Institut Fraser

Institut Fraser

19 févr. 2009 06h00 HE

Institut Fraser: Même s'il courtise le marché chinois depuis des années, le Canada accumule du retard par rapport au reste du monde dans ses échanges avec la Chine

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 19 fév. 2009) - Le commerce du Canada avec la Chine ne représente qu'une part minuscule de l'ensemble du commerce canadien global à l'international et il est reste beaucoup à faire pour tirer pleinement profit des opportunités que présente l'un des marchés qui connaît l'une des croissances les plus rapides au monde, selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme de recherche indépendant.

Seulement 2 % des exportations canadiennes ont été envoyées en Chine en 2007 (la dernière année pour laquelle des données étaient disponibles au moment de la préparation de l'étude) comparativement à 80 % vers les Etats-Unis. Pour ce qui est des importations, le Canada a importé 9 % de ses biens de la Chine et plus de 50 % des Etats-Unis.

"Depuis plusieurs années, nous entendons parler des opportunités qu'offre le marché chinois. Pourtant, jusqu'à maintenant les entreprises canadiennes n'ont pas réussi à tirer pleinement parti de ces opportunités," a déclaré Mark Mullins, directeur général de l'Institut Fraser.

"Bien que de nombreux Canadiens pensent que tout ce que nous achetons est "Fabriqué en Chine", cette croyance est loin d'être vraie. Même si la part chinoise du commerce canadien a triplé pendant la dernière décennie, elle est relativement petite et de portée limitée."

L'étude, Les relations économiques du Canada avec la Chine, constitue la première tentative de quantifier la circulation de biens, de services et de personnes entre le Canada et la Chine. L'étude intégrale peut être consultée au www.institutfraser.org.

"Bien que le Canada jouisse d'une relation commerciale solide avec les Etats-Unis, une réalité que nous ne devrions pas oublier, la récession vécue par notre voisin et principal partenaire commercial démontre l'importance pour le Canada de trouver d'autres marchés pour ses biens et services," a affirmé M. Mullins.

L'étude dresse un portrait encore plus sombre en ce qui a trait au commerce de services et à l'investissement direct à l'étranger.

Le commerce canadien de services avec la Chine a représenté seulement 1,2 % du commerce global de services du Canada en 2005 (la dernière année pour laquelle des données étaient disponibles au moment de la préparation de l'étude), comparativement à 58 % avec les Etats-Unis.

De même, l'investissement direct à l'étranger en Chine ne représente que de 0,3 % du total et l'investissement direct à l'étranger de la Chine au Canada seulement 0,1 %. En comparaison, près de 44 % des investissements mondiaux du Canada ont pris la direction des Etats-Unis et 58 % des investissements globaux du Canada provenaient des Etats-Unis.

David Emerson, ancien ministre canadien de l'Industrie et du Commerce international, souligne que le Canada a entretenu d'excellentes relations avec la Chine depuis de nombreuses années. Malgré le fait que leurs relations sur le plan commercial aient pris de l'ampleur, le Canada n'a pas su tirer profit du vaste potentiel de renforcement du commerce, de l'investissement et des opportunités bilatérales sur une base mutuellement avantageuse.

"Plusieurs pays ont saisi l'opportunité et ont obtenu des avantages considérables grâce à une stratégie d'amitié et de relations bilatérales avec la Chine," selon M. Emerson, qui a écrit l'avant-propos de l'étude.

"Cette étude excellente fournit une quantification et une analyse exhaustives de notre commerce avec la Chine et de nos investissements dans ce pays. J'espère que les décideurs canadiens de premier plan du monde des affaires et du gouvernement tireront profit de ces informations afin d'encourager une plus grande participation et une intensification des relations économiques du Canada avec la Chine."

M. Emerson tire la sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur le fait que le Canada accumule du retard par rapport aux autres pays dans la compétition pour le marché chinois.

L'étude note que l'Australie, qui a des ressources et une structure économique semblables à celles du Canada, a établi des liens solides avec la superpuissance asiatique. De plus, le Japon, voisin de la Chine, accapare une portion bien plus grande du marché chinois. En 2007, 2,7 % des importations globales de la Chine provenaient de l'Australie et 14 % du Japon, comparativement à seulement 1,1 % du Canada.

L'étude souligne également qu'à l'heure actuelle, les exportations canadiennes en Chine sont principalement constituées de ressources naturelles comme les produits miniers et forestiers. Dans ce contexte, l'Alberta se distingue avec son surplus commercial et sa concentration dans les produits chimiques et pétroliers.

"Pour que le Canada devienne davantage qu'un fournisseur de bois et de minéraux, nous devons nous diversifier et tenter de trouver de nouveaux marchés en Chine pour nos biens et services pour une classe moyenne en pleine expansion et de villes en plein essor," selon M. Mullins.

L'étude conclut que le Canada possède un certain nombre d'avantages dont il ne profite pas pleinement dans sa quête pour obtenir une plus grande part du marché chinois, notamment des ressources naturelles variées, des technologies avancées, un secteur des affaires dynamique et une population chinoise en pleine expansion.

"Le marché chinois offre de grandes opportunités mais le Canada est en concurrence avec les autres pays pour pénétrer ce marché. Pour que le Canada renforce ses relations commerciales avec la Chine, il doit mieux utiliser ses avantages comparatifs," a fait savoir M. Mullins.

L'Institut Fraser est un organisme de recherche indépendant avec des bureaux dans toute l'Amérique du Nord et des partenaires dans plus de 70 pays. Son objectif est d'effectuer et de diffuser des recherches à propos de l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des individus. Afin de protéger son indépendance, il n'accepte pas de subventions de la part de gouvernements, ni de contrats de recherche. Consultez le site Web www.institutfraser.org.

Renseignements