Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)

Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)

11 juin 2014 10h47 HE

Le SCFP réclame une rencontre avec Lisa Raitt pour discuter de la sécurité des passagers

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 11 juin 2014) - Le ratio d'un agent de bord pour 50 sièges passagers proposé par Transports Canada augmentera les risques pour la sécurité des passagers en situation d'urgence. C'est ce que la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, doit entendre en personne du syndicat qui représente plus de 10 000 agents de bord canadiens. Les agents de bord ont à cœur la sécurité de leurs passagers et sont préoccupés par les changements réglementaires proposés, a déclaré le président national du SCFP, Paul Moist, dans une lettre qu'il a fait parvenir à la ministre Raitt.

« Nous réitérons, le plus vigoureusement possible, notre opposition aux amendements proposés. Toute diminution du nombre d'agents de bord pose une grave question de sécurité publique. Madame la ministre, pour justifier la modification du ratio, vous avez souvent parlé d'harmonisation avec les ratios américains et européens. Or, vous omettez d'expliquer que, contrairement à ces territoires, les changements proposés permettront aux compagnies aériennes d'utiliser les deux ratios. Cette disposition n'a jamais été testée et serait unique dans le monde, ce qui soulève de sérieuses craintes en matière de sécurité », a écrit M. Moist.

« Nous vous prions de nous accorder un entretien dès que votre horaire le permettra.Il serait bien peu raisonnable de considérer que le SCFP, le plus grand syndicat représentant des agents de bord et qui possède une vaste expérience historique et technique en matière d'aviation civile, ne mérite pas votre attention immédiate », a ajouté M. Moist.

Pour favoriser les profits des compagnies aériennes, Transports Canada est déterminé à faire adopter les modifications réglementaires de force qui feront passer le ration d'un agent de bord pour 40 passagers à un agent de bord pour 50 sièges passagers, et ce, après une seule journée de consultation tenue le 22 mai 2014. Cela ne suffit pas. Le SCFP exige du Comité permanent des Transports, de l'Infrastructure et des Communautés qu'il lance une enquête publique sur les changements réglementaires proposés qui mettront la sécurité des passagers en danger en laissant des sorties de secours sans surveillance.

Le SCFP représente plus de 10 000 agents de bord à l'emploi d'Air Canada, Air Transat, Calm Air, Canadian North, Canjet, Cathay Pacific, First Air et Sunwing.

Vous trouverez ci-joint un exemplaire de la lettre que la président national du SCFP, Paul Moist, a fait parvenir à Lisa Raitt, ministre fédérale des Transports.

Madame la ministre,

Je vous écris à titre de président du Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente plus de 627 000 travailleurs canadiens, dont l'unité d'accréditation des quelque 10 000 agents de bord employés par Air Canada, Air Transat, Calm Air, Canadian North, Canjet, Cathay Pacific, First Air et Sunwing.

Nous nous opposons toujours au changement proposé qui aura pour effet de réduire le ratio agent de bord-passagers proposé par le CCRAC le 22 mai 2014. En fait, voir passer ce ratio de 1:40 à 1:50 nous inquiète beaucoup.

Nous défendons la position historique du Comité permanent sur les transports de la Chambre des communes, selon laquelle tout changement à ce ratio doit faire l'objet d'une surveillance de haut niveau et donner lieu à une étude parlementaire. Nous sommes particulièrement préoccupés par toutes les cachotteries et les manœuvres d'occultation de l'information déployée par Transports Canada dans ce dossier. Je parle tout particulièrement d'une évaluation de risque de 2003 qui, à notre avis, n'était ni ouverte, ni transparente, ni participative.

Les ministres des Transports et les députés qui se sont succédé depuis 2001 ont refusé de modifier le ratio. Qui plus est, les députés, tous partis confondus, qui ont siégé au Comité permanent sur les transports ont remis en question, encore et encore, les motivations de Transports Canada à vouloir changer la règle du 1:40. Ils ont même demandé au ministère de s'engager à aviser et à consulter le comité avant de modifier cette règle. Or, malgré une telle opposition, Transports Canada semble résolu à faire passer cette modification de force, après une seule journée de consultation, menée le 22 mai 2014 par le Conseil consultatif sur la réglementation aérienne canadienne (CCRAC).

Le 22 mai 2014, plus d'une centaine d'agents de bord affiliés au SCFP ont soulevé d'importantes réserves et questions de procédure concernant la démarche de consultation et les modifications proposées. Un nombre encore plus grand d'agents qui travaillaient au moment de la séance de consultation nous ont transmis leurs commentaires et leurs préoccupations.

Le 22 mai, partout au Canada, les agents de bord et leurs alliés communautaires ont pressé Transports Canada de tenir d'autres consultations avant de prendre une décision qui aura un grave impact sur la sécurité publique. De plus, deux membres du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités (dont son vice-président Hoang Mai) ont soulevé de graves questions sur les amendements proposés et le fait qu'ils ne seront pas soumis à l'examen des parlementaires. Ces deux membres du comité ont même exprimé leur désarroi de ne pas avoir été directement avisé de la tenue de cette consultation. Ils l'ont appris par des agents de bord.

Madame la Ministre, nous réitérons, le plus vigoureusement possible, notre opposition aux amendements proposés. Toute diminution du nombre d'agents de bord pose une grave question de sécurité publique. D'ailleurs, la réaction médiatique à nos commentaires et nos préoccupations démontre à quel point ces changements sont d'intérêt public. Les agents de bord sont essentiels à la sécurité de tous les passagers et particulièrement des passagers plus vulnérables (comme les personnes âgées et les handicapés), les mineurs sans accompagnateur, les groupes scolaires et tout passager qui requiert une attention accrue en cas d'urgence. Par exemple, on reconnaît largement que le ratio agents de bord-passagers a été décisif dans la réussite de l'évacuation du vol 358 d'Air France en 2005. Le 22 mai, des représentants de ces groupes de voyageurs ont fait part de leurs préoccupations. Nous continuerons de collaborer avec eux afin de soumettre ces questions de sécurité aux Canadiens, d'une manière ouverte et transparente.

Nous ne voulons pas qu'un autre incident à la Air France vienne nous donner raison. Nous croyons que la seule motivation derrière ces changements consiste à permettre aux transporteurs aériens de réduire leurs coûts de main-d'œuvre, eux qui voient leurs profits menacés après des décennies de déréglementation et de concurrence interne. On ne doit jamais faire passer les profits avant la sécurité publique, comme l'a si bien démontré la récente tragédie de Lac-Mégantic.

Madame la ministre, pour justifier la modification du ratio, vous avez souvent parlé d'harmonisation avec les ratios américains et européens. Or, vous omettez d'expliquer que, contrairement à ces territoires, les changements proposés permettront aux compagnies aériennes d'utiliser les deux ratios. Cette disposition n'a jamais été testée et est unique dans le monde, ce qui soulève de sérieuses craintes en matière de sécurité.

Pour cette raison et beaucoup d'autres, nous vous prions de nous accorder un entretien dès que votre horaire le permettra. Même si le CCRAC est en lui-même l'organe consultatif mis sur pied pour évaluer les points de vue de la population, il serait bien peu raisonnable de considérer que le SCFP, le plus grand syndicat représentant des agents de bord et qui possède une vaste expérience historique et technique en matière d'aviation civile, ne mérite pas votre attention immédiate.

J'attends avec impatience une réponse de votre part dans ce dossier pressant.

PAUL MOIST, président national

Renseignements