Société canadienne de l'hémophilie

Société canadienne de l'hémophilie

30 juin 2005 09h59 HE

La Société canadienne de l'hémophilie assistera au prononcé de la sentence imposée à la Croix-Rouge canadienne relativement au scandale du sang contaminé

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 30 juin 2005) - Porte-parole de la Société canadienne de l'hémophilie (SCH), John Plater assistera ce matin à 11 heures au prononcé de la sentence imposée à la Croix-Rouge canadienne, au palais de justice John Sopinka, de Hamilton, en Ontario. La Croix-Rouge canadienne avait plaidé coupable à une accusation d'acte criminel en vertu de la Loi fédérale sur les aliments et drogues le 30 mai dernier.

Le 20 novembre 2002, après une enquête de la GRC qui a duré cinq ans, six chefs d'accusation ont été portés contre la Croix-Rouge canadienne en lien avec la façon dont elle a géré l'approvisionnement et la distribution du sang et des produits sanguins au Canada durant les années 1980. Au cours de cette période, l'approvisionnement sanguin canadien a été contaminé par les virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et de l'hépatite C (HCV) ; ce qui, en retour a contribué à propager l'infection au VIH et/ou au HCV à des milliers de Canadiens. Les accusations ont été portées sur la base du fait que la Croix-Rouge canadienne disposait à l'époque de suffisamment d'informations pour avertir les receveurs des dangers potentiels de la transfusion sanguine et pour procéder à un dépistage auprès des donneurs potentiels ce qui aurait réduit les risques auxquels le système se trouvait exposé. Après discussion avec les avocats de la Couronne chargés de l'affaire, la Croix-Rouge a plaidé coupable à des accusations d'avoir" ... distribué du sang altéré à des fins de transfusions, transmettant de ce fait aux receveurs des maladies graves, voire mortelles " et a accepté de verser une amende de 5 000 $ et de verser un montant de 1,5 million de dollars à un programme de bourse d'études pour les familles des victimes et pour la recherche sur les fautes professionnelles commises dans le milieu médical.

"Les rouages de la Justice ont mis du temps à se mettre en branle, mais les choses ont maintenant commencé à bouger ", affirme M. Plater au moment de partir pour le palais de justice de Hamilton. M. Plater a également tenu à faire remarquer que le témoignage des victimes et de leurs proches allait aussi être accepté comme preuve au moment de l'audition. Les peines prévues sont surtout symboliques, mais il est important pour les victimes de pouvoir décrire l'impact de ce scandale sur leur vie."

"Je m'attends aux témoignages de douleur physique, de souffrance morale et de difficultés économiques qui nous viennent souvent de nos membres et d'autres victimes du sang contaminé ", rappelle M. Plater. " J'espère que les politiciens d'Ottawa sont à l'écoute, parce que selon nous, jusqu'à présent, aucune des personnes dont la vie a été dévastée par le sang contaminé n'a reçu de compensation juste. " Des programmes de règlement ont été élaborés à l'intention des personnes qui ont contracté le VIH et le virus de l'hépatite par le biais du sang contaminé entre 1986 et 1990, mais les victimes de l'hépatite C infectées avant 1986 ou après 1990 n'ont reçu aucune aide du gouvernement fédéral. Le 22 novembre 2004 le ministre fédéral de la Santé, Ujjal Dosanjh, a annoncé que le gouvernement entamerait des discussions pour faire en sorte que toutes les victimes du sang contaminé soient dédommagées. Le 20 avril 2005, la Chambre des Communes a voté à l'unanimité en faveur d'une compensation immédiate pour toutes les victimes. Les négociations ont débuté entre les avocats des victimes et le gouvernement mais aucun plan de compensation n'a encore été arrêté et le calendrier de règlement des réclamations déjà soumises n'a pas été établi. " Aujourd'hui, nous allons découvrir comment l'hépatite C et le VIH affectent réellement les gens et à quel point le moindre retard peut être synonyme de souffrance et souvent, de mort ", ajoute M. Plater.

M. Plater sera sur place au palais de justice de Hamilton pour répondre aux questions des médias après le prononcé de la sentence.

Renseignements

  • SCH
    John Plater
    Président, Groupe de travail sur HCV/VIH
    (416)-525-4247
    ou
    SCH
    David Page
    Directeur des programmes et des communications
    1-800-668-2686