Association médicale canadienne

Association médicale canadienne

15 août 2005 00h01 HE

Le débat sur la santé a besoin d'une bonne dose de réalité, révèle le Bulletin de l'AMC

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 15 août 2005) - L'Association médicale canadienne (AMC) a publié aujourd'hui la cinquième édition annuelle de son Bulletin national sur les soins de santé, où l'on constate qu'il existe un écart important entre la perception du public et la réalité lorsqu'il est question du rendement du système de santé du Canada.

"Ce que le Bulletin nous indique, c'est qu'il y a eu trop de belles paroles et trop peu de débats ouverts et honnêtes sur les soins de santé", a déclaré le Dr Albert Schumacher, président de l'AMC. "C'est le genre de débat que les médecins du Canada tiennent à Edmonton cette semaine au cours du Conseil général."

Comme au cours des années passées, on a demandé aux Canadiens d'évaluer certains aspects du système de santé actuel, ainsi que le niveau de leur accès aux services. Au cours du sondage de 2005, on leur a aussi demandé d'estimer dans quelle mesure le système de santé du Canada se compare à celui d'autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le sondage a révélé que les soins de santé privés jouent un rôle beaucoup plus important au Canada que ne le pensent les Canadiens, tandis que l'accès aux médecins est beaucoup plus mauvais qu'ils ne le pensent.

Investissement dans les soins de santé

Les Canadiens croient en général que le Canada est parmi les meilleurs pour les soins de santé financés par le secteur public et le classent au 10e rang parmi les pays de l'OCDE pour le pourcentage du total des dépenses de santé payées par les gouvernements. En réalité, dans deux tiers des pays de l'OCDE, le secteur public finance une proportion plus importante du système de santé qu'au Canada et nous nous classons en fait au 21e rang.

Lorsqu'on leur demande de se prononcer sur les dépenses directes que les Canadiens consacrent aux soins de santé, les répondants sont d'avis que le Canada se classe au 12e rang, tandis que l'OCDE le place au 7e. Six autres pays de l'OCDE seulement obligent leurs citoyens à consacrer aux soins de santé plus d'argent que le Canada.

"L'AMC appuie un solide système de santé financé par le secteur public où l'accès repose sur le besoin et non sur la capacité de payer, a déclaré le Dr Schumacher. Nous ne pouvons toutefois ignorer le fait que le secteur privé paie déjà environ 30 % des soins de santé au Canada."

Accès

Le Bulletin montre aussi que les Canadiens croient tirer davantage de leurs dépenses en soins de santé que c'est peut-être le cas en réalité. Les répondants surestiment légèrement leur accès à la technologie et aux lits d'hôpitaux, mais ils surestiment considérablement l'accès aux médecins pour la population canadienne. Ils classent le Canada au 13e rang pour le nombre de médecins par habitant tandis que l'OCDE le classe en réalité au 26e rang, soit dans le tiers inférieur des pays membres.

"Je suis persuadé que les répondants se croient assez conservateurs dans leurs estimations, déclare le Dr Schumacher. Le fait que le Canada se classe dans le tiers inférieur pour un certain nombre d'indicateurs clés de l'OCDE - comme l'accès et le financement public - constituera probablement un choc pour les répondants. C'est certainement un exemple très percutant de la mesure dans laquelle on a laissé le système de santé se détériorer."

Tendance à la baisse

Les données tirées des Bulletins des cinq dernières années montrent une tendance lente mais régulière à la baisse dans l'évaluation que les Canadiens font de leur système de santé. Cette année, le système obtient un B dans l'ensemble, comme au cours des dernières années, mais les répondants sont moins susceptibles d'accorder un A aux divers éléments des soins de santé au Canada. Ce fléchissement de l'opinion qu'ont les Canadiens de l'état actuel du système est jumelé à un fléchissement annuel graduel de l'optimisme des gens à l'égard de l'avenir.

Le seul aspect auquel la majorité des répondants accorde un A, c'est l'accès à un médecin de famille. Les Canadiens qui n'ont pas de médecin de famille accordent toutefois un F à cet aspect. Ces notes indiquent que les gens qui ont un médecin de famille sont très heureux des soins qu'ils reçoivent.

"Il s'agit peut-être de l'aspect de ce Bulletin qui est le plus rassurant et, en même temps, le plus frustrant pour moi comme médecin, a conclu le Dr Schumacher. Ces statistiques m'indiquent que les patients sont d'avis que les médecins font de l'excellent travail pour eux, mais considèrent que le système les laisse tomber. Voilà pourquoi l'AMC s'est employée à proposer des solutions comme les points de repère de l'Alliance sur les temps d'attente, des garanties de soin et des solutions aux pénuries de ressources humaines de la santé. Ces efforts visent à créer un système qui fera passer les patients en premier."

Méthodologie

Entre le 11 et le 15 juillet 2005, Ipsos-Reid a sondé 1006 adultes canadiens. Cet échantillon assure une marge d'erreur raisonnable pour les constatations nationales globales (± 3,2 points, 19 fois sur 20).

Les médias peuvent consulter le Bulletin sous embargo au http://www.amc.ca/report-card.htm

Renseignements

  • Association médicale canadienne
    Carole Lavigne
    Relations avec les médias
    Le vendredi 12 août
    1 (800) 663-7336, poste 1266
    ou
    Du 14-17 août
    Au Shaw Conference Centre, Edmonton (AB)
    (780) 442-0711