Congrès du travail du Canada

Congrès du travail du Canada

03 déc. 2010 12h40 HE

La crise de l'emploi est loin d'être terminée au Canada

Le président du CTC réagit aux données sur l'emploi de Statistique Canada

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 3 déc. 2010) - L'économie canadienne ne crée pas assez d'emplois pour intégrer une population active croissante et trop d'emplois sont à temps partiel, temporaires ou mal rémunérés, dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada.

« Les travailleuses et travailleurs canadiens ont été durement frappés par la récession en octobre 2008 et nous ne nous en sommes pas encore remis, dit Georgetti. En réalité, le taux de chômage serait encore plus élevé si autant de personnes n'avaient pas cessé de chercher un emploi. »

Georgetti réagissait à la publication des données de Statistique Canada sur la population active pour novembre 2010. Le Canada comptait 1 426 900 million sans-emploi en novembre, un chiffre bien supérieur par rapport à 1 137 400 millions en octobre 2008. Le taux de chômage est demeuré élevé en novembre 2010 et s'est établi à 7,6 %. Il était de 6,2 % en octobre 2008.

« Le nombre d'emplois créés et la qualité de ceux-ci nous posent problème, indique Georgetti. Nous devons nous concentrer sur la création d'emplois à temps plein permettant de subvenir aux besoins d'une famille. »

Analyse rapide de Sylvain Schetagne, économiste principal du CTC  

En novembre 2010, les travailleuses et travailleurs ont pu constater une très légère reprise, mais ce fut un mois difficile pour les jeunes travailleuses et travailleurs et ceux du secteur manufacturier. Depuis novembre, le nombre total de travailleuses et travailleurs canadiens est revenu au niveau d'avant la récession (+23 700). Toutefois, au cours de ces deux dernières années, la population active a augmenté de 1,7 %. En conséquence, il y a toujours 1,5 million sans-emploi (1 426 900), soit 25,45 % de plus qu'en octobre 2008.

Bien que le nombre total de travailleuses et travailleurs canadiens soit revenu au niveau d'avant la récession, la qualité des emplois n'est plus la même. Il y a plus d'emplois à temps partiel qu'avant la récession (passant de 18,4 % en octobre 2008 à 19,3 % de tous les emplois le mois dernier) et, fait très important, le travail temporaire a subi une hausse significative (+88 900) au cours des 12 derniers mois.

Le taux de chômage en novembre se chiffrait à 7,6 %, en baisse par rapport à 7,9 % en octobre. Ce nombre serait de beaucoup supérieur si le taux d'activité (la proportion de la population d'âge actif qui travaille ou qui cherche activement du travail) n'avait pas chuté de 67,8 % en octobre 2008 à 66,9 % en novembre, et si 43 600 Canadiennes et Canadiens, la plupart des jeunes, n'avaient pas quitté le marché du travail le mois dernier.

Les récessions touchent davantage les jeunes travailleuses et travailleurs, car d'habitude ce sont les premiers à être mis à pied et les derniers engagés, et cette grande récession ne fait pas exception. Malgré une reprise partielle par rapport au niveau le plus bas enregistré à l'été 2009, la situation du marché du travail à laquelle font face les jeunes (entre 15 et 24 ans) est sombre, et bien pire que celle d'avant la récession. Particulièrement frappant est le taux de chômage des jeunes — c.-à-d. la proportion de ce groupe d'âge qui travaille — qui a fortement chuté par cinq points de pourcentage au cours des deux dernières années, passant de 59,5 % à 54,6 %. La proportion de jeunes avec des emplois à temps partiel a également augmenté, passant de 44,9 % à 47,6 %.

Le taux de chômage chez les jeunes a bondi de 12,1 % à 13,6 %, mais aurait été beaucoup plus élevé si le taux d'activité des jeunes (c.-à-d. la proportion qui travaille ou qui cherche activement du travail) n'avait pas fortement chuté au cours des 25 derniers mois, passant de 67,7 % à 63,2 %. La diminution importante le mois dernier du nombre de jeunes actifs sur le marché du travail (-40 400) s'est probablement produite en raison des jeunes qui ont renoncé à trouver du travail ou décidé de ne pas travailler pendant l'école. La baisse dans la proportion de jeunes sans emploi n'est par contre pas causée par une augmentation du nombre d'inscriptions dans les institutions d'enseignement. Tant en 2007 qu'à ce jour en 2010, 17 % des jeunes de 15 à 19 ans et 60 % des 20 à 24 ans ne vont pas à l'école.

En terminant, le nombre de personnes travaillant dans le secteur manufacturier a atteint son point le plus bas des dernières décennies. Il y a à peine 35 ans, un Canadien sur cinq travaillait dans le secteur manufacturier. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 1 sur 10, soit deux fois moins.

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux.

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