Institut Fraser

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12 déc. 2011 06h32 HE

Institut Fraser: Le temps d'attente des Québécois pour une chirurgie s'allonge pour la deuxième année de suite

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwire - 12 déc. 2011) - Les Québécois ayant besoin d'une opération ou d'un autre traitement font face à un temps d'attente médian de 19,9 semaines contre 18,8 semaines en 2010, ce qui est l'attente la plus longue depuis 2003. C'est ce que révèle l'étude annuelle de l'Institut Fraser sur les délais d'attente pour des soins de santé.

« Au cours des deux dernières années, les délais d'attente pour une chirurgie se sont allongés au Québec. Le temps d'attente médian est maintenant de près de 20 semaines, contre 16,6 semaines en 2009 », déclare Mark Rovere, directeur associé au Centre de recherches sur les politiques de santé de l'Institut Fraser et coauteur de la 21e étude annuelle intitulée Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada.

« Les Québécois doivent se demander s'il est acceptable d'attendre un traitement médical nécessaire pendant plus de 139 jours. Comme on l'a vu en Europe, les délais d'attente ne doivent pas nécessairement être aussi longs, mais les politiciens refusent toujours de soutenir des politiques en santé ayant démontré leur capacité à réduire des attentes catastrophiques. »

Le temps d'attente médian, obtenu en calculant la moyenne de douze spécialités chirurgicales, est également plus élevé au Québec qu'à l'échelle canadienne (19,0 semaines).

L'étude Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada mesure le temps d'attente médian afin de mettre en évidence le degré auquel les listes d'attente pour consulter un spécialiste, recevoir un diagnostic et se faire opérer sont employées dans le but de limiter les dépenses en santé. L'étude mesure les temps d'attente entre la consultation d'un médecin généraliste et celle d'un spécialiste, entre la consultation d'un spécialiste et le traitement, ainsi que le temps d'attente total, soit le délai entre la consultation d'un médecin généraliste et le traitement. La version intégrale de l'étude, qui comprend des tableaux montrant les temps d'attente dans toutes les provinces, pour tous les actes médicaux, est accessible en ligne (en anglais seulement) à www.institutfraser.org.

Le temps d'attente total

L'Ontario est la province où le temps d'attente total, soit 14,3 semaines, est le plus court, malgré une hausse par rapport à 2010 (14,0 semaines). La Colombie-Britannique se classe deuxième, avec un temps d'attente total de 19,3 semaines, en hausse par rapport à 18,8 semaines en 2010. Le Québec arrive au troisième rang (19,9 semaines) et l'Alberta, au quatrième rang (21,1 semaines, en baisse par rapport à 22,1 semaines en 2010).

La première étape : de la consultation d'un médecin généraliste à la consultation d'un spécialiste

Au Québec, le temps d'attente entre la consultation d'un médecin généraliste et celle d'un spécialiste est passé de 8,9 semaines en 2010 à 10,7 semaines en 2011, ce qui est supérieur à la moyenne nationale de 9,5 semaines (également en hausse par rapport à 8,9 semaines l'an dernier).

Les provinces où la durée de la première étape est la plus courte sont l'Ontario (7,2 semaines, en baisse par rapport à 7,8 semaines en 2010), le Manitoba (7,5 semaines, en baisse par rapport à 8,6 semaines en 2010) et la Colombie-Britannique (9,7 semaines, en hausse par rapport à 8,2 semaines en 2010).

La deuxième étape : de la consultation d'un médecin spécialiste au traitement

Au Québec, la durée de la deuxième étape – soit le temps d'attente entre la consultation d'un médecin spécialiste et le traitement – a diminué, passant de 9,9 semaines en 2010 à 9,2 semaines en 2011, par rapport à une moyenne nationale de 9,5 semaines (9,3 semaines l'an dernier).

Selon l'étude, l'Ontario est la province où le temps d'attente entre la consultation d'un médecin spécialiste et le traitement est le plus court (7,1 semaines, en hausse par rapport à 6,2 semaines en 2010). Le Québec se classe deuxième et la Colombie-Britannique, troisième (9,6 semaines, en baisse par rapport à 10,6 semaines en 2010).

« Le Québec consacre déjà plus de la moitié des recettes publiques aux soins de santé. Manifestement, l'injection de sommes supplémentaires dans un système fondamentalement dysfonctionnel ne réduira pas les temps d'attente », conclut M. Rovere.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 85 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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