de compte, la dette publique repose sur les épaules des contribuables car ce sont eux qui paient », conclut M. Palda.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 86 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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