Institut Fraser

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25 sept. 2013 06h22 HE

L'acceptation des médicaments sur ordonnance approuvés par l'Europe ou les Etats-Unis pourrait réduire la souffrance des patients

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 25 sept. 2013) - Au Canada, les personnes malades se voient refuser les bienfaits d'un bon nombre de nouveaux médicaments pendant des mois, si ce n'est pendant des années, en attendant que leur gouvernement répète des approbations déjà données dans d'autres pays, selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, organisme canadien indépendant et non partisan de réflexion sur les politiques publiques.

The Case for Mutual Recognition of Drug Approvals indique que presque tous les médicaments sur ordonnance nouvellement brevetés approuvés par Santé Canada ont également été approuvés par les États-Unis et par l'Union européenne, mais beaucoup plus tôt. Par exemple, sur trente et un médicaments approuvés par Santé Canada en 2011-2012, trente l'avaient été 386 jours plus tôt en valeur médiane, aux États-Unis. En Europe, les trente et un avaient été approuvés 267 jours plus tôt en valeur médiane.

« D'importants nouveaux médicaments contre le cancer comme l'Avastin et le Jevtana n'ont été mis à la disposition des patients au Canada que plus d'un an après avoir reçu l'approbation de commercialisation soit aux États-Unis, soit en Europe », de dire Nadeem Esmail, directeur des études sur les politiques de santé à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude.

« Cette attente inutile a certainement nui aux patients, dont la vie aurait pu être prolongée par ces médicaments. »

Les auteurs de l'étude ont constaté que les compagnies pharmaceutiques présentent leurs demandes d'approbation nettement plus tard au Canada qu'en Europe et aux États-Unis, ce qui a pour effet de retarder l'accès aux nouveaux médicaments. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette différence, notamment la relative faiblesse du régime de protection intellectuelle du Canada, la petite taille du marché, le contrôle des prix des médicaments ainsi que la charge financière supplémentaire associée à d'autres contraintes réglementaires.

L'Union européenne, dont la population dépasse les 500 millions d'habitants, teste et approuve les nouveaux médicaments en passant soit par l'Agence européenne des médicaments, soit par le processus d'approbation nationale des pays membres doublé d'un processus européen de reconnaissance mutuelle. Aux États-Unis, dont la population est de plus de 300 millions d'habitants, c'est la Food and Drug Administration (FDA) qui approuve les médicaments. Au Canada, dont la population est de près de 35 millions d'habitants, les nouveaux médicaments ne sont approuvés qu'après avoir été testés par Santé Canada.

Étant donné que le processus d'approbation des médicaments de Santé Canada n'est pas tellement différent de ceux qui sont utilisés en Europe et aux États-Unis, il n'est guère justifié de forcer les patients à attendre des médicaments dont l'utilisation a déjà été autorisée dans ces deux régions du monde.

« Si le Canada acceptait les décisions européennes et étatsuniennes au lieu de répéter le processus d'approbation, les patients canadiens auraient pu avoir accès à 152 nouveaux traitements pharmaceutiques dans un délai médian de 494 jours de moins que ce qu'il a fallu entre 2005 et 2011-2012. »

Les coauteurs de l'étude, Nadeem Esmail et Bacchus Barua, font remarquer que le fait de libérer Santé Canada de sa fonction obligatoire de réglementation des médicaments ne l'empêchera pas de diffuser des mises en garde et des avis de sécurité ou d'exiger le retrait d'un médicament du marché canadien. Le processus d'approbation pourrait toujours exister de façon non obligatoire, les médicaments approuvés aux États-Unis ou en Europe étant soumis à des exigences d'étiquetage.

Ce qui est plus important encore dans cette approche, c'est qu'elle ouvre de nouvelles possibilités pour le ministère fédéral. Tout d'abord, la surveillance des médicaments déjà approuvés pourrait être mieux soutenue. Ensuite, le financement de meilleures communications sur les médicaments d'ordonnance et leurs effets secondaires destinées tant aux patients qu'aux médecins permettrait à tout le monde de prendre des décisions mieux informées.

« L'acceptation des médicaments déjà approuvés par l'Agence européenne des médicaments et la FDA, en vue de leur commercialisation au Canada, aurait pour effet d'accélérer l'accès aux bienfaits importants pour la santé procurés par les nouveaux médicaments et d'offrir une meilleure information sur le rapport risques/avantages de chacun de ceux-ci aux patients et aux médecins », conclut M. Esmail.

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 86 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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