Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies

Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies

28 mars 2011 08h51 HE

La recherche montre que la drogue au volant est aussi fréquente que l'alcool au volant et son lien possible avec les conducteurs mortellement blessés

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 28 mars 2011) - Le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT) a publié aujourd'hui deux études : Alcool et drogues chez les conducteurs : une enquête routière menée en 2010 en Colombie-Britannique et Étude visant à comparer les décès sur les routes impliquant l'alcool et la drogue. Ces études montrent que la drogue au volant est un problème croissant aussi fréquent que l'alcool au volant – et que l'affaiblissement des facultés par les drogues contribuerait aussi aux collisions et aux accidents mortels de la route.

« Le public semble croire que la drogue n'affecte pas autant la conduite que l'alcool », a déclaré Doug Beirness, analyste principal en recherche et politiques au CCLAT. « En fait, de nombreuses drogues peuvent nuire aux processus physiques et cognitifs nécessaires à la conduite sécuritaire d'un véhicule, ce qui est très risqué pour le conducteur et les autres usagers de la route. »

Pendant l'enquête routière de 2010, 2840 conducteurs nocturnes ont été interceptés au hasard dans cinq villes de la C.-B., soit Vancouver, Saanich, Abbotsford, Prince George et Kelowna. On leur demandait de fournir volontairement un échantillon d'haleine et de salive pour y détecter la présence de drogues et d'alcool.

L'enquête a permis de constater que 7,2 p. cent des conducteurs avaient pris de la drogue et 9,9 p. cent avaient bu. Le cannabis et la cocaïne étaient les substances les plus souvent détectées. De plus, l'enquête a montré que la consommation de drogues se répartissait plus également pendant les nuits et heures d'enquête, plutôt que seulement la fin de semaine et en fin de soirée, comme pour l'alcool.

« Ces résultats sont instructifs, mais nous ne faisons que commencer à effleurer le problème, a ajouté M. Beirness. La drogue au volant est un problème plus complexe que l'alcool au volant. D'autres études sont donc nécessaires pour mieux comprendre le comportement et favoriser l'instauration de politiques et de programmes qui s'y attaqueront efficacement. »

La seconde recherche, Étude visant à comparer les décès sur les routes impliquant l'alcool et la drogue, a permis de comparer les caractéristiques des conducteurs mortellement blessés et les circonstances entourant les accidents mortels impliquant des conducteurs aux tests positifs pour l'alcool, la drogue ou une combinaison de drogues et d'alcool.

Les chercheurs du CCLAT ont examiné plus de 14 000 décès de conducteurs, et les résultats montrent que 33 p. cent des conducteurs mortellement blessés avaient pris de la drogue, par rapport aux 37 p. cent qui avaient bu de l'alcool. La tendance se dégageant des conclusions indique que la drogue au volant est un problème distinct et indépendant de celui de l'alcool au volant et qu'il nécessite une approche de prévention, de sensibilisation et de répression qui lui est propre afin de réduire le nombre d'accidents mortels impliquant des conducteurs ayant pris de la drogue.

« Les deux études sont un point de départ à partir duquel nous pourrons combler le fossé entre les années de recherche faite sur l'alcool au volant et les années de recherche sur la drogue au volant », a affirmé Michel Perron, premier dirigeant du CCLAT. « Au Canada et sur la scène internationale, nous commençons tout juste à comprendre l'ampleur du problème de la drogue au volant. Le but est donc de poursuivre les recherches qui, en fin de compte, guideront les efforts de prévention, de politique et de répression au Canada et peut-être même à l'étranger. »

La publication des études est forte à propos et vient dans la foulée d'une résolution commanditée par les É.-U. (et appuyée par le Canada) sur la lutte contre la drogue au volant, résolution acceptée la semaine dernière par la Commission des stupéfiants (CND) des Nations Unies et mettant de l'avant un colloque international sur la drogue au volant piloté par le CCLAT qui aura lieu à Montréal (Québec), les 17 et 18 juillet 2011.

Pour améliorer la sécurité routière, le CCLAT continue à travailler en étroite collaboration avec le White House Office of National Drug Control Policy des É.-U., le National Institute on Drug Abuse des É.-U., la National Highway Traffic Safety Administration des É.-U. et l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies afin de rassembler les plus récentes initiatives de recherche et de politique et, ainsi, de tirer parti de la résolution sur la drogue au volant présentée à la CND et de s'attaquer au problème à l'échelle internationale.

Au sujet du CCLAT

Titulaire d'un mandat législatif visant à réduire les méfaits liés à l'alcool et aux autres drogues, le CCLAT assure un leadership quant aux priorités nationales, favorise l'application des connaissances dans le domaine et crée des partenariats durables qui optimisent les efforts collectifs. Le CCLAT reçoit l'appui financier de Santé Canada.

Renseignements

  • CCLAT
    Yasmina Pepa
    Conseillère en communication
    613-235-4048 poste 276
    ypepa@ccsa.ca