Institut Fraser

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18 avr. 2012 06h32 HE

Institut Fraser : Le système canadien d'assurance maladie, parmi les plus dispendieux des pays de l'OCDE, est à la traîne en ce qui concerne l'accès aux soins médicaux

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 18 avril 2012) - Le système canadien d'assurance maladie, le sixième plus cher des pays de l'OCDE, est à la traîne en ce qui concerne l'accès aux ressources et aux services médicaux. C'est la conclusion d'une nouvelle étude de l'Institut Fraser, l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

« Malgré son coût parmi les plus élevés de l'OCDE, le système canadien d'assurance maladie n'offre pas le même accès aux ressources et aux services médicaux que dans la plupart des autres pays comparables », affirme Mark Rovere, directeur associé au Centre de recherches sur les politiques de santé de l'Institut Fraser et coauteur de l'étude.

L'étude, intitulée Value for Money from Health Insurance Systems in Canada and the OECD: 2012 Edition, utilise des données de 2009, dernière année pour laquelle des données comparables sont disponibles, pour comparer les dépenses de santé de 28 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont le Canada, avec la disponibilité des biens et des services médicaux selon 20 indicateurs différents. La santé des populations n'a pas été retenue comme critère d'analyse.

« Pour déterminer si l'assurance maladie d'un pays en donne pour leur argent aux contribuables, il faut évaluer la facilité avec laquelle les patients peuvent obtenir des biens et des services médicaux, et non pas la santé de la population », fait valoir M. Rovere.

Selon l'étude, en 2009, le Canada était au sixième rang quant aux dépenses d'assurance maladie (11,4 % du PIB); seuls les États-Unis (17,4 %), les Pays-Bas (12,0 %), la France (11,8 %), l'Allemagne (11,6 %) et le Danemark (11,5 %) le dépassaient.

Le système canadien d'assurance maladie était parmi les plus chers, mais, selon 15 indicateurs sur 20 de la disponibilité des ressources et des services médicaux, il se classait derrière la plupart des pays de l'OCDE. Sa performance laissait particulièrement à désirer sur les plans suivants : le nombre de médecins praticiens pour 1 000 habitants (19e sur 23 pays), le nombre de lits de soins aigus pour 1 000 habitants (ex aequo 26e sur 26 pays), le nombre d'interventions coronariennes percutanées pour 100 000 habitants (26e sur 27 pays) et le nombre d'arthroplasties de la hanche pour 100 000 habitants (21e sur 28 pays).

L'étude montre que le Canada est le seul pays de l'OCDE interdisant l'offre d'une assurance maladie complète par le secteur privé, et l'un de seulement quatre pays de l'OCDE n'exigeant pas une contribution financière quelconque des patients qui bénéficient de soins médicaux nécessaires.

Elle montre également que les pays dont l'assurance maladie leur en donne pour leur argent appliquaient tous certaines ou l'ensemble des politiques suivantes :

  • Une contribution financière est exigée des patients bénéficiant de biens et de services médicaux financés par des fonds publics;
  • Les biens et services médicaux sont financés par un système quelconque d'assurance sociale publique et privée (généralement pluraliste) dans le cadre duquel les personnes et les employeurs versent directement des cotisations importantes;
  • Un choix complet d'assurances maladie privées s'offre à la population;
  • Les hôpitaux privés à but lucratif sont autorisés à facturer aux régimes d'assurance publique les services prodigués.

« Le système public d'assurance maladie du Canada se caractérise par le rationnement des services de santé, des attentes inutiles pour obtenir des traitements, et la faible disponibilité de nouvelles technologies médicales. L'assurance maladie n'en donne pas pour leur argent aux contribuables canadiens, soutient M. Rovere.

« Les gouvernements devraient envisager d'introduire des réformes telles que la contribution financière des patients, la concurrence et la possibilité de souscrire des assurances privées. D'autres pays développés en ont pour leur argent grâce à ces politiques judicieuses et le Canada devrait suivre leur exemple. »

L'étude complète (en anglais seulement) est disponible à www.institutfraser.org.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 80 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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