Institut Macdonald-Laurier



01 mai 2013 10h35 HE

Le Canada autochtone et l'avenir de l'économie des ressources naturelles

Premiers articles d'une nouvelle série qui explore les différents scénarios que doivent envisager tant les Autochtones que les non-Autochtones pour définir le nouveau genre de relations entourant la mise en valeur des ressources naturelles.

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 1 mai 2013) - L'Institut Macdonald-Laurier (IML), premier institut de politiques canadien indépendant et non partisan, inaugure aujourd'hui un projet phare dont le mandat est de démontrer comment la richesse des ressources naturelles peut servir à rétablir les relations entre les Canadiens autochtones et non-autochtones.

Le Canada connaît aujourd'hui l'un des plus importants essors de ses ressources naturelles de son histoire. L'ampleur et l'intensité de la mise en valeur des ressources ont permis à l'économie canadienne de maintenir toute sa vigueur malgré la morosité du climat mondial, et, facteur tout aussi important, l'abondance de ces richesses garantit que l'économie canadienne demeurera forte longtemps.

Toutefois, le Canada ne pourra saisir ces occasions formidables et importantes que s'il est en mesure de conclure des ententes justes, claires et durables avec les Premières Nations et les autres communautés autochtones sur la mise en valeur des ressources naturelles. Dans les deux analyses marquantes qui sont publiées simultanément par l'IML, Ken Coates, titulaire d'une chaire de recherche à l'Université de la Saskatchewan, et Douglas Bland, professeur émérite à l'Université Queen, présentent les deux choix décisifs qui sont offerts aux Canadiens, les gains à obtenir d'un choix judicieux et les conséquences négatives découlant d'un mauvais choix. Les présents articles servent de point de départ à l'important projet de trois ans sur le Canada autochtone et l'économie des ressources naturelles nouvellement entrepris par l'Institut Macdonald-Laurier.

L'article de Ken Coates et de Brian Crowley explore le potentiel de réussite à venir d'une collaboration sur l'exploitation des ressources entre Canadiens, autochtones et non-autochtones qui, si elle se produit, bénéficiera à tous les partis. Coates examine l'exercice de la participation autochtone à la mise en valeur des ressources, le renforcement croissant de l'autonomie des peuples autochtones depuis 40 ans et les liens de collaboration constructifs et mutuellement bénéfiques qui se sont tissés entre les groupes autochtones, les gouvernements et les promoteurs à la suite des décisions récentes des tribunaux et de la signature des traités modernes.

La participation des Autochtones à la mise en valeur des ressources naturelles du Canada est cruciale pour assurer la prospérité du pays et trouver des moyens justes et appropriés pour améliorer la situation des peuples autochtones. Traditionnellement, les relations entre les Autochtones et les non-Autochtones au Canada n'ont pas été à l'avantage des peuples autochtones. Les peuples autochtones ont subi presque tous les effets négatifs de l'exploitation des ressources et de la colonisation, effets qui se font encore cruellement sentir au 21e siècle. L'émancipation juridique des peuples autochtones au cours des dernières années a renforcé la capacité des gouvernements autochtones à influer sur le développement des projets pour qu'ils répondent mieux aux besoins et aux aspirations de leurs communautés, même si cette capacité demeure bien relative. Il faut absolument modifier cette tendance historique pour faire place à des modèles positifs de participation. Le présent article démontre que de tels modèles, loin d'être des chimères, émergent déjà et qu'ils peuvent servir de guide pour désigner les voies à suivre.

L'analyse de Ken Coates démontre que les décisions des tribunaux au cours des dernières décennies ont établi un cadre juridique qui a pavé la voie à l'établissement de partenariats fructueux. En prenant appui sur ses réussites et en tirant des leçons des erreurs du passé, le Canada pourra continuer à voir son économie croître sur des bases qui sont économiquement viables, éthiquement justifiables, juridiquement défendables et respectueuses de l'environnement.

L'article de Douglas Bland démontre que la faisabilité d'un conflit, bien plus que ses « motivations profondes », constitue le fondement des soulèvements autochtones ailleurs dans le monde. Les facteurs clés à l'origine de ces soulèvements sont également bien présents au Canada et se conjuguent aux griefs ressentis face aux injustices apparentes et bien réelles ayant ponctué l'histoire, les politiques et l'évolution de la société;

  • La fragmentation sociale - Le clivage entre les Premières Nations et les collectivités non autochtones est évident. La vie sociale dans de nombreuses réserves est marquée par la pauvreté et ses conséquences.
  • La « cohorte guerrière » - En 2017, les moins de 30 ans représenteront environ 42 pour cent de la population des Premières Nations dans les Prairies, soit au moins deux fois le taux de 20 pour cent enregistré pour la communauté non autochtone.
  • Les facteurs économie et ressources - Pour le Canada, la vulnérabilité de son économie, de ses ressources nationales et de ses systèmes de transport a atteint un point de non-retour.
  • Le facteur sécurité - Les dirigeants des Premières Nations connaissent bien la réticence des gouvernements, des Forces canadiennes et des services policiers (comme l'a montré l'affrontement autochtone à Caledonia) à intervenir lors des manifestations autochtones, même lorsqu'il peut être impérieux et légitime de le faire.
  • La géographie - Le Canada demeure un pays vaste et peu peuplé qui dépend d'une infrastructure stratégique clé, mais qui ne dispose pas des forces de sécurité suffisantes pour protéger un grand nombre de lieux si des conflits importants survenaient.

Diverses options politiques s'offrent cependant aux gouvernements canadiens pour leur permettre non seulement d'éviter de tels conflits, mais de continuer à dominer la croissance économique mondiale au moyen de la mise en valeur d'abondantes ressources naturelles et de partenariats avec les communautés autochtones dont les terres voisinent souvent les sites d'exploitation.

Le Projet

Le projet sur le Canada autochtone et l'économie des ressources naturelles est né d'une conversation entre le directeur général de l'IML, Brian Lee Crowley, et le chef de la direction générale de l'Assemblée des Premières Nations de l'époque, Richard Jock. Ces derniers se préoccupaient de la nécessité de recourir à une source indépendante et non partisane pour fournir aux Canadiens autochtones et non-autochtones une analyse réfléchie des bénéfices potentiels tirés de l'économie des ressources naturelles pour les communautés. Les articles publiés aujourd'hui ne sont que les premiers résultats des travaux de grande envergure dans ce domaine que l'IML publiera au cours des trois prochaines années.

L'Institut Macdonald-Laurier est le seul institut de politiques publiques national, indépendant et non partisan établi à Ottawa offrant des analyses sur de nombreuses questions qui relèvent du gouvernement fédéral.

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