Le Conseil international du Canada

Le Conseil international du Canada

24 févr. 2009 13h22 HE

L'approche du Canada à l'égard de la Chine est franchement inadéquate

Les diplomates canadiens sont mal préparés à travailler en Chine et maîtrisent insuffisamment la langue du pays

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 24 fév. 2009) - Depuis plus d'une décennie, la politique étrangère du Canada à l'égard de la Chine a cessé de répondre aux attentes établies selon de nombreux critères, soutient une étude publiée aujourd'hui par le Conseil international du Canada (CIC).

Dans cette étude intitulée A Reassessment of Canada's Interests in China and Options for Renewal of Canada's China Policy, Charles Burton examine notre stratégie actuelle à l'endroit de la Chine et juge qu'elle est moins adaptée que jamais à la conjoncture chinoise et à la défense des intérêts canadiens dans ce pays.

Associé de recherche du CIC et politologue à l'Université Brock, Charles Burton a été détaché à deux reprises auprès de l'ambassade du Canada à Pékin. Selon lui, la prospérité de notre pays dans l'environnement commercial mondial sera menacée tant que nous ne raffermirons pas nos liens avec la Chine, deuxième partenaire commercial du Canada et pays de plus en plus dominant sur l'échiquier international.

Plutôt que de centrer nos efforts sur les institutions et réseaux de moindre influence, M. Burton recommande au gouvernement canadien de diversifier ses engagements avec la Chine et de nouer des liens directs avec les stratèges du gouvernement et du Parti communiste chinois qui exercent une réelle influence sur les dossiers liés aux intérêts canadiens.

"Nous devons adopter face à la Chine une stratégie d'engagement globale qui déborde le cadre des relations officielles entretenues dans les réseaux diplomatiques traditionnels, précise-t-il. Il est d'une importance capitale pour nos intérêts de cultiver des liens fructueux et dynamiques avec les autorités centrales, provinciales et locales de la Chine."

Pour appliquer intelligemment cette stratégie globale indispensable à notre prospérité, le personnel canadien des affaires étrangères doit posséder les aptitudes linguistiques et culturelles nécessaires à sa mise en oeuvre créative.

"Très peu de diplomates canadiens affectés en Chine ont une connaissance suffisante de la langue chinoise, déplore le professeur Burton. Par exemple, la plupart ne peuvent lire les quotidiens locaux ni comprendre les informations télévisées. De plus, notre système de rotation des affectations diplomatiques prévoit le transfert de nos effectifs après seulement trois années de présence en Chine. Ce qui restreint énormément nos efforts de promotion commerciale, alors même que le Canada perd chaque jour des parts du marché chinois."

En fait, la politique canadienne est si obsolète qu'elle suscite aujourd'hui très peu d'intérêt chez les Chinois, observe M. Burton. Parmi ses recommandations, il propos notamment l'adoption des mesures suivantes : élargissement de l'engagement canadien à un vaste éventail de décideurs chinois, y compris au sein du Parti communiste ; élaboration d'un programme d'incitations destiné aux fonctionnaires canadiens qui maîtrisent la langue chinoise afin de les encourager à centrer leur carrière sur les dossiers relatifs à la Chine ; énonciation claire d'une stratégie favorisant l'accès des entreprises canadiennes au marché chinois ; et adoption à l'égard de la Chine d'une approche réfléchie, enthousiaste, dynamique et créative.

Charles Burton est l'un des quatre universitaires de premier plan à qui le CIC a proposé en 2008 de définir de nouvelles perspectives dans les domaines clés de la politique étrangère du Canada en vue d'enrichir le débat public.

Pour de plus amples renseignements sur cette étude et les associés de recherche du CIC, prière de visiter le www.canadianinternationalcouncil.org.

Le Conseil international du Canada (CIC) est un organisme national non partisan créé en vue de renforcer le rôle du Canada dans les affaires internationales. Totalisant au pays 13 sections intégrées au réseau national de l'ICAI, le CIC vise à favoriser la recherche, le dialogue et le débat sur les grands enjeux mondiaux en appuyant un réseau d'étude de la politique étrangère canadienne qui traverse les disciplines, orientations politiques et secteurs économiques. Le CIC a créé un programme de bourses de recherche financé par le secteur privé et soutenu par un réseau de groupes de travail spécialisés. Rigoureusement sélectionnés, ses membres se consacrent à d'importantes questions de politique étrangère en lien avec des universités et des établissements de recherche de tout le pays. Le CIC a été fondé en 2007 par Jim Balsillie, coprésident et chef de la direction de RIM (Research In Motion).

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