Congrès du travail du Canada

Congrès du travail du Canada

05 sept. 2005 08h00 HE

L'avenir du Canada dépend des bons emplois

Un message de Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada pour la fête du Travail Attention: Affectateur, Rédacteur financier , Directeur général et de l'information, Rédacteur à l'international, Rédacteur aux affaires politiques et gouvernementales OTTAWA--(CCNMatthews - 5 sept. 2005) - À l'occasion de la fête du Travail 2005, le président du Congrès du travail du Canada, a publié la déclaration suivante :

"L'avenir du Canada dépend de bons emplois bien payés. Les bons emplois donnent aux gens les moyens de faire vivre leur famille, de s'établir et de poser les bases d'un avenir meilleur. Ils permettent aux travailleurs et travailleuses d'exercer pleinement leur citoyenneté, en consacrant du temps à leur communautés et en bâtissant un société meilleure. Les bons emplois, qui paient ce qu'il faut pour faire vivre une famille, sont la fondation de pays prospères et progressistes tels que le Canada.

Regardez notre histoire. Vous constaterez que le Canada a vécu ses meilleures années quand sa population avait des emplois sur lesquels elle pouvait compter. C'étaient des années de croissance. C'étaient des années où nous avons bâti des écoles, des collèges et des universités, élargi notre infrastructure publique et investi dans les services pour le bien public. Les investissements effectués à ce moment-là continuent de rapporter des avantages sociaux et économiques aux générations suivantes.

Où sont donc les investissements qui rapporteront à la prochaine génération? Nous ne les voyons pas. Chaque jour, on nous dit que les choses vont mieux. La création d'emplois augmente. Le taux de chômage baisse. Pourtant, le taux de chômage des jeunes demeure au-dessus de 13 %. Quand les jeunes travailleurs et travailleuses (de 15 à 24 ans) arrivent à trouver un emploi, ils gagnent 25 % de moins que leurs parents gagnaient quand ils avaient leur âge. Qui plus est, le harcèlement racial au travail augmente. Et les jeunes travailleurs et travailleuses de couleur, même s'ils sont nés et ont été élevés et formés au Canada, ont plus de difficulté que les autres à trouver du travail.

Les bons emplois comportant une rémunération qui permet de faire vivre une famille sont-ils une priorité pour le gouvernement? Nous ne le croyons pas. Actuellement, 30 % des travailleurs et travailleuses du Canada s'attendent de perdre leur emploi au cours des deux prochaines années. Quarante pour cent des emplois créés depuis un an étaient des emplois temporaires à contrat. Le travail autonome compte pour 25 % des autres emplois créés depuis un an. Dans les deux cas, ces emplois sont typiquement instables et ne comportent que peu d'avantages sociaux, quand ils en comportent. Nous, travailleurs et travailleuses, savons que les choses ne vont pas mieux pour la plupart d'entre nous.

C'est une tragédie nationale.

Ces dernières années, les gouvernements ont délaissé nos valeurs fondamentales. Ils ont cessé d'écouter la majorité de leurs commettants et commettantes qui travaillent à salaire, et ont récompensé la richesse plutôt que le travail. La réduction des impôts des entreprises et des personnes bien nanties importait plus que la réduction du chômage. Plutôt que de créer des possibilités pour les travailleurs et les travailleuses du Canada, ces allégements d'impôt ont ajouté des milliards aux sommes expédiées dans des paradis fiscaux - un total de plus de 72 milliards de dollars l'année dernière.

Le mouvement syndical mobilise ses membres pour renverser ces tendances. Nous voulons qu'une part équitable de la richesse tirée de notre travail soit affectée à l'amélioration de la qualité de vie de toutes les familles canadiennes. Notre histoire et nos victoires nous ont appris que lorsque les travailleurs et les travailleuses vont bien, les entreprises vont bien et le pays s'en sent d'autant mieux. C'est pour cela que nous incitons aujourd'hui les gouvernements à donner le pas en inscrivant les bons emplois et les salaires suffisants en haut de l'ordre du jour.

Il est temps de réparer les dommages des années récentes. La protection des salaires et la mise des pensions à l'abri de l'insolvabilité, de la restructuration et de la faillite doivent se matérialiser. La tranquillité d'esprit des parents travailleurs qui savent qu'on prend bien soin de leurs enfants accroît leur productivité : l'urgence du besoin de créer un système national de services de garde d'enfants repose sur de solides arguments économiques. L'amélioration des compétences et des possibilités de formation sont une priorité nationale : elle doit incomber d'abord aux gouvernements et aux employeurs plutôt que d'être surtout le fardeau des travailleuses et travailleurs individuels. Même notre système de soins de santé, qui nous confère un important avantage concurrentiel, subit des assauts répétés d'entreprises privées résolues à s'enrichir en siphonant le système public. Ces questions ont une énorme influence sur la vie au travail, mais elles débordent le cadre de nos négociations collectives. Elles nécessitent une action politique.

Il est temps que les gouvernements défendent et respectent le droit de leurs citoyens et citoyennes de faire partie d'un syndicat et de négocier collectivement quand tel est leurs choix. C'est un droit inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés mais les travailleurs et travailleuses sont encore obligés de l'exercer en secret pour éviter de subir les représailles de l'employeur. Les travailleurs et les travailleuses veulent voir les gouvernements réagir avec force quand des entreprises telles que Wal-Mart se servent de leur pouvoir économique pour piétiner nos droits constitutionnels. Nous voulons des gouvernements qui favorisent les bonnes conditions de travail, la stabilité et la sécurité financière et qui ne craignent pas de se prononcer quand un service public comme Radio-Canada met son personnel en lock-out, et le public aussi du même coup. Des gouvernements qui prennent le parti des travailleurs et travailleuses quand des employeurs comme la géante société minière Cominco à Trail (C.-B.) ou l'hôtel Le Château à Bathurst (N.-B.) les écrasent de leurs exigences de concessions. Nous voulons des gouvernements qui favorisent l'amélioration des lois sur le travail parce que des employeurs tels que Telus utilisent les lois actuelles pour intimider les citoyens et les citoyennes du Canada qui travaillent pour eux. Nous voulons des gouvernements qui haussent les compétences dont les travailleurs et les travailleuses ont besoin pour s'adapter et prospérer en dépit des changements technologiques et des conséquences d'accords commerciaux mal conçus.

La majorité électorale au pays est faite de travailleurs et travailleuses, comme nos membres, qui veulent que les gouvernements fassent des bons emplois et des bons salaires une priorité. Ils veulent des gouvernements qui récompensent le dur travail des travailleurs et travailleuses du Canada et qui leur montrent du respect. Les travailleurs et les travailleuses, et leurs syndicats, veulent que la prochaine génération de travailleurs et travailleuses ait un bon départ dans la vie, ce qu'elle ne peut pas avoir sans de bons emplois qui paient ce qu'il faut pour nourrir sa famille. Pour y arriver, il faut que les travailleurs et les travailleuses continuent de l'exiger de ceux et celles qu'ils élisent pour les représenter et des entreprises qui utilisent les services et l'infrastructure payés avec nos impôts pour faire leurs profits.

Les travailleurs et les travailleuses de ce pays doivent indiquer clairement à ceux et celles que nous élisons que la force du pays repose sur la qualité de vie de ses citoyens et citoyennes, en majorité des salariés. Il faut que nos voix et nos priorités soient entendues et retenues. C'est comme ça que notre démocratie est censée fonctionner.

Les gouvernements doivent agir dans l'intérêt de la majorité, les citoyennes et citoyens salariés."

(fin de la déclaration)

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 137 conseils du travail régionaux. Site web : www.congresdutravail.ca /Renseignements: Jeff Atkinson, 613-526-7425 ou 613-863-1413/ IN: ÉCONOMIE, FINANCE, TRAVAIL, POLITIQUE, SOCIAL

Renseignements

  • Jean Wolff, Directeur, Service des Communications, Congrès du travail du Canada
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