Institut Fraser



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25 févr. 2013 06h32 HE

Institut Fraser : Le système de santé de l'Australie pourrait servir d'exemple au Canada pour la réduction des coûts et de la période d'attente avant l'obtention de traitements

CALGARY, ALBERTA--(Marketwire - 25 fév. 2013) - Le système de santé universel australien, qui est plus efficace que le système canadien à bien des égards en ce qui concerne son accessibilité et ses résultats, pourrait donner à ce dernier d'importantes leçons à propos de la réforme des politiques de santé, selon une nouvelle étude de l'Institut Fraser, un organisme de recherche canadien indépendant et non partisan.

« Le Canada se trouve à la croisée des chemins : les dépenses de santé publiques s'élèvent à l'un des niveaux les plus élevés des pays développés et, pourtant, les Canadiens doivent aussi subir un temps d'attente parmi les plus longs avant de recevoir un traitement », a déclaré Nadeem Esmail, directeur des études en politiques de santé à l'Institut Fraser et auteur de l'étude intitulée Health Care Lessons from Australia. La version intégrale de l'étude en format PDF (en anglais seulement) est téléchargeable gratuitement à www.institutfraser.org.

« Les divers ordres de gouvernement au Canada doivent cesser de gaspiller des fonds pour un système fondamentalement dysfonctionnel. L'Australie offre un bel exemple de système de santé universel axé en premier lieu sur les patients. Le Canada gagnerait à s'en inspirer en matière de partage des coûts, de financement à l'activité et de participation du secteur privé. »

L'étude s'inscrit dans le cadre d'une série de l'Institut Fraser sur le financement et la prestation des services de santé dans d'autres pays développés offrant un système de santé universel. Les pays examinés visent tous le même objectif noble que le système de santé canadien, soit offrir des soins de grande qualité sans égard aux moyens financiers des patients.

L'étude comprend une introduction de Janice MacKinnon, ancienne ministre des Finances de la Saskatchewan dans un gouvernement néo-démocrate, qui souligne l'urgence de réformer les politiques de santé canadiennes.

Elle affirme que, bien que la plupart des gens s'entendent pour dire qu'il est nécessaire d'apporter des changements, il est difficile d'y arriver, car les débats à ce sujet sont trop souvent guidés par des préoccupations idéologiques. À titre d'exemple, elle mentionne ce qu'elle appelle les arguments « à courte vue et prévisibles » des syndicats du secteur public et d'autres défenseurs du statu quo qui prétendent que la moindre participation du secteur privé mènera à un système de santé à deux vitesses semblable à celui des États-Unis.

« Pour faire progresser le débat, on doit éviter de s'attarder exclusivement aux systèmes nord-américains, qui présentent des défauts importants, et étudier d'autres pays de l'OCDE qui ont des systèmes moins coûteux où le temps d'attente est plus court et produisant de meilleurs résultats », écrit Mme MacKinnon.

Selon l'étude, la comparaison des systèmes de santé canadien et australien révèle que, en 2009, les dépenses de santé publiques au Canada (ajustées en fonction de l'âge de la population) dépassaient de 26 % celles engagées en Australie. En fait, le Canada affichait le rapport entre les dépenses de santé et le PIB le plus élevé parmi l'ensemble des pays développés offrant un système de santé universel.

Parallèlement, les Canadiens doivent composer avec un accès difficile aux professionnels de la santé et aux technologies médicales, sans oublier la période d'attente pour recevoir un traitement qui est l'une des plus longues des pays développés.

Voici des caractéristiques importantes des politiques de santé australiennes qui les distinguent des politiques canadiennes :

  • Le partage des coûts associés aux soins offerts aux patients externes;
  • La prestation privée, en partie, des soins hospitaliers et chirurgicaux;
  • Le financement à l'activité des soins hospitaliers;
  • La présence d'un secteur privé parallèle important qui bénéficie du soutien des contribuables et l'autorisation de la mixité de la pratique médicale.

« Pour imiter le système de santé australien, il ne serait pas nécessaire de modifier radicalement le système de santé canadien actuel, qui est financé par les impôts, géré par les provinces et soutenu par le gouvernement fédéral », d'après M. Esmail.

« Adopter au Canada une approche des soins de santé comparable à celle de l'Australie exigerait en premier lieu d'apporter des changements substantiels aux flux financiers au sein des systèmes provinciaux financés par les impôts, de recourir davantage à la concurrence et au secteur privé, et de compter sur l'appui du public aux assurances et aux soins privés. »

Selon l'étude, le système de santé canadien bénéficierait grandement de l'adoption par les provinces des réformes ci-dessous, fondées sur des politiques australiennes éprouvées, afin d'offrir des soins de santé de grande qualité à un coût raisonnable, dans le cadre d'un système universel.

  1. Adopter le financement à l'activité des services de santé et permettre la prestation privée de soins hospitaliers et chirurgicaux.

Les budgets globaux (la principale forme de financement hospitalier au Canada) dissocient financement et prestation des soins. À l'inverse, le financement à l'activité - un modèle en vertu duquel les fonds suivent le patient - incite les hôpitaux à traiter davantage de patients et à offrir les services que souhaitent ceux-ci. En conséquence, il est possible d'offrir un plus grand nombre de services avec l'infrastructure existante, de réduire la période d'attente avant l'accès à ceux-ci et d'en améliorer la qualité et l'efficacité.

Inclure la prestation privée de services dans un cadre concurrentiel accroît aussi l'efficacité du système et garantit l'accès à des soins de qualité. De plus, les fournisseurs privés augmentent le niveau de concurrence, ce qui crée des pressions incitant tous les fournisseurs (publics ou privés) à fonctionner de façon plus efficace.

« Les systèmes de santé canadien et australien partagent le même objectif, soit offrir aux patients des soins de grande qualité en temps opportun, sans égard à leurs moyens financiers », selon M. Esmail.

« Le Canada poserait des gestes importants en vue de réformer son système de santé chancelant s'il adoptait certaines des politiques qui fonctionnent en Australie. »

  1. Autoriser l'assurance et les soins de santé privés, mettre en place des mesures pour inciter les citoyens à s'assurer et assumer une partie du coût des soins privés. Permettre la mixité de la pratique médicale afin de maximiser le volume de services offerts aux patients, dans les secteurs public et privé.

Les résultats supérieurs du système de santé australien s'expliquent en partie par l'existence d'un solide secteur privé parallèle. Ce dernier joue un rôle majeur dans le financement et la prestation des soins de santé, particulièrement en ce qui concerne les opérations chirurgicales non urgentes.

« Lorsque les patients ont recours au secteur privé parallèle pour recevoir des soins de santé, ils libèrent des ressources du régime public universel qui pourront servir à traiter les patients qui ont choisi de ne pas faire appel au secteur privé. En Australie, le soutien accordé au secteur privé parallèle a contribué à réduire le temps d'attente et à limiter la hausse des coûts de santé », a affirmé M. Esmail.

Ce pays autorise également les médecins à travailler à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé, plutôt que de les obliger à se désengager du régime universel. Ainsi, leurs compétences pointues sont employées de manière plus efficace.

  1. Mettre en place des programmes de partage des coûts, dans le cadre du régime universel, comportant des limites annuelles raisonnables et des exemptions automatiques.

Au Canada, le partage insuffisant des coûts des soins médicaux a mené à une demande excessive et à un gaspillage de ressources. En encourageant les patients à prendre des décisions plus éclairées afin d'avoir recours au système de santé au moment le plus opportun et de façon optimale, le partage des coûts améliore le rapport coût-efficacité du système de santé (et donc, en fin de compte, réduit les dépenses globales) ainsi que l'accès aux traitements pour les personnes qui en ont le plus besoin. Il a été démontré que les mesures de partage des coûts ne nuisent pas à la santé des patients, tant que les personnes à faible revenu en sont exemptées.

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et collabore avec 86 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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