Syndicat des douanes et de l'immigration (SDI)

Syndicat des douanes et de l'immigration (SDI)

28 avr. 2011 08h43 HE

La fermeture de points d'entrée et de bureaux de renseignement locaux contredit la déclaration de priorité accordée à la sécurité du gouvernement Harper

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 28 avril 2011) - Le Syndicat des Douanes et de l'Immigration (SDI), qui représente tous les agents et agentes des douanes et de l'immigration qui travaillent aux points d'entrée, ainsi que ceux et celles de l'immigration chargés de l'exécution de la loi pour services intérieurs et des audiences au Canada, a dénoncé la décision de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) de supprimer des centres de renseignement locaux et de fermer et réduire les heures d'ouverture de cinq (5) postes frontaliers servant de point d'entrée au Québec et d'un (1) autre en Saskatchewan à compter du 1er avril 2011.

La décision a été annoncée par l'ASFC il y a quelques mois dans le cadre de son « Examen stratégique » visant à réduire les dépenses et depuis ce temps, le Syndicat et plusieurs autres intervenants ont tenté de prouver au gouvernement que ces fermetures et réductions des heures d'ouverture n'étaient pas judicieuses et nécessaires et qu'elles étaient contraires aux priorités invoquées par les gouvernements en ce qui a trait à la lutte contre le passage de clandestins et un resserrement de la sécurité frontalière fondé sur le renseignement dans le cadre d'une collaboration entre le Canada et les États-Unis. Les fermetures contredisent également les mesures prises par les autorités américaines en ce qui concerne les points d'entrée contigus qui, pour leur part, restent pleinement ouverts.

Le président national du SDI, Ron Moran, a exprimé la profonde déception de tous les agents et agentes qu'il représente.

« Même si nous avons une bonne relation de travail avec le gouvernement depuis 2006, ces récentes décisions d'approuver tout simplement aveuglément l'évitement des activités opérationnelles de l'ASFC compromettent dorénavant les priorités en matière de sécurité frontalière établies par le gouvernement lui-même. »

« On nous dit que lutter contre le passage de clandestins et travailler en collaboration avec les États-Unis sur les installations frontalières constituent les priorités du gouvernement actuel et pourtant, la décision de fermer des postes frontaliers et de réduire leurs heures d'ouverture aux endroits ciblés au Québec et en Saskatchewan a été prise unilatéralement par l'ASFC sans aucune forme de consultation avec qui que ce soit. Pire encore, le Rapport de l'EIEF 2009 de la GRC a établi que les routes non surveillées au Québec, dont le nombre est à la hausse selon des statistiques probantes, représentaient la plus grande vulnérabilité aux passages de clandestins au Canada et aux États-Unis, et malgré ce fait, en prenant la décision de procéder à ces fermetures, l'ASFC crée cinq (5) routes non surveillées de plus dans cette province. »

« Comment le gouvernement actuel peut-il faire cadrer l'accroissement de la vulnérabilité du Canada au passage de clandestins, en ignorant nos partenaires transfrontaliers dans ses décisions à propos des postes frontaliers contigus servant de point d'entrée et en réduisant nos capacités locales en matière de renseignement, avec ce qu'il prétend être une priorité qu'il souhaite défendre ardemment? »

La justification offerte par l'ASFC et répétée par le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, est que ces fermetures généreront des « économies » d'environ cinq millions de dollars par année. En réponse à cela, le SDI a présenté à l'ASFC et au ministre Toews des solutions de rechange visant à réaliser des économies non opérationnelles qui étaient exponentiellement plus élevées, mais elles ont été ignorées et le plan de fermetures et de réductions des heures d'ouverture a été mis de l'avant quand même.

« Le SDI a cerné des économies possibles sur les dépenses à l'ASFC bien longtemps avant la tenue de l'Examen stratégique, mais nos conseils sont tombés dans l'oreille d'un sourd. C'est là la prérogative du ministre, mais ce n'est pas la même chose que de dire que nous n'avions pas le choix. L'approbation de ces fermetures et réductions des heures d'ouverture est particulièrement alarmante lorsque nous apprenons que le vérificateur général a découvert qu'une somme de 50 millions de dollars prévue pour le financement des installations frontalières a été redistribuée pour financer des améliorations liées à la sécurité dans la circonscription dans laquelle ont eu lieu les réunions du G-8. Peut-être que si l'on utilisait les fonds affectés aux services frontaliers à des fins connexes, ces points d'entrée et ces centres de renseignement locaux resteraient ouverts. »

Le président Moran a insisté auprès du gouvernement pour qu'il agisse et suspende les décisions de l'ASFC.

« Grâce à l'accord de périmètre annoncé récemment, nous savons que le Canada et les États- Unis participent actuellement à un examen conjoint de la gestion des installations frontalières et de l'amélioration des capacités en matière de renseignement, deux initiatives nettement logiques et attendues depuis longtemps. En conséquence, nous insistons auprès du premier ministre pour qu'il annonce la suspension de ces fermetures et réductions des heures d'ouverture et qu'il étudie la question à savoir quelle sera la meilleure façon de procéder une fois que cet examen sera terminé. »

« Le gouvernement Harper a déjà accordé la priorité à une sécurité frontalière efficace par rapport à une indifférence bureaucratique, ce qui explique pourquoi l'acceptation de sa part de ces décisions, qui vont à l'encontre du but recherché, est si alarmante. Nous espérons que le gouvernement fera une fois de plus preuve de leadership en posant des gestes concrets et non pas en ne prononçant que de belles paroles; c'est ce que mérite la population canadienne. »

Le Syndicat des douanes et de l'immigration (SDI) est un élément de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), et représente les agentes et agents des douanes et de l'immigration canadienne travaillant aux points d'entrée. Le SDI représente également les agentes et agents d'enquête, du renseignement et de l'observation des échanges commerciaux; ainsi que ceux et celles de l'immigration chargés de l'exécution de la loi pour services intérieurs et des audiences. Le SDI représente aussi l'ensemble du personnel de soutien – tous des employé(e)s de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

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