Institut Fraser

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06 déc. 2010 06h32 HE

Institut Fraser; Le temps d'attente pour se faire opérer au Québec s'est allongé de deux semaines par rapport à 2009: il dépasse maintenant 18 semaines

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwire - 6 déc. 2010) - Le temps d'attente médian pour les Québécois nécessitant une opération ou un autre traitement thérapeutique est passé de 16,6 semaines en 2009 à 18,8 semaines en 2010, selon une nouvelle étude de l'Institut Fraser, l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

Le temps d'attente médian total, obtenu en calculant la moyenne de douze spécialités, est également plus élevé au Québec qu'à l'échelle canadienne (18,2 semaines).

« Le Québec a pratiquement perdu le progrès réalisé l'année dernière. En effet, le temps d'attente médian était passé de 18,7 semaines en 2008 à 16,6 semaines en 2009, explique Mark Rovere, directeur associé au Centre de recherches sur les politiques de santé de l'Institut Fraser et coauteur de la 20e étude annuelle intitulée Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada.

« Il est alarmant de constater que les Québécois doivent maintenant attendre plus de 132 jours pour obtenir des traitements médicaux nécessaires. Malheureusement, un trop grand nombre de politiciens s'accroche toujours à un système fondamentalement dysfonctionnel, écartant la possibilité de réformes essentielles qui permettraient de soulager la douleur physique et émotionnelle des patients en attente d'un traitement. »

L'enquête mesure le temps d'attente médian dans les hôpitaux afin de constater dans quelle mesure les listes d'attente pour consulter un spécialiste, recevoir un diagnostic ou se faire opérer sont utilisées dans le but de limiter les dépenses en santé. L'étude mesure le temps d'attente entre la visite chez un médecin généraliste et la consultation auprès d'un spécialiste, celui entre la consultation auprès d'un spécialiste et le traitement, ainsi que le temps d'attente total, soit celui entre la visite chez un médecin généraliste et le traitement. Sa version intégrale, qui comprend des tableaux montrant les temps d'attente dans toutes les provinces, et ce, pour tous les actes médicaux, est accessible en ligne (en anglais seulement) à www.institutfraser.org.

Le temps d'attente total

L'Ontario est la province où le temps d'attente total est le plus court (14 semaines), malgré une hausse par rapport à 2009 (12,5 semaines). Le Manitoba suit l'Ontario, avec un temps d'attente total de 17,5 semaines également en hausse par rapport à 2009 (14,3 semaines). Le Québec et la Colombie-Britannique arrivent en troisième place (18,8 semaines), ce qui représente une hausse par rapport à 2009 pour la province le plus à l'ouest du Canada (17 semaines).

La première étape : de la visite chez un médecin généraliste à la consultation auprès d'un spécialiste

Au Québec, le temps d'attente entre la visite chez un médecin généraliste et la consultation auprès d'un spécialiste est passé de 8,3 semaines en 2009 à 8,9 semaines en 2010, ce qui correspond à la moyenne nationale.

Les provinces où la durée de la première étape est le plus courte sont la Saskatchewan (6,7 semaines, en baisse par rapport à 11,2 semaines en 2009), l'Ontario (7,8 semaines, en hausse par rapport à 6,7 semaines en 2009) et la Colombie-Britannique (8,2 semaines, en hausse par rapport à 7,8 semaines en 2009).

La deuxième étape : de la consultation auprès d'un médecin spécialiste au traitement

Au Québec, la durée de la deuxième étape, soit le temps d'attente entre la consultation auprès d'un médecin spécialiste et le traitement, a augmenté de 8,2 semaines en 2009 à 9,9 semaines en 2010, ce qui dépasse la moyenne nationale de 9,3 semaines.

D'après les résultats de l'étude, le temps d'attente entre la consultation auprès d'un médecin spécialiste et le traitement est le plus court en Ontario (6,2 semaines, en hausse par rapport à 5,8 semaines en 2009). Le Manitoba arrive en deuxième place (8,9 semaines, en hausse par rapport à 8 semaines en 2009) et le Nouveau-Brunswick, en troisième (9 semaines, en baisse par rapport à 11,4 semaines en 2009). Le Québec se classe au quatrième rang.

« Malgré d'énormes hausses des dépenses en santé, les Canadiens attendent 96 % plus longtemps qu'en 1993 pour se faire opérer, déplore M. Rovere.

« Le système actuel ne répond pas aux besoins des Québécois et de l'ensemble des Canadiens, qui méritent d'avoir accès aux traitements nécessaires en temps utile et d'en avoir pour leur argent, comme dans de nombreux autres pays industrialisés. Les responsables de politiques doivent admettre qu'il est temps de réformer les soins de santé. »

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 80 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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