Restaurant Ben's

15 déc. 2006 10h47 HE

Le restaurant Ben's ferme ses portes

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 15 déc. 2006) - Le restaurant Ben's, une institution au coeur de Montréal depuis 98 ans, ferme ses portes. La famille Kravitz, propriétaire de cette charcuterie, tient cependant à informer la population qu'elle a conclu une entente avec un musée de Montréal visant à préserver les souvenirs qui arborent les murs de sa charcuterie et que le public partage avec trois générations de Kravitz.

"Tous ceux qui ont fait le 20e siècle dans cette ville ont tôt ou tard franchi les portes de notre restaurant. Nous nous en sentons privilégiés. En reconnaissance, nous avons une entente de principe avec une institution reconnue pour préserver ce legs, qui constitue une part essentielle du patrimoine urbain québécois moderne," ont-ils déclaré.

L'essentiel de l'entente sera rendu public en début de la nouvelle année, sitôt que les derniers détails auront été réglés.

Incompatibilité entre les conventions et l'addition

Les employés de Ben's sont en grève depuis le 20 juillet. La fermeture est annoncée à ce moment-ci conformément à un engagement pris auprès du conciliateur gouvernemental, Denis Giasson. Au cours d'une rencontre qui a eu lieu le 22 novembre dernier, les propriétaires s'étaient engagés à annoncer leurs projets d'avenir d'ici Noël. En début de semaine prochaine, les conseillers juridiques des propriétaires informeront donc les autorités du fait que ceux-ci ne comptent définitivement plus opérer le restaurant qui restera donc fermé.

Après s'être pliés aux demandes des employés au cours de trois conventions collectives successives, les propriétaires en sont venus à la conclusion qu'un comptoir-lunch indépendant ne peut être rentable dans l'environnement économique d'un personnel syndiqué. Depuis que leurs employés ont joint la CSN, en 1995, les propriétaires de Ben's tentent en vain de conjuguer les impératifs des tables de négociation avec l'incompressibilité des autres coûts d'exploitation, tout en présentant à leurs clients une addition raisonnable pour un menu de restauration rapide. Le faible bénéfice qui s'en dégage ne permet plus de continuer.

La longévité du personnel atteste de son bon traitement

Mme Jean Kravitz qui, à 83 ans est toujours propriétaire-dirigeante, dit n'entretenir aucune amertume envers ses anciens employés. Elle dit que les relations employés-dirigeants ont toujours été empreintes de respect. D'ailleurs, même pendant la grève, certains lui ont envoyé des voeux de prompt rétablissement lorsqu'elle s'est blessé à la suite d'une mauvaise chute. Elle est en convalescence depuis trois mois et on s'attend à ce qu'elle se rétablisse complètement.

La famille insiste sur le fait qu'elle a toujours négocié de bonne foi. Son silence dans les médias au cours des derniers mois s'explique simplement par le fait de croire qu'on ne devrait pas éventer ses conflits en public à moins que cela puisse servir à les atténuer.

Les Kravitz sont peinées de la façon dont ils ont été dépeints dans certains médias. Ils croient que la longévité des employés devrait attester à elle seule de la qualité du traitement dont ils ont bénéficié au fil des ans.

Produits toujours disponibles, mais chez d'autres détaillants

Par ailleurs, la famille Kravitz tient à rassurer ses loyaux clients que ses produits restent disponibles chez d'autres détaillants.

Rappelons que le restaurant Ben's a été fondé par Ben Kravitz, qui a débarqué de la Latvie avec à peine son linge sur le dos. Il voulait faire connaître aux gens les mets de son pays - bouf mariné et fumé, cornichons dans le vinaigre et chou fermenté - et a donc popularisé ses recettes familiales. Sa petite entreprise s'est développée autour du même quadrilatère du centre-ville, d'abord sous sa direction et celle de son épouse, Fanny, puis sous celle de ses trois fils, Irving, Al et Sollie, que plusieurs générations de Montréalais ont bien connu.

Renseignements

  • Bernard Voyer
    Ami de la famille
    Cellulaire : 514-995-5271