SOURCE: McKinsey & Company

McKinsey & Company

21 juin 2017 06h00 HE

La promotion de l'égalité entre les sexes pourrait rehausser le PIB canadien de 150 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie

Aux taux actuels, il faudrait de 30 à 180 ans pour combler les écarts observés entre les sexes sur les plans économique et social

TORONTO, ON--(Marketwired - 21 juin 2017) - Dans l'un des rapports les plus complets sur la question à ce jour, Le pouvoir de la parité : promouvoir l'égalité hommes-femmes au Canada, le McKinsey Global Institute (MGI) et McKinsey & Compagnie Canada se penchent sur le potentiel économique d'une plus grande parité entre les sexes, cartographient les écarts existant entre hommes et femmes et analysent les résultats de leur nouveau sondage sur la mixité en milieu de travail.

Le rapport montre que le Canada pourrait ajouter 150 milliards de dollars à son PIB en 2026, soit une croissance annuelle de 0,6 pour cent. Cela constitue une hausse de 6 pour cent de la croissance du PIB par rapport aux prévisions actuelles.

En d'autres mots, cet accroissement équivaudrait à l'ajout d'un nouveau secteur de services financiers à l'économie. Chaque province pourrait gagner entre 0,4 à 0,9 pour cent par an, les taux de croissance potentiels les plus élevés étant en Colombie-Britannique, en Ontario, à l'Île-du-Prince-Édouard et au Québec.

" Le Canada est l'un des chefs de file mondiaux au chapitre de l'égalité hommes-femmes, mais depuis 20 ans, aucun progrès notable n'a été réalisé, en particulier dans le monde du travail. Par exemple, la représentation des femmes dans la population active, dans les emplois de haute qualité en sciences, technologies, génie et mathématiques (STGM), aux postes de direction et à titre de propriétaires d'entreprise, a connu des hausses minimes, voire nulles. Aux taux actuels, combler les écarts observés entre les sexes pourrait prendre entre trois décennies et presque deux siècles ", a déclaré Andrew Pickersgill, associé directeur de McKinsey & Compagnie Canada. " La réduction des écarts entre les sexes dans l'économie et la société représente un potentiel d'enrichissement de 150 milliards de dollars et l'un des plus importants leviers de croissance du Canada à l'heure actuelle. "

Pour saisir cette exceptionnelle manne économique, le Canada devrait augmenter le nombre de femmes dans les secteurs à forte productivité, comme la technologie, et accroître le taux d'activité de ces dernières sur le marché du travail, deux mesures représentant chacune 42 pour cent de l'impact attendu. Les 16 pour cent restants proviendraient d'une augmentation des heures de travail des femmes.

La recherche du MGI et de McKinsey Canada a permis de constater que les écarts les plus importants entre les sexes portent sur sept indicateurs : les femmes occupent 35 pour cent des postes de direction et représentent 28 pour cent des diplômés en STGM, 23 pour cent des employés en STGM, 20 pour cent des propriétaires de petites entreprises et 29 pour cent des représentants élus. Par contre, elles assument 64 pour cent des tâches familiales non rémunérées et représentent 80 pour cent des chefs de famille monoparentale. Ces résultats sont en grande partie les mêmes dans l'ensemble des villes et des provinces, pointant vers des champs d'action prioritaires communs pour la nation et les organisations.

Bien que 53 pour cent des diplômés universitaires au Canada soient des femmes, une minorité d'entre elles sont dirigeantes d'entreprise. Le sondage de McKinsey auprès de 69 entreprises canadiennes représentant plus de 500 000 employés a permis de mettre en lumière les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans le milieu de travail. L'enquête a en effet démontré qu'environ 45 pour cent des employés de premier échelon sont des femmes, mais qu'elles représentent seulement 25 pour cent des vice-présidents et 15 pour cent des chefs de la direction. À presque chaque échelon de l'échelle hiérarchique, les femmes ont moins de chances que les hommes d'être promues à l'échelon supérieur. La première barrière à l'avancement des femmes semble se situer entre les postes de premier échelon et ceux de gestionnaires; la seconde concerne le passage du niveau directeur à celui de vice-présidents, étape que les hommes ont trois fois plus de chances de franchir qu'elles. La perte de talents féminins le long de l'échelle hiérarchique n'est pas due au manque d'ambition ou à une attrition plus élevée : le pourcentage de femmes souhaitant obtenir un avancement est identique à celui des hommes, et les femmes sont en réalité moins nombreuses que leurs homologues masculins à quitter leur poste.

Les données indiquent toutefois que les femmes n'ont pas accès aux mêmes possibilités que les hommes. Les femmes occupent principalement des emplois offrant moins de débouchés sur les postes de direction. Elles ont également 50 pour cent moins de chances que les hommes de bénéficier du soutien d'un haut dirigeant pour leur avancement professionnel.

" Cette recherche met en lumière les pratiques exemplaires de certaines entreprises canadiennes dont peuvent s'inspirer d'autres entreprises. Ces pratiques doivent toutefois être mises en place de manière globale efficace, et les mesures visant à corriger le déséquilibre hommes-femmes en entreprise doivent être vues comme un véritable impératif économique. Changer les attitudes est un travail de longue haleine : il nous faudra faire preuve de persévérance ", explique Sandrine Devillard, associée senior au bureau de McKinsey à Montréal.

Les entreprises peuvent adopter un ensemble complet d'initiatives tout en s'attachant à les mettre en œuvre et en soutenant leurs efforts au fil du temps. Au Canada, les meilleures d'entre elles s'appuient sur cinq grands principes pour faciliter leurs progrès, notamment :

  1. Aller au-delà d'un engagement verbal vis-à-vis de la mixité en établissant clairement son bien-fondé pour le succès de l'entreprise. Plus de la moitié des entreprises sondées considèrent la mixité comme l'une des dix principales priorités stratégiques, mais seulement 14 pour cent d'entre elles ont clairement articulé ses avantages commerciaux.
  2. Fixer des objectifs, en faire un suivi rigoureux, partager les résultats avec les employés et tenir les dirigeants imputables de leur atteinte. 55 pour cent des entreprises n'ont aucun objectif concernant la représentation des femmes, et 75 pour cent d'entre elles ne font aucun suivi sur le recrutement des femmes ou ne récompensent pas leurs dirigeants pour qu'ils favorisent la mixité.
  3. Créer des réseaux formels de parrainage pour aider les femmes à gravir les échelons de l'organisation. Les hommes ont 50 pour cent plus de chances que les femmes d'attribuer leur avancement à un haut dirigeant. Pourtant, 80 pour cent des entreprises n'ont aucun programme de parrainage officiel.
  4. Faire en sorte que la flexibilité des horaires de travail soit compatible avec l'avancement professionnel. La plupart des entreprises offrent des congés prolongés ou des postes à temps partiel. Cependant, 58 pour cent des employés croient que le fait de profiter de ces avantages nuira à leur avancement professionnel.
  1. Sensibiliser les employés et combattre les préjugés inconscients afin de créer un environnement réellement inclusif. Les femmes ne représentent qu'un quart des hauts dirigeants, mais 80 pour cent des employés pensent que leur entreprise est inclusive.

" En renforçant la mixité et la représentation féminine dans leurs postes cadres, les entreprises peuvent non seulement rehausser leurs résultats nets, mais aussi contribuer à l'avancement économique et social du Canada ", affirme Tiffany Vogel, directrice de projets au bureau de McKinsey à Toronto.

L'égalité entre les sexes au travail est liée à l'égalité entre les sexes dans la société : sans égalité sociale, il ne peut y avoir d'égalité au travail. Pour réaliser des progrès sur le plan social, tous les intervenants, y compris le gouvernement, les entreprises, les organismes sans but lucratif, les établissements d'enseignement, les médias et les particuliers, pourraient entreprendre un éventail d'initiatives dans cinq champs d'action prioritaires au Canada, notamment : supprimer les obstacles à l'entrée des femmes dans les domaines des STGM, permettre à davantage de femmes de devenir entrepreneures, réduire les inégalités entre les sexes en ce a trait à la garde des enfants et le travail non rémunéré, accroître la représentation des femmes en politique, réduire les préjugés à leur égard et mettre en place de nouvelles normes sociales. Mobiliser les hommes et les femmes et garantir la collaboration de l'ensemble des entreprises et des secteurs afin qu'ils s'attaquent aux préjugés ancrés dans les mentalités sera l'une des tâches les plus difficiles. Elle sera pourtant essentielle pour garantir notre succès et faire en sorte que le Canada demeure un chef de file mondial en matière d'égalité hommes-femmes.

Le rapport pourra être téléchargé à partir du site www.mckinsey.com/mgi/

Le McKinsey Global Institute

Le McKinsey Global Institute (MGI), qui est le centre de recherche en commerce et en économie de McKinsey & Compagnie, a été créé en 1990 afin de mieux faire comprendre l'évolution de l'économie mondiale. Sa vocation est de présenter aux chefs de file des secteurs commercial, public et social des faits et des observations qui pourront éclairer leurs décisions stratégiques et leurs pratiques de gestion. Les associés de McKinsey & Compagnie financent les activités de recherche du MGI, qui ne sont mandatées par aucune entreprise, aucun gouvernement ni aucune autre institution.

Dans son Global Think Tank Index (répertoire des groupes de réflexion dans le monde) de 2015, le Lauder Institute de l'Université de Pennsylvanie a classé le MGI au premier rang mondial des groupes de réflexion privés. Pour obtenir plus de renseignements sur le MGI et télécharger gratuitement l'ensemble de ses rapports, veuillez consulter le site www.mckinsey.com/mgi.

McKinsey & Compagnie

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