Place Grande-Ligne

Place Grande-Ligne

03 oct. 2016 10h11 HE

Le parcours d'interprétation "Place Grande-Ligne" a été inauguré samedi 1er octobre à Saint-Blaise-sur-Richelieu

SAINT-BLAISE-SUR-RICHELIEU, QUÉBEC--(Marketwired - 3 oct. 2016) - C'est dans le contexte des Journées de la Culture 2016 que le Comité Héritage Feller a inauguré le parcours d'interprétation « Place Grande-Ligne », samedi 1er octobre, en présence de Monsieur Jean Rioux, député de Saint-Jean à la Chambre des Communes, de Monsieur Dave Turcotte, député de Saint-Jean à l'Assemblée nationale, de Monsieur Réal Ryan, préfet suppléant de la MRC du Haut-Richelieu et maire de Noyan, et de Monsieur jacques Desmarais, maire de Saint-Blaise-sur-Richelieu. Le collège militaire royal de Saint-Jean était également représenté.

L'installation récréotouristique met en valeur deux éléments d'intérêt : d'abord, le parcours intrigant d'une communauté francophone mais non catholique qui se développe dès le 19e siècle à la Grande-Ligne, et ensuite l'établissement, par l'Armée canadienne, d'un camp d'internement pour prisonniers de guerre allemands, en 1943, au cœur même de cette communauté.

C'est en effet à la Grande Ligne que deux missionnaires suisses, Henriette Feller et Louis Roussy, démarrèrent en 1836 une œuvre protestante francophone. La petite école, d'abord logée dans le grenier de la maison de Lévesque, deviendra l'Institut Feller, le premier et le plus important collège franco-protestant au pays, faisant de cette région le berceau du protestantisme francophone au Canada. À une époque où langue, religion et identité sont « tricotées serrées », la communauté franco-protestante.

En 1943, le collège est réquisitionné par l'Armée canadienne et transformé en camp d'internement pour prisonniers de guerre allemands capturés en Europe ou sur l'Atlantique. Plus d'un millier de prisonniers y séjourneront - jusqu'à 725 à la fois. Parmi eux se trouvent des sous-mariniers, membres d'équipages de U-Boats, simples soldats d'un pays ennemi, mais aussi des officiers de haut rang, nazis convaincus, tacticiens d'expérience, auteurs de complots et de tentatives d'évasion.

À partir d'octobre 2016, le public peut donc visiter Place Grande-Ligne. Le parcours d'interprétation, avec ses cinquante panneaux, son aire d'accueil et son aménagement extérieur de la maison Lévesque, au 1247, rue Principale à Saint-Blaise-sur-Richelieu. On y retrouve des photos d'archives de l'Institut Feller et du Camp 44, des témoignages, des récits et des textes explicatifs.

Déjà, la Place Feller, devant l'église Roussy-Memorial, offre depuis 2014 un jeu géant de type « serpents et échelles », en 3D, dont chaque case permet de mieux comprendre la présence de la communauté protestante francophone dans la région et dans l'histoire du Québec.

Le site patrimoinefeller.com renseigne sur la Place Feller et la Place Grande-Ligne.

Le projet est sous la direction de Marie-Claude Rocher, ethnologue, en collaboration avec Vincent Auzas, chercheur associé au CELAT à l'Université Laval et à l'IHTP-CNRS à Paris, et a compté sur les apports précieux de Béatrice Richard et Florent Tremblay, du Collège militaire royal de Saint-Jean, ainsi que de nombreux intervenants de terrain, témoins, porteurs de mémoire et détenteurs d'archives privées.

Une collaboration de la Municipalité de Saint-Blaise-sur-Richelieu et de l'Union d'Églises baptistes francophones au Canada, Place Grande-Ligne est réalisée grâce au Fonds communautaire de commémoration des guerres mondiales de Patrimoine canadien et au soutien financier de Monsieur Dave Turcotte, député de Saint-Jean à l'Assemblée Nationale. Place Grande-Ligne a également bénéficié d'un apport financier dans le cadre de l'Entente tripartite de développement culturel conclue entre le ministère de la Culture et des Communications, la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu et la MRC du Haut-Richelieu, ainsi que d'un partenariat avec le Collège militaire royal Saint-Jean, et de la collaboration d'entreprises commanditaires.

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