Parcs Canada

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27 nov. 2012 09h30 HE

Le gouvernement Harper annonce de nouvelles désignations d'importance historique nationale au Québec

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 27 nov. 2012) - Au nom du ministre canadien de l'Environnement et ministre responsable de Parcs Canada, l'honorable Peter Kent, l'honorable Christian Paradis, ministre de l'Industrie et ministre d'État (Agriculture), a annoncé aujourd'hui la désignation de six personnages, événements et lieux nouveaux d'importance historique nationale au Québec qui représentent des moments importants de l'histoire du Canada.

« Il est indéniable que ces personnages, ces lieux et ces événements ont joué un rôle important dans la croissance du Canada et du Québec tels que nous les connaissons aujourd'hui, a souligné le ministre Paradis. Nous pouvons être très fiers des réalisations de ces personnes qui ont contribué positivement au mode de vie canadien et ressentir un profond respect pour ces lieux et ces événements qui ont influencé le développement de régions entières. »

L'annonce d'aujourd'hui commémore Frederick Cleveland Morgan, dont la passion pour la culture et les arts a contribué à la fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et Marc-Aurèle Fortin, le peintre talentueux dont les paysages uniques témoignent d'un mode de vie révolu au Québec.

Les désignations d'aujourd'hui soulignent aussi l'importance historique de la mine Lamaque et du village minier de Bourlamaque en Abitibi, un exemple rare et bien conservé de village minier fermé. Au nombre des désignations figure aussi l'arrondissement d'Arvida, connue sous le nom de la « ville construite en 135 jours », qui constitue un exemple exceptionnel et bien conservé de ville monoindustrielle canadienne et un témoignage de la croissance et du développement liés à l'industrie de l'aluminium du pays.

S'ajoutent à ces désignations, l'église de la Mission-de-Sainte-Croix-de-Tadoussac, la plus ancienne église en bois au Québec et au Canada et la plus importante base de mission des Jésuites et des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée ainsi que du mouvement coopératif des Inuits. Ce mouvement a pris naissance en 1959 et a favorisé le développement de l'art inuit tout en donnant aux Inuits et à leurs collectivités le pouvoir de participer de façon efficace à l'économie locale et d'acquérir de nouvelles compétences.

« Ces nouvelles désignations offrent à tous les Canadiens et à toutes les Canadiennes des occasions spéciales de mieux comprendre et souligner l'influence importante de personnages dont la vision a contribué à la création d'établissements et à l'enrichissement du patrimoine canadien, et de lieux qui constituent les racines historiques de régions entières, a déclaré le ministre Kent. Les désignations d'importance historique nationale comme celles-ci lient la population aux forces qui ont façonné le Canada. Grâce à la compréhension et l'appréciation de notre histoire commune et le partage d'un but commun, nous bâtissons un Canada plus fort. »

Les nouvelles désignations s'ajouteront au réseau de lieux, de personnages et d'événements historiques nationaux du Canada, sur la recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a été établie en 1919 et reçoit l'appui de Parcs Canada. Elle conseille le ministre de l'Environnement quant à l'importance nationale des lieux, des personnages et des événements qui ont marqué l'histoire du Canada. Pour le compte du peuple canadien, Parcs Canada gère un réseau pancanadien de lieux qui met en valeur la richesse du patrimoine historique du Canada et permet aux visiteurs de faire des découvertes authentiques et inspirantes.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le document d'information connexe à l'adresse www.parcscanada.gc.ca sous la rubrique Salle des médias.

FICHE D'INFORMATION

DÉSIGNATIONS D'IMPORTANCE HISTORIQUE NATIONALE DE PERSONNAGES D'ÉVÉNEMENTS ET DE LIEUXAU QUÉBEC

Frederick Cleveland Morgan (1881-1962)

Frederick Cleveland Morgan, M. A., docteur en droit civil, LL. D., est né à Montréal le 1er décembre 1881. Il était le fils de James Morgan fils (1846-1932), des magasins Henry Morgan and Co., et d'Anna Elizabeth Lyman (1848-1929), tante du peintre John Lyman. Très jeune déjà, il se passionne pour l'histoire naturelle et les arts. Ces intérêts l'incitent à entreprendre un baccalauréat en sciences naturelles au Trinity College de Cambridge en 1903. En 1904, il poursuit ses études à McGill et, dans le cadre d'une maîtrise en zoologie, rédige un mémoire sur les lignées de cellules. Or, une fatigue oculaire constante liée à l'utilisation du microscope l'empêche de poursuivre sa carrière en histoire naturelle. Au terme de ses études, il entre donc au sein de l'entreprise familiale tout en continuant de cultiver son penchant pour la botanique et les arts.

Morgan est reconnu comme un personnage d'importance historique nationale pour sa contribution durable à la vie culturelle de Montréal à titre de bâtisseur de musée et de créateur de l'imposante collection d'arts décoratifs qui caractérise le Musée des beaux-arts de Montréal. En 1907, Morgan devient membre de l'Art Association of Montreal et la convainc, en 1916, de consacrer une salle aux arts décoratifs, soutenant que le nombre grandissant de programmes d'enseignement technique offerts dans la ville pourrait tirer profit de beaux exemples d'artisanat et d'art industriel. Il commence par faire don de sa propre collection de pièces de céramique, de bois, de métal, de verre et d'argent, et de tissus primitifs. Pendant les 46 ans qui suivent, il enrichit inlassablement la collection, qui comprend un nombre considérable de pièces canadiennes et québécoises, jusqu'à ce que celle-ci remplisse le premier étage de l'édifice de la rue Sherbrooke et témoigne de l'histoire des arts décoratifs à travers le monde. Son travail modifie complètement le mandat de l'Association et conduit, en 1948, à la mise sur pied du Montreal Museum of Fine Arts, aussi connu, depuis 1977, sous le nom de Musée des beaux-arts de Montréal. Pendant toutes ces années, Morgan déploie une force tranquille et travaille bénévolement, animé d'une vision claire de la fonction publique et éducative que doit remplir un musée. Il s'engage dans tous les aspects du développement et de l'administration de l'institution, des acquisitions à la conception des vitrines et des expositions, et n'a de cesse de solliciter des dons et des subventions. En cours de route, il transforme l'ancienne Art Association of Montreal en l'un des grands musées du Canada.

Morgan acquiert une réputation de fin collectionneur tant au Canada qu'à l'étranger. Au nom du Musée, il fait personnellement l'acquisition de plus de 7 000 objets d'art d'une qualité remarquable, dont au moins un millier sont des dons provenant de sa propre collection. Encore aujourd'hui, ses choix témoignent d'une grande connaissance technique et esthétique dans la sphère des arts décoratifs, ce qui justifie qu'il soit reconnu comme l'un des plus fins connaisseurs de son époque.

En plus d'avoir apporté une contribution à la vie culturelle de Montréal, Morgan a laissé un héritage dans le domaine de l'histoire naturelle. En effet, Morgan est connu partout dans le monde dans deux domaines : les jardins de rocailles alpins et l'hybridation d'iris. Il est membre fondateur de l'American Iris Society, laquelle l'a honoré en 1951 en créant le prestigieux Morgan Award (aujourd'hui connu sous le nom de Morgan-Wood Medal). Il compte parmi les phytogénéticiens d'iris célèbres, entre autres pour ses iris hybrides de Sibérie, comme le Caesar's Brother et le Tropic Night, qui sont devenus des classiques. Morgan a en outre été responsable de la teneur des négociations qui ont mené à la création, en 1945, de l'Arboretum Morgan de l'Université McGill, la plus grande réserve forestière urbaine au Canada (245 hectares). Le 3 octobre 1962, à l'âge de 81 ans, Morgan meurt au Sabot, sa maison de Senneville, au Québec.

L'ancienne mine Lamaque et le village minier de Bourlamaque

L'ancienne mine Lamaque et le village minier de Bourlamaque renferment de nombreuses ressources industrielles et résidentielles in situ qui en font un paysage minier évocateur de la ruée vers l'or qui a eu cours dans le Nord-Ouest québécois, une région importante dans l'histoire de l'exploitation minière canadienne. Ce lieu forme un type rare et bien conservé de ville fermée de type minier, phénomène répandu qui a marqué le développement de nombreuses villes tributaires du secteur primaire au pays. C'est un exemple d'une ville monoindustrielle planifiée de l'entre-deux-guerres, notamment par sa trame orthogonale, la ségrégation des secteurs d'habitation selon la hiérarchie sociale ainsi que l'harmonie au sein d'un même secteur, attribuable à une architecture résidentielle ou les demeures de la direction contrastent avec les maisonnettes en rondins pièce sur pièce des ouvriers. Finalement, cette ville a retenu l'attention de sa communauté et instances patrimoniales dans les années 1960, évoquant ainsi une phase particulière du mouvement de conservation au Canada.

Le lieu est constitué de deux sections liées et physiquement adjacentes : l'ancienne mine Lamaque, maintenant abandonnée, et le village minier de Bourlamaque. Ces deux zones rappellent l'existence de Bourlamaque, une ville créée de toutes pièces par la compagnie Teck-Hugues pour servir les intérêts de la mine aurifère qui entra en production au milieu des années 1930.

C'est à l'automne 1923, que le prospecteur américain, Robert C. Clark, et un guide algonquin, Gabriel Commandant, découvrent une veine d'or prometteuse dans le canton de Bourlamaque. Le site de la future mine Lamaque fait dès lors l'objet d'un premier aménagement primitif. Toutefois, le projet d'exploitation piétine jusqu'à la prise en main du projet, vers 1933, par la Teck-Hugues Gold Mines Limited, une compagnie contrôlée par des intérêts américains qui est à la tête d'une grosse mine d'or à Kirkland Lake, en Ontario. Ravie des résultats de la prospection, la compagnie acquiert des terrains adjacents dans le but d'accroître ses réserves et de maintenir un haut niveau de production. Sous le nom de Lamaque Gold Mines Limited, elle entre dans sa phase d'extraction de minerai en 1934 et de production en avril 1935. L'arrivée d'un nombre croissant de mineurs provoque un mouvement d'urbanisation, qui se manifeste entre autre par la création du village minier de Bourlamaque. Le village sera entièrement situé à l'intérieur de la propriété de la mine, sur une portion du territoire organisée en municipalité en avril 1934. De 1935 à 1941, la minière dépensera 650 000 $ pour l'aménagement de Bourlamaque et la mise en place d'équipements collectifs.

Le site de l'ancienne mine Lamaque comprend sept bâtiments construits entre 1934 et 1938 (la sécherie, le laboratoire, les chevalements n°6 et n°7, la salle du treuil, la réserve à minerai, le bureau principal) ainsi qu'un garage contemporain, des vestiges de l'usine de traitement, du chevalement n°5 et du château d'eau en plus de la machinerie et des artéfacts divers. Ensemble, ces ressources constituent des témoins éloquents de l'époque de la ruée ver l'or dans la région, formant une empreinte industrielle forte dans le paysage. D'une superficie de 22 hectares, le village minier de Bourlamaque recèle encore les traces de son passé de ville fermée (ville de compagnie). Le village est composé de 82 bâtiments à vocation résidentielle. On y retrouve deux secteurs résidentiels reflétant la ségrégation des classes : le quartier ouvrier et le secteur de la direction. Le quartier ouvrier comprend 59 maisons unifamiliales (1934-1935) en billes de bois d'épinette alignées de façon ordonnée. Ces maisons forment un ensemble harmonieux en raison de l'uniformité de la construction, des matériaux et des volumétries. Ce quartier est complété, en 1938, par cinq maisons de pension destinées aux célibataires. Le secteur de la direction, aménagé de manière pittoresque et reflétant le statut de ses résidents comprend trois demeures à colombage construites entre 1936 et 1938 pour les visiteurs et dirigeants. En retrait, se trouve le dispensaire de la mine, construit en 1941. L'ancienne mine et le village constituent un exemple exceptionnel de paysage minier du XXe siècle au Canada.

L'église de la mission de Sainte-Croix-de-Tadoussac, Tadoussac (Québec)

L'église de la mission de Sainte-Croix-de-Tadoussac a été désignée lieu historique national pour des motifs d'ordre historique et architectural. Elle est le seul lieu de culte d'origine qui témoigne encore de l'activité missionnaire des Jésuites dans les régions reculées de la Nouvelle-France et du phénomène de l'adhésion des Innus (Montagnais) au christianisme. Par ses caractéristiques et ses techniques de construction, elle est un exemple exceptionnel des églises de mission héritées de la Nouvelle-France. Elle est aussi la plus ancienne église en bois du Québec et du Canada. Construite à l'époque où Tadoussac était un centre actif de la traite des fourrures, elle témoigne de la relation qui existait entre le commerce des fourrures, les missionnaires jésuites et les peuples autochtones. De plus, elle constitue un excellent exemple d'un poste de mission où sont venus s'établir au milieu du XIXe siècle les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée afin de continuer à servir les besoins religieux de la population autochtone.

L'église de la mission de Sainte-Croix-de-Tadoussac occupe un emplacement de choix, au confluent de la rivière Saguenay et du fleuve Saint-Laurent, devant la baie de Tadoussac sur la rive gauche du fleuve, à environ 200 kilomètres au nord-est de Québec. Ce petit lieu de culte, tout en bois, a été érigé de 1747 à 1750, par le charpentier Michel Lavoie, essentiellement grâce au support monétaire et matériel des intendants Hocquart et Bigot, des fonctionnaires de haut rang de la colonie française. L'église présente un volume rectangulaire coiffé d'un toit à deux versants et d'un petit clocher. Une sacristie a été greffée à l'arrière de l'église en 1853. Les chambranles des ouvertures des portes et des fenêtres sont peints en rouge, ce qui crée un agréable contraste avec la couleur blanche des murs. Le lambris original, de planches verticales, a été remplacé en 1866-1867 par des planches horizontales posées à clin, qui demeurent encore aujourd'hui l'une des caractéristiques extérieures de l'église. L'intérieur de l'église est caractérisé par sa simplicité. Il comprend une nef rectangulaire dotée d'une allée centrale et d'un chœur délimité par une balustrade. Une petite tribune, ou jubé, occupe l'arrière de la nef. Le principal ornement du chœur est un autel en tombeau (datant des années 1790-1840) qui est surmonté d'un tabernacle peint en blanc avec des rehauts d'or en feuille (1790). L'église a connu diverses modifications au fil du temps, mais conserve un haut niveau d'intégrité.

Tadoussac fut pour les Jésuites le pied-à-terre à partir duquel ils pouvaient rayonner sur l'ensemble des autres lieux de mission du Domaine du Roi (qui s'étendait des Éboulements jusqu'au cap des Cormorans, à l'est de Sept-Îles, incluant la rivière Moisie, et depuis le fleuve Saint-Laurent jusqu'à la ligne de partage des eaux avec la Baie James). La mission de Sainte-Croix fut d'abord mise sur pied en 1642 et la construction de la petite église en 1747-1750, à l'instigation du père Coquart, allait concrétiser cette approche. Cette église devenait un lieu de convergence pour les Innus mais aussi un pôle d'où partaient les missionnaires vers d'autres lieux de mission. Le successeur du père Coquart, le père de La Brosse, fit non seulement œuvre d'évangélisation auprès des Innus de 1766 à 1782, mais il les scolarisa. Deux plaques commémoratives ont été apposées au mur du chœur de l'église de mission pour souligner la mémoire de ces deux personnages associés au début de l'histoire de ce lieu de culte.

Marc-Aurèle Fortin (1888-1970)

Cet artiste talentueux a produit de remarquables paysages au style distinctif et tout à fait unique. Ses œuvres témoignent de façon vivante et colorée de son amour de la nature et de son profond attachement au patrimoine du Québec et à un mode de vie en voie de disparition. Par leurs couleurs vives, leurs formes expressives et leurs techniques picturales, ses tableaux des années 1920 à 1940 s'éloignent des représentations traditionnelles des paysages de la même période. Ceux-ci l'inscrivent dans la modernité de l'entre-deux-guerres au Québec et l'associent à un petit groupe de paysagistes canadiens de cette époque, dont l'œuvre révèle un style personnel et singulier. Il a aussi réalisé des scènes dans le port et les quartiers ouvriers de Montréal qui présentent la ville en voie de s'industrialiser, mais où la nature est toujours bien présente.

Marc-Aurèle Fortin est né le 14 mars 1888 à Sainte-Rose, un petit village situé au nord de Montréal. Tout en occupant différents emplois, il entreprend une formation artistique à Montréal. Il fréquente ensuite les ateliers du Chicago Art Institute et séjourne à Boston et à New-York. De retour au pays, il réalise à l'aquarelle des scènes de son village natal, du quartier Hochelaga et du port de Montréal, des sujets qui l'inspireront tout au long de sa vie. Il commence à peindre sérieusement et à exposer au cours des années 1920, et c'est vers 1923-1926 qu'il entreprend ses paysages caractérisés par de grands arbres majestueux et des ciels nuageux, pour lesquels il est si reconnu. C'est aussi à cette époque qu'il réalise des scènes urbaines représentant le port et des quartiers ouvriers de Montréal. Il séjourne pendant un an en France en 1934-1935. À son retour à Sainte-Rose, il expérimente avec la « manière noire » où le fond du tableau, peint en noir, permet de faire ressortir la brillance des couleurs. Il poursuit avec une « manière grise », qui lui permet de mettre en valeur la luminosité des ciels. Au cours des années 1930-1940, il se rend durant l'été dans les régions de Québec et de l'île d'Orléans, de Baie-Saint-Paul, du Saguenay et de la Gaspésie, d'où il ramène des scènes inspirées par les petits villages paisibles et les bords du fleuve. Dans les années 1950, il découvre la caséine (une gouache à base de lait), qui lui permet de créer de nouveaux effets, surtout pour la représentation des ciels. Il doit cesser ses activités au milieu des années 1950 pour des raisons de santé. Il recommence à peindre quelques années plus tard, mais il ne peut plus se déplacer. Il finit ses jours dans un sanatorium à Macamic en Abitibi où il décède le 2 mars 1970.

Le plus souvent possible, Fortin a travaillé à l'extérieur sur le motif, réalisant ensuite le tableau en atelier, peu de temps après ou parfois quelques années plus tard. Plus de la moitié de ses tableaux sont produits en atelier, mais sa manière de peindre donne l'impression qu'ils ont été réalisés sur place. Il fait souvent plusieurs variantes d'un même sujet. Fortin aurait produit de 7 000 à 8 000 œuvres au cours de sa prolifique carrière. Fortin a participé à de nombreuses expositions nationales et internationales. Il a aussi été membre de l'Académie royale des arts du Canada (de 1942 à 1955). Ses œuvres se retrouvent dans plusieurs collections privées et dans de grandes institutions publiques.

Le mouvement coopératif inuit au Canada

Par ses principes démocratiques et égalitaires, ce mouvement coopératif a permis aux Inuits et à leurs communautés de participer véritablement à la gestion de leur économie locale. La création de ce mouvement a constitué un pas important vers l'autonomie gouvernementale dans le Nord. En effet, ce mouvement a permis aux membres de collectivités d'acquérir de nouvelles compétences et d'établir de nouvelles relations grâce à la formation et à l'éducation, et sa réussite globale a contribué à l'amélioration du bien-être économique et social des collectivités inuites de même qu'à l'enrichissement des compétences des Inuits sur le plan politique. En permettant aux Inuits de mieux gérer la production et l'établissement des prix, le mouvement coopératif a favorisé la reconnaissance nationale et internationale ainsi que le succès commercial de l'art inuit.

La première coopérative voit le jour en 1959 à Kangiqsualujjuaq (George River) au Nunavik (dans le Nord du Québec). Il s'agit d'une coopérative de pêche et de sciage. En 1963, dans le Nord, on compte 16 coopératives, dont fait partie une famille inuite sur cinq. En 1967, la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ) est fondée. En 1972, les membres de coopératives des Territoires du Nord-Ouest fondent la Canadian Arctic Co-operatives Federation Limited, aujourd'hui connue sous le nom d'Arctic Co-operatives Limited. Le mouvement coopératif prend de l'expansion dans le Nord et s'étend même dans quelques collectivités dénées et cries. Ces coopératives sont fondées sur les principes du contrôle démocratique et de la responsabilité communautaire de même que sur un système de valeurs axées sur la coopération. Pour les Inuits, elles représentent la promesse d'une plus grande maîtrise de leur destinée économique et sociale. De plus, ces coopératives favorisent l'adoption de pratiques commerciales axées sur l'identité ethnique et le partage, le tout en harmonie avec d'anciennes traditions.

En 1963, époque à laquelle les coopératives n'en sont qu'à leurs débuts, le volume des ventes brut est estimé à seulement 360 000 $. Ce volume passe ensuite à une impressionnante somme de 27 millions de dollars en 1980, puis, en 2006, on estime les revenus à 136,4 millions de dollars. Les coopératives emploient les habitants des communautés locales, injectent de l'argent dans les infrastructures des collectivités et deviennent des entreprises polyvalentes apportant une contribution à la croissance ainsi qu'à la santé financière et culturelle des villages.

La Corporation canadienne de l'artisanat, fondée en 1906 à Montréal, est la première organisation à commercialiser l'art inuit dans le Sud du pays. Après avoir établi un partenariat avec la Compagnie de la Baie d'Hudson, la Corporation connaît un grand succès dans la commercialisation de l'art inuit, presque sans aucune aide gouvernementale. Plus tard, l'Arctic Co-operatives Limited et la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ) assurent la gestion de la commercialisation de l'art inuit. C'est notamment grâce à ces organisations que l'expression « art inuit » est aujourd'hui synonyme d'« art canadien » sur la scène internationale.

Aujourd'hui, on compte dans le Nord canadien 46 coopératives, qui regroupent environ 18 000 membres.

Arrondissement d'Arvida (Québec)

Situé dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean à quelque 250 km au nord de la ville de Québec, l'arrondissement historique d'Arvida a été conçu en 1925 et réalisé en trois phases échelonnées jusqu'en 1950. Il constitue une excellente synthèse des concepts urbanistiques de l'époque, tels les mouvements City Beautiful et cité-jardin. Exemple très bien conservé de ville mono-industrielle canadienne, il s'agit d'un projet singulier de logement ouvrier de qualité où l'édification rapide du paysage urbain s'est faite au moyen d'une grande variété de modèles de résidences. Associée au premier complexe aluminier au Canada, l'expansion d'Arvida témoigne de plus de l'essor et du développement liés à l'industrie de l'aluminium au pays.

La ville d'Arvida, dont le nom est l'acronyme formé à partir des premières lettres du nom de son fondateur, Arthur Vining Davis (1867-1962), président de la compagnie Alcoa, est fondée à la suite de l'implantation, en 1924, d'une usine d'aluminium. Par l'entremise de sa filiale Arvida Works, la compagnie est responsable de l'aménagement du territoire selon un plan conçu en 1926 par Harry B. Brainerd et Hjalmar Ejnar Skougor. Les 270 résidences de la phase originale sont construites en seulement 135 jours, ce qui vaut à la ville d'Arvida le surnom de « ville construite en 135 jours ». Après des débuts prospères, l'usine vit un ralentissement marqué au début des années 1930. La Seconde Guerre mondiale assure toutefois une reprise importante de la production d'aluminium et amène une expansion considérable de la ville d'Arvida. La deuxième phase de construction s'amorce dès 1936, notamment par l'édification des maisons dont les plans sont signés par l'architecte Ernest Isbel Barott et la construction, en 1939, du Saguenay Inn. L'expansion de la ville, gérée depuis sa fondation par la compagnie, sera, à partir de 1942, sous la supervision d'une commission d'urbanisme. Cette période coïncide avec la troisième phase de construction d'Arvida au cours de laquelle des maisons sont érigées selon les plans des architectes Fetherstonhaugh and Durnford et de R.H. Wiggs en 1944.

Au Canada, c'est par le biais d'urbanistes ou d'architectes paysagistes américains que plusieurs mouvements de réforme urbanistique nés en Europe au cours du XIXe siècle seront introduits, dont notamment les mouvements City Beautiful et cité-jardin. L'organisation cohérente du plan d'origine d'Arvida, l'utilisation de lignes courbes et de lignes droites et la présence de larges boulevards bordés d'immeubles qui convergent vers une place publique sont des manifestations tangibles du mouvement City Beautiful. Par ailleurs, la séparation fonctionnelle des diverses zones d'Arvida, la présence d'une ceinture verte et de voies de circulation hiérarchisées ainsi que le tracé organique épousant la topographie du sol sont issus de l'influence du mouvement cité-jardin. Arvida fut également le théâtre d'une manifestation très importante de l'architecture dite « régionaliste », popularisée au Québec au cours des années 1930 et 1940 et inspirée de l'architecture canadienne-française.

Le site est particulièrement évocateur de l'essor et du développement liés à l'industrie de l'aluminium au pays. Arvida devient le premier complexe aluminier au Canada, et, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le centre de production d'aluminium le plus important du monde occidental. Parce que les installations industrielles d'Arvida plaçaient la compagnie au premier rang mondial de l'industrie, la ville se devait d'être à la hauteur des aspirations de la compagnie. Ce souci d'excellence se reflétait donc par un environnement bâti de haute qualité et un plan d'urbanisme étoffé et particulièrement réussi, réalisés par des concepteurs de renom.

Renseignements

  • Adam Sweet
    Attaché de presse
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