Société canadienne de l'hémophilie

Société canadienne de l'hémophilie

31 mai 2005 10h25 HE

La Société canadienne de l'hémophilie réagit à une annonce de la Société canadienne de la Croix-Rouge par rapport aux accusations dans l'affaire du sang contaminé

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 31 mai 2005) - John Plater, président du groupe de travail sur le VHC et le VIH de la Société canadienne de l'hémophilie, s'est présenté aujourd'hui devant le tribunal John Sopinka, à Hamilton, en Ontario, pour répondre à un plaidoyer de culpabilité enregistré par la Société canadienne de la Croix-Rouge, qui, dans les années 1980, avait distribué du sang et des produits sanguins contaminés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et celui de l'hépatite C (virus VHC).

"Nous reconnaissons la complexité du contentieux opposant la Couronne à la Croix-Rouge, un important organisme national à but non lucratif, qui est très différent aujourd'hui de ce qu'il était dans les années 1980, et qui n'a plus rien à voir avec l'approvisionnement sanguin au Canada, a affirmé M. Plater en réponse aux nombreuses questions des journalistes. Nous sommes reconnaissants envers la Croix-Rouge du fait qu'elle accepte aujourd'hui de porter la responsabilité d'actions imputables à la Croix-Rouge d'hier, et qu'elle offre ses excuses aux victimes du sang contaminé et à leurs familles. Nous comprenons toutefois que des poursuites sont maintenues au criminel contre des personnes et des sociétés privées et tenons à préciser qu'il serait tout à fait compréhensible que nous nous montrions préoccupés s'il devait y avoir des négociations de plaidoyers en rapport avec ces cas."

La Croix-Rouge a dû faire face à des accusations en 2002 après que des milliers de Canadiens eurent été infectés par le VIH et le VHC à la suite de transfusions de sang contaminé. La Croix-Rouge a reconnu sa culpabilité pour avoir distribué du sang contaminé entre 1983 et 1990, ce qui est un acte criminel en vertu de la Loi sur les aliments et drogues.

En raison du plaidoyer de culpabilité et des excuses publiques présentées par la Croix-Rouge, les avocats de la défense et de la Couronne ont reconnu que son amende devrait être fixée à 5 000 $, soit la somme maximale prévue pour un acte criminel en vertu de cette loi, et qu'une somme de 1,5 million de dollars soit versée à l'Université d'Ottawa. La moitié de cette somme servira à créer des bourses pour les victimes du sang contaminé, l'autre moitié devant être consacrée à la recherche et à la création d'une fondation nationale pour les erreurs médicales dans le cadre de projets.

Le juge a accepté la présentation de l'avocat, mais ne rendra pas officiellement sa sentence avant le 30 juin.

Entre-temps, le bureau de l'avocat de la Couronne mettra sur pied un site web, à l'adresse http://www.attorneygeneral.jus.gov.on.ca/vw/blood, invitant les victimes à exprimer leurs doléances soit directement sur le site web ou par écrit. Tout doit être reçu au plus tard le 17 juin 2005.

"Enfin, la Croix-Rouge a reconnu sa responsabilité pour le rôle qu'elle a joué dans la tragédie du sang contaminé, a déclaré John Plater. C'est là la moindre des choses quand on pense aux victimes qui attendent depuis vingt ans que quelqu'un reconnaisse sa culpabilité."

La Société canadienne de l'hémophilie continuera de suivre de près la situation de même que toutes les procédures judiciaires s'y rapportant.

Renseignements

  • SCH
    John Plater
    Président, groupe de travail sur le VHC/VIH
    (416) 525-4247
    ou
    SCH
    David Page
    Directeur des programmes et des communications
    1-800-668-2686