Agriculture et Agroalimentaire Canada

Agriculture et Agroalimentaire Canada

17 avr. 2008 13h02 HE

Les agriculteurs peuvent désormais cesser de voir les pierres des champs comme des cailloux dans l'engrenage

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 17 avril 2008) - Les pierres qui se cachent dans les champs de pommes de terre font partie du quotidien des cultivateurs de pommes de terre dans une bonne partie du Canada atlantique. Du simple gravier aux grosses roches, on en trouve de toutes les formes et de toutes les tailles. Ces grosses pierres enfouies dans le sol peuvent causer l'usure excessive et parfois le bris des équipements utilisés pour la cueillette mécanique des pommes de terre, entraînant des pertes de temps en délais de réparation et abîmant les tubercules.

Dans certaines régions, le problème est sérieux au point que l'on a recours à des récolteuses à succion spéciales pour séparer mécaniquement les pommes de terre des pierres durant la cueillette.

Il faut cependant se rappeler que ces pierres jouent un rôle important dans la prévention de l'érosion et qu'elles aident les plantes à croître en aérant la terre et en retenant la chaleur et l'humidité dans le sol.

Des chercheurs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Fredericton ont trouvé une solution qui permettra aux agriculteurs de faire d'une pierre deux coups avec ces indésirables. Des études ont en effet démontré que l'ajout d'un concasseur de roches à l'arrière d'une arracheuse permet de broyer les pierres problématiques en morceaux qui ne seront pas dangereux pour l'équipement agricole et les pommes de terre, et qui auront un effet bénéfique sur la santé du sol.

Concasser les pierres

Opter pour le retrait pur et simple des pierres qui truffent un champ réduit considérablement la capacité du sol à absorber l'eau de pluie et en accentue la compaction, ce qui provoque une augmentation de l'écoulement de surface et de l'érosion.

Les pierres irrégulières et les morceaux de roche que l'on trouve dans les champs jouent un rôle semblable à celui du paillage utilisé pour protéger le sol de l'impact des gouttes de pluie, l'aider à retenir sa chaleur et son humidité, et améliorer le rendement des cultures.

Le fait de remplacer les pierres par des morceaux de roche concassée d'environ 2,5 centimètres de diamètre réduit grandement l'érosion et l'écoulement de surface. La technique permet du reste d'empêcher les cailloux de se retrouver avec les pommes de terre qui auront été cueillies, ce qui réduit les risques d'abîmer la récolte.

Dans les études effectuées au Nouveau-Brunswick à ce sujet, il a été noté que 38 p. 100 des pommes de terre étaient abîmées dans les conditions habituelles de culture. L'utilisation du concasseur de roche a permis de réduire ce taux à 17 p. 100 et de diminuer les risques de voir les pommes de terre qui ne sont pas intactes pourrir durant l'entreposage.

Jusqu'ici, certains agriculteurs ont eu recours à des chargeuses frontales pour remettre physiquement les pierres dans les champs. Or, un certain nombre de concasseurs de roche amalgamés à des arracheuses de pommes de terre sont désormais offerts commercialement au Nouveau-Brunswick à des prix oscillant entre 30 000 et 35 000 dollars. Le concasseur de roche a aussi suscité l'intérêt des agriculteurs des autres régions du Canada, là où l'excès de pierres constitue un problème.

Il s'agit certes là d'un investissement considérable, mais les chercheurs disent que les bénéfices se traduiront par une augmentation des récoltes et un nombre accru de pommes de terre pouvant être mises en marché, par une amélioration de la santé des sols, une diminution de l'érosion et une réduction du nombre de réparations à l'équipement - et par la satisfaction de transformer un ennemi solide en un allié rentable.

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