TUAC Canada

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03 févr. 2012 13h31 HE

Le Mexique échappe aux audiences de la Commission des relations de travail de la C.-B. relativement à des accusations d'exclusion

Néanmoins, la complicité du personnel consulaire avec les employeurs agricoles dans "l'exclusion" des travailleurs migrants demeurera le sujet d'audiences à venir

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 3 fév. 2012) - La Commission des relations de travail de la Colombie-Britannique (CRTCB) a statué que le gouvernement du Mexique bénéficiait de l'« immunité des États » et qu'il ne serait pas partie aux accusations selon lesquelles son personnel consulaire de Vancouver a agi de connivence avec les employeurs agricoles pour exclure les citoyens mexicains qu'ils soupçonnent d'être des partisans syndicaux afin de les empêcher de revenir au Canada en tant que travailleurs agricoles migrants.

Les accusations ont été déposées par la section locale 1518 des TUAC Canada - le syndicat qui représente les travailleurs agricoles migrants saisonniers chez Floralia Plant Growers et à la pépinière Sidhu & Sons dans la vallée du bas Fraser. Tout comme le Mexique et son personnel consulaire, Sidhu et Floralia sont visées par les plaintes de pratiques de travail déloyales que soutiennent des documents du gouvernement du Mexique communiqués clandestinement et qui attirent l'attention sur les activités d'exclusion.

Dans la décision qu'elle a rendue mercredi, la CRTCB a confirmé que le Mexique bénéficiait de l'immunité des États et qu'il était par conséquent à l'abri des plaintes de pratiques de travail déloyales déposées contre lui. Cependant, les audiences sur les accusations portées contre Sidhu & Sons et contre Floralia auront lieu, et la décision de la Commission a reconnu que les actes du Mexique étaient pertinents et importants parce qu'ils fournissent de l'information sur les accusations portées contre les deux employeurs agricoles et qu'ils les mettent en contexte.

« Nous avons toujours été d'avis que le Mexique n'est pas à l'abri des conséquences d'actes illégaux qu'il commet et qui portent atteinte aux droits de ses citoyens qui travaillent au Canada », de dire Wayne Hanley, président national des TUAC Canada. « La décision d'aujourd'hui dit essentiellement que les représentants mexicains au Canada sont libres de violer les droits établis et convenus des travailleurs au Canada de se syndiquer et de travailler collectivement dans le but d'améliorer leur vie et leur emploi pendant leur séjour au pays. »

« Voilà pourquoi, nous nous préoccupons des conséquences d'une telle décision pour les travailleurs agricoles migrants, et nous l'étudierons à fond avant de déterminer les étapes que nous entreprendrons par la suite », a ajouté le président Hanley.

« Il est inquiétant que cette décision permette au gouvernement du Mexique de se réfugier derrière des allégations d'immunité et d'éviter des accusations très sérieuses qui frappent au cœur des droits fondamentaux du travail et des droits de la personne que les lois canadiennes protègent », fait remarquer Ivan Limpright, président de la section locale 1518 des TUAC Canada, qui représente les travailleurs agricoles migrants chez Sidhu et Floralia.

« Malgré notre déception et notre inquiétude au sujet de la décision d'aujourd'hui », indique Ivan Limpright, « nous sommes heureux de constater que la Commission est prête à examiner les allégations de complicité du gouvernement du Mexique avec les deux employeurs agricoles concernant l'exclusion des travailleurs agricoles migrants, et du fait que la présente cause fera partie des plaintes présentées devant la Commission. »

« Les travailleurs agricoles migrants comptent parmi les travailleurs les plus vulnérables et les plus exploités au Canada, et nous continueront de lutter pour faire reconnaître et respecter leurs droits fondamentaux de la personne. »

Les TUAC Canada constituent le plus important syndicat du secteur privé du pays et ils représentent des travailleurs agricoles à divers établissements en C.-B. et au Québec. Les TUAC Canada, en collaboration avec l'Alliance des travailleurs agricoles (ATA) gèrent également trois centres de soutien pour travailleurs agricoles en C.-B. et sept autres répartis dans les diverses régions du pays.

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