Le Conseil international du Canada

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24 août 2009 12h06 HE

Le Canada doit miser sur l'enseignement supérieur pour renouer avec l'Inde des liens trop longtemps négligés, soutient une étude

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 24 août 2009) - Le Canada doit rétablir avec l'Inde une relation bilatérale trop longtemps négligée en misant sur des créneaux choisis qui formeront une base solide à son interaction avec ce pays en plein essor, soutient une nouvelle étude publiée aujourd'hui par le Conseil international du Canada (CIC).

Intitulée A New Direction for the Canada-India Relationship, cette étude de Ryan Touhey conclut que le Canada a tardé à reconnaître la montée en puissance de l'Inde dans l'économie mondiale et recommande des mesures efficientes pour renforcer notre engagement, notamment la création d'un programme de diplomatie publique spécifique à l'Inde prévoyant des liens avec les étudiants indiens au niveau postsecondaire et dans le domaine des sciences et technologie.

"L'Inde est en Asie une puissance économique démocratique de premier plan, observe l'auteur. Il semblerait donc particulièrement opportun d'établir avec ce pays des accords de partenariat axés sur le commerce et d'autres secteurs clés. Mais depuis quatre ans qu'il est pouvoir, le premier ministre Stephen Harper ne s'est toujours pas rendu en Inde."

Or le Canada doit clairement porter au plus haut niveau ses efforts diplomatiques à l'égard de l'Inde. En agissant dans les plus brefs délais, ces efforts permettraient de sensibiliser et d'influencer les groupes de réflexion, universités, médias et experts indiens, ce qui renforcerait leur intérêt pour le Canada et nuancerait leur compréhension de notre pays, estime Ryan Touhey. Cela montrerait aussi à New Delhi que le discours d'Ottawa, pour qui l'Inde est censément une grande priorité, s'accompagne enfin d'initiatives concrètes.

L'une des mesures clés à ce chapitre consisterait à créer un nouveau Conseil Canada-Inde. Cet organisme non partisan, auquel participerait le secteur privé canadien, viserait à favoriser entre les deux pays une circulation des savoirs et des personnes indispensable au renouvellement des liens bilatéraux.

Et comme l'essor de l'Inde s'étend au secteur de l'éducation, l'auteur recommande à Ottawa ainsi qu'aux provinces, universités et collèges canadiens intéressés de tisser avec ce pays des liens de niveau postsecondaire en recherche et en recrutement d'étudiants, tout en misant sur les partenariats en sciences et technologie offerts par l'Inde et dont nous avons longtemps fait abstraction, alors même qu'ils contribueraient à raviver une relation bilatérale anémique.

Mais "la spécificité de cette approche vis-à-vis de l'Inde rend indispensable l'adoption de politiques d'avenir susceptibles de fonder nos liens bilatéraux sur des bases solides, précise l'auteur. Ces bases qui nous font justement défaut depuis plusieurs décennies".

Les universités canadiennes n'accueillent actuellement qu'environ 4 000 étudiants indiens, révèle ainsi l'étude, par rapport à 25 000 en Grande-Bretagne et à 80 000 aux Etats-Unis.

"En1994-1995, moins de 300 étudiants indiens fréquentaient les universités australiennes, note Ryan Touhey. Mais l'Australie ayant investi d'intenses efforts dans ce lucratif marché, c'est aujourd'hui 40 000 étudiants indiens qui fréquentent ses universités et qui rentreront dans leur pays avec une compréhension certainement plus approfondie de l'Australie."

Or le Haut-commissariat du Canada en Inde ne disposait en 2007-2008 que de 50 000 $ pour promouvoir les possibilités d'enseignement supérieur que nous offrons aux étudiants indiens. "Une somme nettement insuffisante", déplore l'auteur, selon qui "nous devons accorder à nos diplomates postés en Inde des ressources améliorées."

En outre, "le gouvernement, les provinces et les établissements d'enseignement du Canada doivent faire davantage. Il leur faut sans plus attendre rassembler de solides informations sur le marché indien, identifier des partenaires d'enseignement supérieur de qualité et cultiver leurs liens avec des universitaires indiens fiables et des étudiants performants. Ces mesures générales aideront le Canada à jeter les bases d'une relation qui produira de riches dividendes. C'est ainsi que la Grande-Bretagne estime aujourd'hui à 9 milliards $ annuels la contribution de l'éducation internationale à son économie, sans compter que les étudiants indiens qui rentrent au bercail après y avoir vécu une expérience favorable deviennent souvent d'excellents ambassadeurs du pays. Les investissements du gouvernement britannique ont donc été largement récompensés."

Professeur d'histoire à l'Université St. Jerome de l'Université de Waterloo, Ryan Touhey figure parmi les huit boursiers retenus par le CIC pour définir de nouvelles perspectives dans les domaines clés de la politique étrangère canadienne en vue d'enrichir le débat public. Les domaines d'intérêt initiaux de ce programme englobent la Chine, les questions frontalières, la souveraineté dans l'Arctique et la sécurité énergétique.

Pour en savoir plus sur l'étude Foreign Policy for Canada's Tomorrow: A New Direction for the Canada-India Relationship ou le CIC, prière de visiter le www.canadianinternationalcouncil.org.

Le Conseil international du Canada (CIC) est un organisme national et non partisan créé en vue de renforcer le rôle du Canada dans les affaires internationales. Comptant 13 sections à l'échelle du pays, le CIC vise à favoriser la recherche et le dialogue sur les grands enjeux mondiaux en appuyant un réseau d'étude de la politique étrangère canadienne qui traverse les disciplines, les orientations politiques et les secteurs économiques. Le CIC offre un programme de bourses de recherche financé par le secteur privé et soutenu par un réseau de groupes de travail spécialisés. Rigoureusement sélectionnés, ses boursiers se consacrent à d'importantes questions de politique étrangère en lien avec des universités et des établissements de recherche de tout le pays. Le CIC a été fondé en 2007 par Jim Balsillie, co-chef de la direction de RIM (Research In Motion).

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