Parcs Canada



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22 nov. 2012 09h30 HE

Le gouvernement Harper désigne deux chefs autochtones reconnus de la Colombie-Britannique à titre de personnages d'importance historique nationale

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 22 nov. 2012) - Au nom de l'honorable Peter Kent, ministre canadien de l'Environnement et ministre responsable de Parcs Canada, Cathy McLeod, députée de Kamloops-Thompson-Cariboo, a reconnu aujourd'hui Jean-Baptiste Lolo et Andrew Paull pour leur importante contribution à l'histoire canadienne.

« En raison de l'importante contribution de Jean-Baptiste Lolo au développement de la traite des fourrures dans l'Ouest canadien au début du XIXe siècle, son importance nationale est en voie d'être reconnue pour les générations futures, a déclaré Mme McLeod. Andrew Paull a joué un rôle de premier plan dans la défense et la promotion des droits des Autochtones au Canada. Ces deux hommes représentent des ajouts de marque à la liste des personnages d'importance nationale de la Colombie-Britannique. »

Jean-Baptiste Lolo (1798-1868) était un négociant en fourrures de la Compagnie de la Baie d'Hudson et un guide originaire du centre de la Colombie-Britannique. Cette région de la Colombie-Britannique n'était pas très populaire auprès des employés de la Compagnie de la Baie d'Hudson et les démissions étaient monnaie courante. La contribution de Jean-Baptiste Lolo est d'autant plus importante qu'il a légué sa grande propriété à la réserve de Kamloops à son décès, ce qui a aidé les Autochtones à s'adapter à l'agriculture et à d'autres activités commerciales.

Quant à lui, Andrew Paull (1892-1959) était un chef de la Nation Squamish qui a consacré la plus grande partie de sa vie à la défense et à la promotion de la cause de son peuple. Grâce à ses efforts révolutionnaires, il a su créer les conditions favorables à la réussite des organismes de défense des droits des Autochtones en convainquant les gouvernements de consulter ces organismes sur les questions ayant une incidence directe sur la vie des Autochtones.

« Les désignations historiques nationales d'Andrew Paull et de Jean-Baptiste Lolo aideront les générations futures à comprendre les récits variés et complexes des premiers peuples du Canada », a souligné le ministre Kent.

Ces nouvelles désignations seront ajoutées au réseau de lieux, de personnages et d'événements d'importance historique nationale du Canada, selon la recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Créée en 1919 et appuyée par l'Agence Parcs Canada, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le ministre de l'Environnement quant à l'importance historique nationale des lieux, des personnages et des événements qui ont marqué l'histoire du Canada. Au nom de la population canadienne, Parcs Canada gère un réseau pancanadien qui met en valeur la richesse du patrimoine historique du Canada et offre au public des occasions de faire des découvertes authentiques et inspirantes.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le document d'information connexe à l'adresse www.parcscanada.gc.ca, sous Salle des médias.

FICHE D'INFORMATION

Désignations de personnages d'importance historique nationale en Colombie-Britannique

Jean-Baptiste Lolo (1798-1868)

On constate à maintes reprises, en lisant les journaux de la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH), que le succès du commerce des fourrures dans la région de l'intérieur de la Colombie-Britannique reposait sur des personnes qui connaissent bien l'arrière-pays, qui parlaient les nombreuses langues locales et qui avaient des liens de parenté avec les Premières nations de la région. Exemple particulièrement bien documenté d'un tel intermédiaire, Jean-Baptiste Lolo, qui était surnommé entre autres Saint Paul et Chef Saint Paul, acquis pendant sa vie une notoriété qui a perduré longtemps après sa mort. Il se considérait comme « un Canadien », mais a été associé dès sa jeunesse aux Secwepemc1. Selon certains récits, il aurait également eu du sang iroquois. En 1810-1811, David Thompson de la Compagnie du Nord-Ouest (CNO) consigne dans ses registres la présence d'un jeune chasseur appelé Lolo. Celui-ci apparaît également dans les plus anciens documents de la CBH, suivant son rachat de la CNO en 1821.

Lolo travaille principalement au poste de la rivière Thompson (devenu plus tard le fort Kamloops). En 1832, Samuel Black, le facteur en chef du district du Columbia, admet que les activités de la CBH seraient beaucoup moins florissantes sans Lolo. La région de l'intérieur n'est pas un lieu de travail prisé parmi les employés de la Compagnie, et les désertions sont fréquentes. La loyauté de Lolo est donc doublement appréciée. En tant qu'intermédiaire du poste de traite, il est responsable des activités commerciales et des affaires du poste. Ses fonctions consistent à guider dans les montagnes les longues caravanes de marchandises et à organiser avec les groupes autochtones locaux l'approvisionnement en vivres des postes du district. Il agit également comme médiateur pour le compte des postes, réglant divers conflits qui auraient pu avoir des conséquences graves.

Deux des réalisations de Lolo visaient à combler les besoins permanents des peuples de la rivière Thompson et ont contribué à assurer leur avenir. En 1862, quelques années avant sa mort, Lolo met à profit son influence et ses relations pour veiller à ce que sa vaste propriété ne soit pas retournée à la CBH après son décès, mais qu'elle soit cédée aux Secwepemc et intégrée à la réserve de Kamloops. Lolo a également démarré plusieurs entreprises commerciales et agricoles à une époque de profonds changements, où le mode de vie traditionnel des peuples autochtones était menacé par la perte de leurs terres et l'épuisement des ressources, et où peu d'entre eux arrivaient à survivre sans être dépendants de la CBH. Par ses efforts, Lolo a offert aux habitants de la région des emplois et de nouvelles façons d'assurer leur subsistance.

Respecté des Européens et des Premières nations, Lolo a acquis une renommée et une réputation remarquables, comme en témoignent les divers éléments topographiques qui portent son nom dans le secteur de Kamloops, notamment le mont St. Paul, le mont Lolo, le lac Lolo, le ruisseau Lolo, le lac Paul et le ruisseau Paul.

Andrew Paull (1892-1959)

Pionnier du mouvement pour la reconnaissance des droits des Autochtones au Canada, ce leader squamish de la Colombie-Britannique a consacré presque toute sa vie à la protection et à l'avancement des intérêts de son peuple. Ayant débuté comme travailleur communautaire dans sa réserve, Paull est devenu un militant et un organisateur politique extrêmement influent à l'échelle provinciale et nationale. Il a travaillé pour un cabinet d'avocats de Vancouver entre 1907 et 1911, emploi qui lui a permis d'acquérir des connaissances précieuses sur la jurisprudence en matière de revendications territoriales et, plus tard, de discuter avec aisance de documents juridiques complexes dans les forums gouvernementaux. Au premier rang de ses intérêts figurait la résolution de problèmes concernant les titres ancestraux non éteints et la taille des réserves en Colombie-Britannique, problèmes attribuables à la quasi-absence de traités dans cette province.

Surmontant les grandes différences géographiques et culturelles, Paull a réuni divers groupes d'Autochtones du Canada pour faire valoir collectivement leurs intérêts et défendre leurs droits sur la scène nationale. Son intervention dans le cadre des audiences des commissions parlementaires spéciales sur la question des terres en 1926, 1946 et 1947 a été déterminante, car elle a permis d'exprimer clairement au gouvernement fédéral les préoccupations des Autochtones relatives à leurs droits.

En 1944, Paull a fondé la North American Indian Brotherhood, une des premières organisations nationales de défense des droits des Autochtones au Canada à avoir eu du succès, au sein de laquelle il joue un rôle de premier plan. En 1951, après des décennies de militantisme, il a pris part aux discussions qui ont conduit aux premières modifications majeures à la Loi sur les Indiens. Ainsi, certains des pouvoirs arbitraires du ministre des Affaires indiennes ont été révoqués, allouant une plus grande autonomie aux conseils de bande. Par la même occasion, la loi empêchant les Autochtones d'amasser des fonds pour défendre leurs droits a été abrogée.

Les efforts novateurs d'Andrew Paull sont à la base du succès des organisations de défense des droits des Autochtones qui ont vu le jour par la suite au Canada. En effet, il a réussi à persuader les gouvernements de consulter systématiquement ces organisations sur les questions ayant une incidence sur la vie des Autochtones.

1 Les Lillooet, les Shuswap (Secwepemc), les Thompson (Nlaka'pamux) et les Okanagan sont les quatre groupes autochtones qui habitent l'intérieur de la Colombie-Britannique (bien que le territoire traditionnel des Okanagan s'étende jusque dans l'État de Washington). Ils parlent des langues salish de l'intérieur appartenant à la grande famille des langues salish. Voir également le site http://www.firstnations.de/development.htm?06-3-secwepemc.htm, consulté en août 2008.

Renseignements

  • Adam Sweet
    Attaché de presse
    Cabinet du ministre de l'Environnement
    819-997-1441

    Relations avec les médias
    Parcs Canada
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