Institut Fraser

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25 sept. 2014 06h15 HE

Institut Fraser : Les Québécois paient plus d'impôts que la plupart des Canadiens et des Américains-les taux d'imposition élevés nuisent à l'ensemble de l'économie

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwired - 25 sept. 2014) - Au moment où le gouvernement du Québec a demandé l'évaluation du régime fiscal provincial, les Québécois continuent d'être parmi les habitants les plus imposés du Canada et des États-Unis. C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme canadien de recherche en politiques publiques indépendant et non partisan.

L'étude, intitulée Compétitivité fiscale du Québec : une barrière à la prospérité, compare les taux d'imposition applicables aux particuliers, aux sociétés et aux cotisations sociales du Québec avec ceux des autres provinces canadiennes et des États américains en 2014. Elle examine également leur effet sur la performance économique des dix dernières années.

« Les Québécois, quel que soit leur revenu, paient plus d'impôts que la plupart des Canadiens et des Américains », affirme Philip Cross, chercheur à l'Institut Fraser et ancien analyste économique en chef de Statistique Canada.

Par exemple, le taux d'impôt provincial applicable aux Québécois ayant un revenu annuel de 50 000 $ est de 16,37 %, le plus élevé de l'ensemble des provinces canadiennes et des États américains, et celui applicable aux Québécois ayant un revenu annuel de 150 000 $ est de 20,97 %, le deuxième plus élevé pour cette tranche de revenu. Lorsqu'on tient aussi compte de l'impôt fédéral sur le revenu, le bilan s'alourdit. Le taux d'imposition des sociétés du Québec (11,9 %) est également plus élevé que ceux de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et de l'Ontario.

Le manque de compétitivité fiscale du Québec, surtout sur le plan de l'impôt des particuliers, s'est répercuté sur sa performance économique au cours de la dernière décennie.

Selon l'étude, sur la période de 2003 à 2012, le Québec a affiché une croissance annuelle moyenne du PIB (valeur de tous les biens et services produits) de 1,5 %, se classant ainsi septième parmi les provinces canadiennes.

En outre, au cours de la même période, le PIB par habitant du Québec, un indicateur courant du niveau de vie, était le plus faible au Canada. La province s'est aussi classée avant-dernière au pays en ce qui concerne la croissance du PIB par habitant (0,7 %).

Sur le plan de l'emploi au Canada de 2003 à 2012, seules les quatre provinces de l'Atlantique ont affiché un taux de chômage moyen supérieur à celui du Québec (7,0 %). Qui plus est, la croissance de la formation brute de capital fixe du Québec, qui mesure le niveau d'investissement des entreprises, était la quatrième plus faible au pays sur cette période.

Pourquoi la performance économique du Québec, deuxième province la plus populeuse du Canada, laisse-t-elle à désirer par rapport aux autres provinces et États selon ces indicateurs clés?

Lorsque les impôts sont élevés, fait observer l'étude, les particuliers épargnent moins, moins d'entreprises sont créées, et les entreprises établies limitent les embauches et leurs investissements. Par ailleurs, les taux d'imposition du Québec pourraient faire fuir les travailleurs hautement qualifiés, comme les médecins et les ingénieurs, qui sont susceptibles de déménager là où les taux d'imposition sont plus faibles.

« Il n'y a pas de doute que les impôts jouent un rôle essentiel dans la société, mais il faut alléger le fardeau fiscal des Québécois et des entreprises québécoises pour améliorer les perspectives économiques du Québec ainsi que sa compétitivité par rapport aux autres provinces canadiennes et États américains », conclut M. Cross.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 87 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org.

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