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04 déc. 2006 10h30 HE

Jobboom : Malgré des turbulences dans l'industrie, le manque de diplômés inquiète le secteur de l'aérospatiale

Une première! Bilan de la formation et du marché du travail en aérospatiale

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 4 déc. 2006) - Malgré des mises à pied récentes dans l'industrie, le manque de diplômés inquiète le secteur de l'aérospatiale qui vit une croissance soutenue depuis 2004. "Grâce aux importants contrats obtenus par des entreprises comme Bell Helicopter Textron, CMC Electronique, Pratt & Whitney, CAE et quelque 230 PME, l'industrie pourrait accueillir davantage de travailleurs qualifiés. A preuve : les écoles spécialisées se disent toujours incapables de répondre à la demande", affirme Patricia Richard, directrice générale des contenus aux Editions Jobboom.

Madame Richard a fait cette mise au point lors du lancement du tout nouveau guide 50 carrières de l'aérospatiale, qui a eu lieu aujourd'hui au Centre des sciences de Montréal, en présence des quatre partenaires du projet : CMC Electronique, Bell Helicopter Textron, l'Ecole des métiers de l'aérospatiale de Montréal et l'Ecole nationale d'aérotechnique.

Plus de 300 diplômés recherchés

Cet ouvrage inédit présente plusieurs carrières qui ont été délaissées par les jeunes depuis les attentats du 11 septembre 2001. Pourtant, l'embauche a bel et bien repris dans l'industrie. L'Ecole des métiers de l'aérospatiale de Montréal, qui compte cette année 400 élèves de niveau secondaire professionnel, estime qu'elle pourrait en former jusqu'à 700. La majorité des élèves se voient offrir un emploi dès la fin de leur stage.

A l'Ecole nationale d'aérotechnique, 100 % des diplômés du DEC en avionique et en techniques de construction aéronautique ont trouvé du travail en 2005, de même que 90 % des diplômés en entretien d'aéronefs. L'année 2006 est également fructueuse puisque plusieurs élèves trouvent de l'emploi avant même de terminer leurs études.

Au niveau universitaire, il existe notamment un programme de baccalauréat en génie mécanique avec spécialisation en aéronautique, donné à l'Ecole Polytechnique de Montréal et à l'Université de Sherbrooke. A Polytechnique, 100 % des sortants se placent dans les trois mois suivant l'obtention de leur diplôme. Depuis deux ans, l'Université de Sherbrooke reçoit plus d'offres d'emploi qu'elle ne compte de diplômés.

Si les plus récentes prévisions du Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aérospatiale s'avèrent justes, l'industrie devrait avoir créé 1 766 emplois entre janvier 2006 et janvier 2007, ce qui portera son effectif total à 46 829 au Québec. Interrogé par les Editions Jobboom à la fin octobre 2006, le Comité a confirmé que les besoins de main-d'oeuvre demeurent importants pour la plupart des diplômés, en raison des besoins de gros joueurs comme Bell Helicopter Textron, mais aussi des PME.

Les PME profitent de la mondialisation

"Les médias font souvent état des faits et gestes des grandes entreprises du secteur, mais il ne faut pas oublier l'importante activité des PME. Si elles décidaient de former une chaîne, elles pourraient assembler un avion complet!", rappelle Patricia Richard. Concrètement, ces entreprises répondent plutôt aux demandes des grands constructeurs d'aéronefs. Leurs champs d'expertise couvrent un large spectre, allant de l'usinage de pièces à la création de prototypes en passant par la fabrication de systèmes hydrauliques.

L'exportation favorise aussi l'essor des PME. "Plus de 80 % de la production québécoise est vendue hors du Canada, note Patricia Richard. Contrairement à des secteurs comme le textile vestimentaire ou la plasturgie, l'aérospatiale est plutôt avantagée par la mondialisation. Les pays dont la croissance est importante actuellement, comme la Chine et l'Inde, ont besoin de composantes, et elles viennent en chercher ici."

Mais les PME ont de la difficulté à recruter, notamment parce que les diplômés misent surtout sur les employeurs les plus connus. Or, le travail dans une petite entreprise présente des avantages insoupçonnés. Comme les employés y sont moins nombreux, leurs tâches sont moins cloisonnées. "Ils acquièrent ainsi une expérience plus variée en début de carrière et peuvent donc mieux cibler le type de travail qui les intéresse", souligne Patricia Richard.

Des travailleurs polyvalents et convoités

Il faut bien sûr garder en tête que le secteur de l'aérospatiale est sensible à la conjoncture géopolitique et économique. Des facteurs comme le terrorisme et l'augmentation du prix du carburant peuvent perturber momentanément le transport aérien et donc, la demande d'appareils. Cela dit, l'Organisation de l'aviation civile internationale prévoit qu'en raison de la vigueur de l'économie mondiale, le trafic aérien de passagers devrait croître de 5 à 6 % par année entre 2006 et 2008.

Les travailleurs ont toutefois une porte de sortie en cas de ralentissement. "Dans bien des cas, les diplômés sont tout à fait compétents pour travailler dans d'autres industries, comme l'automobile, la machinerie lourde ou l'industrie ferroviaire. On pense notamment aux titulaires des diplômes d'études professionnelles en Techniques d'usinage et en Tôlerie de précision, qui peuvent appliquer leurs techniques d'assemblage à des pièces de métal destinées à des camions ou à des bateaux, par exemple", explique Patricia Richard.

Les détenteurs du diplôme d'études collégiales en Avionique peuvent quant à eux devenir électromécaniciens pour des entreprises qui fabriquent, installent ou réparent divers appareils, comme des guichets automatiques. Les techniciens en maintenance d'aéronefs sont capables de réparer des moteurs d'automobiles ou de machinerie agricole, notamment.

Les ingénieurs spécialisés en aérospatiale ne sont pas en reste. Si leur domaine ralentit, ils peuvent se tourner vers d'autres secteurs du génie mécanique ou électrique, où les cerveaux sont en demande.

Pour en savoir plus

Le guide 50 carrières de l'aérospatiale lève le voile sur des carrières souvent méconnues, en donnant la parole à de vrais travailleurs : assembleur de structures d'aéronefs, électromécanicien, pilote de vols d'essai, spécialiste de l'aérodynamique avancée, etc. Ces travailleurs décrivent leur emploi de façon vulgarisée, en plus de partager leur motivation au travail, leurs conseils pour la relève de même que leur parcours scolaire et professionnel.

Les deux tiers des métiers présentés sont de niveau professionnel ou technique et touchent entre autres l'assemblage de pièces, la rédaction technique, la mécanique, l'électronique, la supervision et l'assurance-qualité. Plusieurs professions universitaires complètent le tableau, donnant un aperçu des multiples facettes du génie et de la gestion en aérospatiale.

Aussi :



- Les programmes de formation pertinents;
- Le répertoire des organismes et regroupements professionnels;
- Dossiers : portrait de l'industrie aérospatiale au Québec; le
placement des diplômés; les défis passionnants de la R &D en
aérospatiale.
- Tests :
- Etes-vous fait pour une carrière en aérospatiale?
- Devriez-vous opter pour le DEP, le DEC ou le bac?


Jobboom, membre du réseau Canoë, est une filiale de Canoë inc. et de Quebecor Média.

Renseignements

  • Source :
    Les éditions Jobboom
    ou
    Renseignements : Andrée Peltier
    Relations publiques Andrée Peltier
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