Institut Fraser

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15 oct. 2013 06h24 HE

Institut Fraser: Le transport du pétrole par oléoduc présente moins de risques pour les travailleurs et est moins susceptible d'entraîner des déversements que le transport par train ou par camion

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 15 oct. 2013) - Le transport du pétrole par oléoduc présente nettement moins de risques pour la sécurité des travailleurs que le transport par voie terrestre ou ferroviaire, conclut une étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, organisme canadien indépendant et non partisan de réflexion sur les politiques publiques.

En s'appuyant sur un grand nombre de données recueillies aux États-Unis, l'étude intitulée Intermodal Safety in the Transport of Oil détermine que le taux de blessures nécessitant une hospitalisation est 30 fois moins élevé parmi les travailleurs pipeliniers que parmi les travailleurs du rail affectés au transport du pétrole. La situation est pire pour les conducteurs de camions pétroliers, chez qui le taux de blessures est 37 fois plus élevé que chez les travailleurs des oléoducs, selon des rapports présentés au ministère américain du transport pour la période de 2005 à 2009.

L'étude constate aussi que dans le transport du pétrole par pipeline, le risque de déversement par milliards de tonnes-milles est moins élevé que dans le transport routier ou ferroviaire.

La résistance à l'expansion de l'infrastructure pipelinière ajoute de la pression sur les systèmes routier et ferroviaire car la croissance de la production pétrolière en Amérique du Nord dépasse la capacité des pipelines. La production de pétrole est actuellement de près de 18 millions de barils par jour et elle pourrait grimper à 27 millions de barils par jour d'ici 2020.

« La tendance fâcheuse qu'ont les gens à réduire des problèmes complexes à de simples situations où tout doit être tout noir ou tout blanc les empêche de comprendre vraiment les compromis à faire dans le choix du transport du pétrole par oléoduc, par train, par camion, etc. Dans tout ce qu'il faut prendre en considération, la sécurité des travailleurs est un élément important que l'on tend à oublier dans la discussion sur les pipelines comme le Keystone XL », de dire Kenneth P. Green, directeur principal des études sur l'énergie et les ressources naturelles à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude.

Le transport routier du pétrole présente le plus haut risque de déversement; en effet on a recensé près de 20 incidents par milliard de tonnes-milles. Le transport par train connaît un peu plus de deux incidents par milliard de tonnes-milles par année, tandis que le transport par pipeline a moins de 0,6 incident par milliard de tonnes-milles par année.

Selon l'étude, la performance supérieure des pipelines sur le plan de la sécurité et de l'environnement n'est guère surprenante.

« Lorsqu'il y a plus d'éléments en mouvement, plus d'interactions possibles avec des facteurs non contrôlés tels que les trains et les camions, le potentiel d'accident est plus élevé que dans le transport pipelinier », précise M. Green.

« Toutefois la comparaison n'est pas aussi simple que ça. Lorsqu'un déversement provient d'un oléoduc, les volumes de pétrole sont plus élevés que dans un déversement provenant d'un camion-citerne ou d'un train. Mais dans le transport par voie terrestre ou ferroviaire, il y a un plus grand risque d'incidents dans un plus grand nombre d'endroits, par conséquent la question de la protection de l'environnement devient plus floue. »

Les données sur les pipelines canadiens fournies par l'Office national de l'énergie montrent des tendances semblables en matière de risque. L'étude révèle que la moyenne sur dix ans pour la fréquence des fuites de liquides est d'environ trois fuites par 1 000 km de pipeline, ce qui est une moyenne remarquablement peu élevée compte tenu du fait que le Canada produit et transporte 3,2 millions de barils de pétrole par an et que 97 % des produits du pétrole et du gaz naturel canadiens sont transportés par pipeline.

Le taux de décès parmi les travailleurs pipeliniers du Canada a été de 0,2 par an, de 2000 à 2009, tandis que la moyenne des blessures subies par les entrepreneurs et d'autres travailleurs a été de 3,8 par 200 000 heures travaillées au cours de la même période.

En 2011, 71 décès ont été attribuables à des accidents ferroviaires, la moyenne sur cinq ans étant de 81. En 2012, il y a eu 63 déversements de marchandises dangereuses, ce qui représente 31 % de tous les incidents ferroviaires signalés. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a enregistré 1 023 accidents ferroviaires en 2011, soit une baisse de 15 % par rapport à la moyenne de 1 198 pour la période de 2006 à 2010.

Transport Canada a reçu des rapports de 345 accidents impliquant des camions transportant des marchandises dangereuses, notamment du pétrole brut dans 27 % des cas.

« La supervision des différents modes de transport incombe à différents organismes qui peuvent, ou pas, coordonner adéquatement leur gestion. Il faut que les gouvernements envisagent des compromis », selon M. Green.

« La production de bitume à partir des sables bitumineux dans l'Ouest du Canada va augmenter de façon spectaculaire. Pour que le Canada tire parti des immenses avantages économiques découlant de la mise en valeur des sables bitumineux, le problème du transport doit être résolu. »

L'étude Intermodal Safety in the Transport of Oil est la deuxième d'une série de rapports publiés par l'Institut Fraser qui examinent les questions touchant le transport du pétrole au Canada ainsi que les obstacles qui s'opposent à sa commercialisation.

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 86 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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