Institut professionnel de la fonction publique du Canada

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11 août 2005 13h14 HE

IPFPC : L'Institut réagit à l'annonce de 41 000 éliminations de postes dans la fonction publique

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 11 août 2005) - L'article principal de l'édition du 10 août du Globe & Mail et autres communiqués ont suscité de nombreux commentaires et soulevé bien des préoccupations chez les membres de l'Institut et dans les médias.

Le gouvernement de Paul Martin a fait l'annonce officielle de son initiative d' "Organisation des services partagés" dans le budget de 2005 après des mois d'incertitude et de rumeurs. Le budget indiquait que selon les évaluations du Conseil du Trésor, il y aurait entre 2 300 et 4000 pertes d'emploi tout au plus, ce qui est très loin des 41 000 pertes d'emploi potentielles annoncées dans l'article. Selon cet article, le gouvernement pourrait éliminer jusqu'à 41 000 postes par le biais de l'attrition plutôt que par mises à pied. Il est impossible d'éliminer 41 000 postes par attrition.

Le Conseil du Trésor, fidèle à lui-même, a concocté une approche "secrète" de la question, en s'assurant que les agents négociateurs ne soient ni impliqués, ni informés sur la question. Inutile de dire que d'apprendre par les médias un chambardement d'une telle importance au niveau de l'emploi est plutôt choquant.

Voilà donc un autre exemple d'un gouvernement qui ne sait pas joindre le geste à la parole. D'un côté, il promeut et propose publiquement plus d'ouverture, plus de dialogue et de collaboration avec ses employés et leurs agents négociateurs par la mise en oeuvre de la Loi sur la modernisation de la fonction publique et, de l'autre côté, il informe ses employés, par l'entremise des médias, de coupures et de bouleversements majeurs au niveau de l'emploi.

Michèle Demers, la Présidente de l'Institut a déclaré en apprenant la nouvelle par le Globe & Mail, "Voila bien un autre exemple du mode de fonctionnement cavalier de nos politiciens et de l'employeur de nos membres. Ils nous vantent les mérites de la loi sur la modernisation, puis nous annoncent une restructuration majeure et des pertes d'emploi basées sur un rapport préparé en catimini. Comment cet employeur peut-il prétendre favoriser des relations harmonieuses avec ses employés et les agents négociateurs? Ce genre de nouvelle tend plutôt à être reçu comme une gifle et ne fait rien pour la promotion de relations de travail harmonieuses."

Il va sans dire que beaucoup de questions restent sans réponses. Plusieurs ministères seront rébarbatifs et s'objecteront à la centralisation de leurs services informatiques dans l'ensemble de la fonction publique pour différentes raisons, que ce soit l'accessibilité, la sécurité ou la spécialisation de leurs services.

Les exemples avancées par Jim Alexander du Conseil du Trésor sont discutables. L'Australie n'a pas centralisé ses services, mais les a privatisé. Aujourd'hui l'Australie ne peut rien faire sans l'approbation du secteur public, d'autant plus que les services privés sont toujours plus coûteux. L'exemple de l'Irlande nous porte à croire que ce genre de centralisation est un premier pas vers la privatisation ou le transfert de services à l'étranger.

"Malgré que le bureau du président du Conseil du Trésor se soit empressé de tempérer la nouvelle, il n'en demeure pas moins qu'il existe un rapport qui préconise la restructuration de la fonction publique et que la menace de pertes d'emplois majeures subsiste. Pourquoi l'employeur s'entête t-il à refuser de consulter et d'impliquer les employés et leur agents négociateurs dans ces discussions qui auront des répercussions importantes? De quoi ont-ils peur?" ajoute la présidente Demers.

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada est le plus important syndicat multiprofessionnel au Canada, représentant 50 000 professionnels et scientifiques partout au pays.

Renseignements

  • Institut professionnel de la fonction publique du Canada
    Chantal Lecours
    Chef des communications
    (613) 228-6310 (poste 2229)