Congrès mondial de gastroentérologie

Congrès mondial de gastroentérologie

14 sept. 2005 09h39 HE

L'avenir de la gastroentérologie mondiale : Beaucoup de pain sur la planche

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 14 sept. 2005) - Au sortir du 13e Congrès mondial de gastroentérologie organisé par l'Organisation mondiale de gastroentérologie, qui se tenait du 10 au 14 septembre au Palais des Congrès, les avis étaient multiples quant aux avenues qu'empruntera la pratique à l'échelle mondiale.

Des experts du monde entier ont en effet discuté des maladies prioritaires à traiter dans la prochaine décennie compte tenu des changements démographiques de la population mondiale. Selon le Dr Guido Tytgat des Pays-Bas, on assistera à une prolifération des types de maladies gastrogéniques chez la population vieillissante, lesquelles présenteront d'importants défis à relever pour les gastroentérologues. On a également suggéré que les limites d'âge pour les greffes du foie soient revues à la hausse.

Au chapitre de les hépatites B et C, l'hépatologue Jenny Heathcote du Canada soutient qu'elles sont les deux plus importantes causes de mortalité. "L'hépatite B est évitable à 100% et pour arriver à ce résultat absolu, ce sont nous les médecins qui devons changer les choses. Il faut cesser d'attendre que les politiques le fassent pour nous. Cela ne viendra jamais."

Un enfant meurt toutes les cinq secondes

Une autre priorité soulevée cette fois par le Dr Richard Norton, rédacteur de la revue The Lancet, au Royaume Uni, touche les ravages qu'engendre la diarrhée dans les pays en voie de développement ainsi que ses tristes effets sur la mortalité enfantine des moins de cinq ans. "Un enfant meurt toutes les cinq secondes et une épidémie de choléra balaie toute l'Afrique de l'Ouest", a-t-il lancé. "Nous soulignons cette année de 150e anniversaire du premier record de... tentative de lutte contre le choléra et nous ne savons encore pas comment le combattre. Nous devons nous concentrer sur la mortalité des moins de cinq ans. Le nombre de décès est phénoménal. Une préoccupation qui est peu connue et négligée, s'il en est une."

"Il faut se préoccuper également du nombre croissant d'adultes qui meurent de la diarrhée dans le monde", a ajouté le Dr Michael Farthing, du Royaume Uni. "De nouveaux vaccins contre le rotovirus et le choléra devraient voir le jour d'ici deux ou trois ans. Dans l'intervalle, la solution immédiate pour enrayer ce fléau réside essentiellement dans la volonté politique des grands décideurs."

Des directives mondiales pour une pratique uniforme

Les gastroentérologues réunis en congrès se sont également questionnés à savoir si des directives mondiales encadrant la pratique étaient désirables, faisables et nécessaires? "Désirables? Oui", a affirmé le Dr Norton. "Applicables? Difficilement", de rétorquer le Dr Loren Laine, de Los Angeles. "L'implantation de certaines recommandations peut s'avérer irréalisable quand on pense à ce qu'il faut créer comme outil de communication, de dissémination et de contrôle de l'information pour rejoindre tout le monde et ce, en respectant les différences culturelles de chacun."

Selon le Dr Laine, les résultats varieraient indubitablement pour chacune des directives puisque chaque lieu de traitement ne possède ni les mêmes ressources ni le même équipement.

En dépit de ce désaveu de la Dr Laine, son collègue le Dr Suliman Fedail, du Soudan, croit que de telles directives "éviteraient la surcharge d'informations non discriminées que les médecins des pays en développement glanent dans Internet et reçoivent des différentes sociétés et programmes de formation. Il y aurait une base commune sur laquelle s'appuyer."

Le programme Outreach fait des heureux

Un des exemples édifiants de la globalisation de la pratique en gastroentérologie est venu de témoignages qu'ont livré des pays en développement qui se sont vus dotés d'appareils et instruments d'avant-garde grâce au programme Outreach. C'est le cas de l'hôpital Eva PerOn de Rosario en Argentine qui a reçu l'année dernière de l'équipement endoscopique qui lui a permis d'augmenter de 80% ces interventions auprès de patients. En janvier 2005, ce fut au tour du Burkina Faso de recevoir des vidéoscopes, un appareil d'électrochirurgie ainsi que des dispositifs d'endothérapie totalisant quelque 20 millions de dollars.

Le Congrès mondial de gastroentérologie regroupe périodiquement des experts de partout dans le monde. L'organisation qui la chapeaute représente plus de 50 000 gastroentérologues répartis partout sur le globe. Au cours de ces congrès, ils font état de leurs découvertes et se penchent sur les enjeux sociaux, économiques et financiers liés à la santé du système digestif.

Renseignements

  • INDICO Communication
    Pierre Bouchard
    (514) 951-7516