Communications André Bouthillier inc.

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20 mars 2006 14h00 HE

Jean-Pierre De Montigny intente une poursuite de 3,1 M$ à Valeurs Mobilières Desjardins

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 20 mars 2006) - M. Jean-Pierre De Montigny, ex-président et chef de l'exploitation de Valeurs Mobilières Desjardins Inc., intente une poursuite totalisant 3,1 millions de dollars à titre de préavis de départ, de remboursement de rémunération gagnée mais non payée et de dommages moraux à son ancien employeur.

Dans sa requête déposée en Cour supérieure, M. De Montigny soutient que Valeurs Mobilières Desjardins n'a jamais respecté ses obligations concernant sa rémunération et qu'il a été effectivement démis de ses fonctions sans aucune raison valable par M. Alban D'Amours, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins.

M. De Montigny affirme également que M. D'Amours n'avait pas l'autorité légale d'accepter sa démission, ni de le congédier. En effet, au moment de son congédiement, le 1er mai 2005, M. D'Amours n'était plus membre du conseil d'administration de VMD et ne pouvait légalement agir à titre de chef de la direction, ne possédant pas les approbations réglementaires nécessaires à cette fin. Seul le conseil d'administration de VMD ou un officier supérieur de VMD étaient légalement autorisés à congédier M. De Montigny ou à accepter sa démission. Le conseil d'administration ne fut informé qu'après le fait.

M. De Montigny rappelle qu'il a toujours atteint, voire dépassé les objectifs stratégiques fixés de concert avec le Mouvement Desjardins, durant la période où il a occupé les fonctions de président et chef de l'exploitation de Valeurs Mobilières Desjardins, soit de juin 2001 à mai 2005.

Ainsi, de 2001 à 2004, Valeurs Mobilières Desjardins a réalisé des performances remarquables :



- le chiffre d'affaires a augmenté de 104 M$ à 226 M$ ;
- la part de marché pour le courtage aux particuliers est passée de
3,9 % à 8,5 % au Québec ;
- le volume de transactions sur la Bourse de Toronto a grimpé de 4,1
milliards de dollars à 47,1 milliards dollars ;
- de juin 2001 à juin 2005, les actifs sous gestion sont passés de
sept milliards de dollars à 17 milliards de dollars.


Au départ de M. De Montigny, en mai 2005, Valeurs Mobilières Desjardins était devenue une importante firme de courtage au Canada avec une force de 1 200 employés, soit plus double qu'à son arrivée en mai 2001.

Les faits

Malgré sa performance et malgré l'engagement clair fait par écrit du Mouvement Desjardins, M. De Montigny n'a jamais reçu le régime d'intéressement à long terme qui avait été convenu entre les deux parties. Après lui avoir fait continuellement miroiter que cette rémunération, d'ailleurs conforme aux pratiques de l'industrie du courtage, serait mise en place, on lui a même finalement proposé une nouvelle formule qui représentait en fait une baisse de rémunération. Les problèmes relatifs à sa rémunération ont persisté tout au long de son passage chez Valeurs Mobilières Desjardins (VMD) alors que Desjardins insistait à appliquer les formules de rémunération de Desjardins plutôt que les pratiques de l'industrie du courtage.

D'autre part, au début de 2005, la direction du Mouvement Desjardins n'a jamais appuyé M. De Montigny dans la plainte déposée par les Services de réglementation du Marché de Toronto.

Selon cet organisme réglementaire, Valeurs Mobilières Desjardins avait commis certaines infractions à caractère technique. D'un côté, MM. Alban D'Amours, Pierre Brossard et Pierre Tardif, président du conseil de VMD, voulaient régler le dossier le plus rapidement possible, afin de protéger la réputation du Mouvement Desjardins ; de l'autre, M. De Montigny voulait porter le dossier devant les instances appropriées pour une audition au mérite.

M. De Montigny jugeait alors la pénalité proposée par l'organisme réglementaire ainsi que l'impact sur sa réputation disproportionnés eu égard aux infractions reprochées. D'ailleurs, le conseil d'administration de Valeurs Mobilières Desjardins confirmait, dans une résolution, qu'une amende lui semblait inappropriée étant donné que M. De Montigny avait apporté les correctifs nécessaires et que ce dernier était de bonne foi et avait agi de façon honnête.

M. De Montigny accepta le paiement de l'amende requise par l'organisme réglementaire à son corps défendant, face à la pression des représentants du Mouvement Desjardins, actionnaires de VMD, afin d'éviter un affrontement nuisible entre VMD et le Mouvement Desjardins. Il avait accepté le paiement de l'amende parce que les représentants du Mouvement Desjardins l'avaient assuré que la nouvelle serait gérée de façon à ne pas nuire à sa réputation et que la situation reviendrait à la normale rapidement.

Or contrairement à ce qui avait été promis, les communiqués préparés par le Mouvement Desjardins ont fait de M. de Montigny le principal responsable ce qui affecta la relation de confiance. Certains dirigeants intervenaient directement dans les affaires de VMD, minant ainsi l'autorité de M. De Montigny. De plus certains dirigeants remettaient en question le plan de VMD.

Excédé par le cumul de ces événements, M. De Montigny offrit sa démission à M. D'Amours, en mars 2005. M. D'Amours la refusa et mis en marche les travaux visant à adresser les demandes de M. De Montigny. Mais M. D'Amours se ravisa le 1er mai 2005. Il lui précisa alors que, même s'il considérait que sa performance ne justifiait pas une telle mesure, les pressions du réseau étaient devenues trop fortes. Pendant que M. De Montigny était dans le bureau de M. D'Amours, un communiqué annonçant sa "démission" était diffusé et son remplaçant intérimaire occupait déjà son bureau.

"La manière cavalière et disgracieuse avec laquelle ce congédiement a été faite, c'est-à-dire sans aucun avertissement quel qu'il soit, ni discussion ou possibilité d'explication, alors même qu'on avait ourdi le remplacement de M. De Montigny, constitue clairement un comportement abusif qui entraîne la responsabilité de (VMD)", peut-on lire dans la poursuite.

Renseignements

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