Institut Fraser

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08 mai 2014 06h15 HE

Institut Fraser : L'ouverture du système de santé allemand au secteur privé se traduit par la baisse des coûts et des délais d'attente

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 8 mai 2014) - Le système de santé allemand, moins cher que le canadien, offre pourtant un accès universel à des soins de qualité et des délais d'attente plus courts qu'au pays, selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme canadien de recherche en politiques publiques indépendant et non partisan.

L'étude, qui s'inscrit dans une série d'études de l'Institut sur les politiques de santé d'autres pays visant comme le Canada l'accès universel aux soins sans égard à la capacité de payer des patients, porte sur le système de santé allemand. Elle offre à ce titre des renseignements utiles au débat sur les soins de santé au Canada.

« Les autorités canadiennes auraient beaucoup à apprendre du système de santé allemand, qui fait appel au secteur privé. En effet, tout en dépensant considérablement moins en santé que nous, les Allemands bénéficient de délais d'attente beaucoup plus courts pour les soins d'urgence, les soins primaires, les rendez-vous avec des spécialistes et les opérations non urgentes, » soutient Nadeem Esmail, senior fellow à l'Institut Fraser et auteur de Health Care Lessons from Germany.

En 2009, les dépenses totales de santé de l'Allemagne en pourcentage du PIB ajusté selon l'âge (9,8 %) étaient inférieures de 22 % à celles du Canada (12,5 %).

Les dépenses totales de santé de l'Allemagne étaient inférieures de 1 % à la moyenne des pays industrialisés dotés d'un système universel de soins de santé. À titre de comparaison, celles du Canada, qui sont les plus élevées des pays industrialisés ayant un système universel de soins de santé, dépassaient la moyenne de 26 %.

Selon l'étude, le système de santé canadien serait nettement plus efficace si les provinces laissaient plus de place à la concurrence du secteur privé dans le financement et la prestation des soins de santé, comme c'est le cas en Allemagne et dans d'autres pays ayant des systèmes de santé universels performants.

Contrairement au système canadien qui est un monopole public financé à même les impôts, le système d'assurance maladie allemand fournit une couverture universelle selon deux formules de financement par primes : un régime obligatoire d'assurance maladie destiné à tous les citoyens et un autre système facultatif offert aux Allemands aisés et aux travailleurs autonomes (ainsi qu'aux fonctionnaires). Dans le cadre des deux formules, des assureurs privés se font concurrence pour attirer les souscripteurs, et des fournisseurs (c.-à-d. des hôpitaux) privés se font concurrence pour attirer les patients. Il est aussi à noter que, malgré sa participation au financement, à la règlementation et à la surveillance du système, l'État allemand intervient très peu dans la prestation des soins de santé.

« En Allemagne, l'existence parallèle de deux formules - le système privé d'assurance maladie facultative et le système d'assurance sociale - partageant les mêmes fournisseurs n'a pas compromis la qualité du système social de santé ni l'accès aux services, » fait valoir M. Esmail.

Le secteur privé joue également un rôle important dans la prestation de services de soins de santé en Allemagne. L'étude souligne que, en 2010, 37 % des hôpitaux allemands étaient des hôpitaux privés sans but lucratif et 33 %, des hôpitaux privés à but lucratif. Depuis 1991, le nombre d'hôpitaux privés à but lucratif a augmenté d'environ 90 % en raison de la privatisation des hôpitaux publics. Des études ont montré que, par rapport aux hôpitaux publics, les hôpitaux privés à but lucratif sont plus efficaces tout en offrant des soins de meilleure qualité (et des investissements par cas supérieurs) ainsi que des délais d'attente plus courts.

« Pour reproduire le succès du système de santé allemand, le Canada pourrait commencer par renforcer le rôle joué par le secteur privé dans la prestation de services, dans le cadre d'une transition générale vers un système d'assureurs indépendants qui se font concurrence. En Allemagne, la concurrence, qui favorise l'efficience et l'innovation, a permis de réduire les délais d'attente et la charge fiscale des contribuables, » conclut M. Esmail.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 86 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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