Institut Fraser

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18 nov. 2008 06h00 HE

Institut Fraser: Trois des quatre provinces ayant un monopole public d'assurance automobile ont des primes parmi les plus élevées au Canada

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 18 nov. 2008) - La Colombie-Britannique, la Saskatchewan et le Manitoba, provinces qui ont mis en place un monopole public d'assurance automobile, exigent des primes moyennes parmi les plus élevées au Canada, selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme de recherche indépendant.

L'étude, qui a fait l'objet d'une révision par des pairs, montre que les conducteurs de la Colombie-Britannique paient la prime moyenne la plus élevée (1304 $ par année). L'Ontario arrive deuxième (à 1229 $) et est la seule province avec des assurances privées concurrentielles pour laquelle la prime moyenne dépasse 1000 $. La Saskatchewan a la troisième prime moyenne la plus élevée (à 1063 $) et le Manitoba la quatrième (à 1029 $).

"Les résultats suggèrent que les régimes publics d'assurance automobile sont moins efficaces que l'assurance automobile fournie dans le cadre d'un marché concurrentiel réglementé," a affirmé Brett Skinner, directeur de la recherche sur les politiques en matière de santé, de médicaments et d'assurances à l'Institut Fraser et auteur de l'étude.

"Une après l'autre, les études indépendantes arrivent à la même conclusion : l'assurance automobile publique coûte plus chère en moyenne que les modèles privés concurrentiels, malgré des affirmations à l'effet contraire de la part d'organismes gouvernementaux d'assurance automobile."

L'étude intégrale, Personal Cost and Affordability of Automobile Insurance in Canada (2008 edition), peut être consultée à www.institutfraser.org.

L'Ile-du-Prince-Edouard a la prime d'assurance automobile moyenne la moins élevée (701 $), suivie de Terre-Neuve-et-Labrador (703 $), du Québec (719 $), de la Nouvelle-Ecosse (749 $), du Nouveau-Brunswick (768 $) et de l'Alberta (959 $).

"Le Québec est aussi parmi les provinces ayant les primes d'assurance automobile moyennes les plus faibles dans les comparaisons nominales, mais la société publique d'assurance automobile de cette province se limite à offrir une couverture de base uniquement, alors que le secteur privé s'occupe de 100 % du marché de l'assurance automobile optionnelle," selon M. Skinner.

L'étude estime le coût moyen des primes d'assurance automobile personnelle dans les dix provinces pour 2007 en utilisant les données disponibles publiquement. Les définitions variables d'une province à l'autre pour les données publiées rendent difficile le calcul de primes moyennes comparables. Les organismes publics d'assurance automobile ne publient pas de données vérifiées dans un format qui permet un simple calcul de la prime moyenne dans leur province aux fins de comparaison directe avec celle d'une autre province. Afin d'estimer et de comparer équitablement le coût moyen de l'assurance automobile dans chaque province, l'étude prend les mêmes définitions de données exigées par les organismes publics de réglementation aux assureurs privés de six provinces et les applique (d'après une estimation) aux données publiées par les régimes publics d'assurance automobile des quatre autres provinces.

L'étude montre qu'en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Manitoba, les monopoles publics d'assurance automobile ont occupé de 95 à 98 % du marché. De plus, ces provinces ont tendance à exiger une couverture aux indemnités excessives, ce qui nécessite des primes élevées.

"Quand on permet aux consommateurs de choisir, ils préfèrent souvent une couverture aux indemnités moins élevées en échange de primes moins coûteuses," a déclaré M. Skinner.

"Dans les provinces où le gouvernement fournit l'assurance automobile, la réglementation a tendance à exiger des conducteurs qu'ils s'assurent de manière excessive. Des excès et des insuffisances dans l'offre de biens et services sont une conséquence typique de l'interférence de la planification centralisée du gouvernement dans un marché."

L'étude conclut en soulignant que la recherche du profit ne mène pas à des coûts d'assurance automobile plus élevés pour les consommateurs. Quand l'industrie privée de l'assurance est ouverte à la concurrence et que les choix des consommateurs sont protégés, la portion des primes d'assurance automobile qui est gagnée comme profit ne vient pas de prix excessifs, mais d'une plus grande efficacité dans la gestion des réclamations, dans les stratégies de prix, dans le service à la clientèle et dans une bonne gestion de l'entreprise. Les assureurs privés peuvent aussi utiliser le rendement sur les surplus investis qui s'accumulent pendant les années profitables pour subventionner les primes dans les années où les pertes dépassent les montants payés par les conducteurs. Cette efficacité est perdue dans les régimes publics d'assurance automobile où il y a souvent une plus forte proportion de réclamations et de primes insuffisantes (inférieures au coût actuariel de l'assurance) pour les conducteurs à haut risque.

"Quand l'assurance automobile est fournie par le gouvernement, les décisions quant à la couverture et aux primes deviennent politisées et ne sont habituellement pas fondées sur des principes économiques solides," selon M. Skinner.

L'étude suggère que les conducteurs de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du Manitoba seraient mieux servis par un marché réglementé de façon adéquate où l'assurance automobile serait fournie par des assureurs privés en concurrence. Elle recommande aussi que la Société d'assurance automobile du Québec soit forcée de rendre des comptes à propos de ses finances, qui affichent un grave déficit à long terme.

"Tant que les marchés sont ouverts à la concurrence et réglementés au minimum et que les consommateurs ont la liberté de choix, en moyenne, on devrait s'attendre à observer les primes les moins élevées pour tout montant d'indemnités."

L'Institut Fraser est un organisme de recherche indépendant avec des bureaux dans toute l'Amérique du Nord et des partenaires dans plus de 70 pays. Son objectif est d'effectuer et de diffuser des recherches à propos de l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des individus. Afin de protéger son indépendance, il n'accepte pas de subventions de la part de gouvernements, ni de contrats de recherche. Consultez le site Web www.institutfraser.org.

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