Association canadienne pour la prévention du suicide

21 août 2009 12h37 HE

L'ACPS pour la prévention du suicide lance un appel pour la création d'une stratégie nationale de prévention du suicide avant que le Parlement examine un projet de loi sur le suicide assisté

WINNIPEG, MANITOBA--(Marketwire - 21 août 2009) - En réponse aux mesures législatives déposées devant la Chambre des communes pour légaliser le suicide assisté, l'Association canadienne pour la prévention du suicide (ACPS) demande au gouvernement fédéral de passer à l'action et d'appuyer la création d'une stratégie nationale de prévention du suicide. Si le projet de loi C-384 est adopté, le Code criminel du Canada serait modifié pour permettre le suicide assisté, y compris pour les personnes qui souffrent de douleurs mentales persistantes. Le suicide tue approximativement un million de personnes dans le monde tous les ans. Environ 4 000 Canadiens et Canadiennes perdent la vie chaque année (plus de dix par jour) à cause de ce type de décès grave et évitable.

L'Organisation mondiale de la Santé et l'Organisation des Nations Unies ont demandé le lancement d'initiatives mondiales de prévention du suicide par la création et la mise en oeuvre de stratégies nationales de prévention du suicide. Le Canada est l'un des seuls pays industrialisés du monde n'ayant pas une telle stratégie. L'ACPS a créé un plan pour une stratégie nationale de prévention du suicide (Blueprint for a Canadian National Suicide Prevention Strategy) et se réjouit beaucoup à la perspective d'établir un partenariat avec les gouvernements fédéral et provinciaux pour créer une stratégie proprement canadienne.

"La plupart des personnes qui se suicident le font parce qu'elles sont accablées par la tristesse et la douleur émotionnelle et perdent l'espoir que la douleur s'estompera, a indiqué M. Tim Wall, directeur général de l'ACPS. Les nombreux facteurs de stress dans la vie des gens peuvent réduire leur capacité de faire face aux épreuves, nuire à leur résilience et les rendre plus susceptibles de penser au suicide. La tragédie, c'est surtout qu'on a pourtant les moyens de prévenir le suicide, c'est-à-dire la compassion, la compréhension et l'accès aux services appropriés. En fait, la plupart des personnes qui souffrent et qui risquent de se suicider peuvent s'en sortir et avoir une vie riche, pleine d'espoir et satisfaisante."

"Le suicide assisté est un problème complexe pour lequel il n'y a pas une réponse facile", a ajouté Mme Marion Cooper, présidente de l'ACPS. "Nous et nos partenaires dans le domaine des services de santé mentale et de santé publique croyons qu'il faut d'abord avoir des discussions à l'échelle nationale sur la prévention du suicide avant d'en avoir sur le suicide assisté, et que nous devons élaborer une stratégie nationale de prévention du suicide comme l'ont déjà fait nos voisins aux Etats-Unis ainsi que le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et d'autres pays de l'Europe."

L'ACPS est prête à jouer un rôle de premier plan dans le cadre de telles discussions essentielles et à collaborer avec les gouvernements fédéral et provinciaux et d'autres associations professionnelles et groupes communautaires de revendication. L'ACPS ne prend pas position en faveur ou contre le suicide assisté. Elle met l'accent sur la prévention du suicide. Son objectif est d'inciter le gouvernement fédéral à prendre des mesures directes et précises à l'égard de la prévention du suicide, ce qui est un problème de santé publique important.

"Profitons de la possibilité de tirer des leçons des expériences de personnes qui ont déjà connu ce parcours plutôt que de simplement adopter une loi permettant la mort comme solution de rechange pour la souffrance humaine," a dit le Dr Marnin Heisel, psychologue et vice-président de l'ACPS.

Selon les recherches, les demandes de suicide assisté, là où de telles demandes sont permises par la loi, sont faites dans le but de vaincre la peur d'une perte de contrôle, d'autonomie et de capacités physiques plus que dans le but de réduire la douleur incurable et la souffrance. Les mesures suivantes pourraient donc être appropriées : la prestation de soins de santé mentale pour réduire les craintes de perte de contrôle et pour aider les personnes à trouver un sens à ce qu'elles traversent, la gestion de la douleur pour réduire les douleurs physiques et la réadaptation pour améliorer les capacités physiques.

Le Dr. Heisel a souligné que les mesures législatives proposées dans le projet de loi C-384 pourraient paradoxalement restreindre la liberté sous prétexte de l'accroître. Le fait de suggérer subtilement que les personnes ayant des troubles physiques ou mentaux considèrent le suicide pour diminuer le fardeau qu'elles pensent être pour la société nous entraîne sur une pente glissante et constitue une menace aux valeurs canadiennes fondamentales de conscience sociale et de préservation de la dignité humaine.

Pour obtenir plus de renseignements sur le plan pour une stratégie nationale de prévention du suicide, veuillez consulter le site à www.casp-acps.ca.

Renseignements

  • Demandes de renseignements de la part des médias :
    ACPS
    Marion Cooper
    Présidente
    1-204-940-2115