Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)

Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)

16 sept. 2013 16h09 HE

Les attaques contre les régimes à prestations déterminées ne règleront rien

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 16 sept. 2013) - L'abandon des régimes de retraite à prestations déterminées est une solution à courte vue et irresponsable qui n'aidera pas les Canadiens à se préparer à la retraite. Le Syndicat canadien de la fonction publique souligne que les affirmations non fondées d'un rapport récent de l'Institut Fraser à l'effet que les régimes à prestations déterminées « coûtent trop cher » ne servent qu'à détourner l'attention de la véritable crise des régimes de retraite.

« Plus de 11 millions de Canadiens n'ont aucun régime de retraite d'employeur, affirme Paul Moist, président national du SCFP. Et plus de 75 pour cent des Canadiens ne cotisent pas à un REER, un moyen au demeurant inefficace de se préparer à la retraite. Nous devons nous attaquer à la vraie crise au lieu de perdre notre temps à vouloir éliminer un pan éprouvé de notre système de retraite, c'est-à-dire les régimes de retraite à prestations déterminées. »

Dans un rapport publié dernièrement, l'Institut Fraser prétend que les régimes de retraite à prestations déterminées des travailleurs du secteur public provincial ont dû être maintes fois « renfloués » par les contribuables. Mais l'analyse de l'Institut est incorrecte. La période étudiée, qui commence en 2000, en était une de faibles taux d'intérêt qui s'est terminée par une crise économique mondiale. Cette conjoncture a entraîné des problèmes de capitalisation pour les régimes de retraite à prestations déterminées, mais ces problèmes sont temporaires et surmontables.

Ce que l'Institut Fraser oublie commodément de mentionner, c'est qu'avant 2000, les employeurs, y compris les gouvernements provinciaux, ont grandement profité des surplus des régimes de retraite à prestations déterminées. En particulier pendant les années 90, les employeurs ont pu réduire, et même éliminer, leurs cotisations aux régimes de retraite.

« Les employeurs qui ont profité des surplus et des suspensions de cotisations ne peuvent pas tout bonnement se soustraire à leurs responsabilités lorsque les temps sont durs, affirme M. Moist. Même s'il y a un manque à gagner, les régimes à prestations déterminées prennent du mieux. Pour n'importe quel employeur, et cela vaut pour les gouvernements, invoquer des problèmes de capitalisation pour renoncer aux régimes à prestations déterminés est une attitude à courte vue et irresponsable. »

Des régimes de retraite à prestations déterminées biens gérés et sécuritaires sont une composante essentielle du système de retraite du Canada. Si on les remplace par des solutions de rechange moins avantageuses, comme les régimes à cotisations déterminées, les prestations diminueront. Il y aura ainsi plus de personnes âgées pauvres et la pression s'intensifiera sur les programmes gouvernementaux d'aide aux personnes âgées à faible revenu.

« Les régimes à prestations déterminées ne constitue pas un avantage indu, mais plutôt un revenu différé gagné honnêtement. De plus, ces régimes ne sont pas financés uniquement par les employeurs. Les travailleurs y versent d'importantes cotisations tout au long de leur carrière, en épargnant pour leur propre retraite, précise Paul Moist. En qualifiant d'excessifs ou de "retraites dorés" les régimes à prestations déterminées, incluant ceux des travailleurs du secteur public, on ne tient pas compte de leur valeur pour les travailleurs et pour l'ensemble de l'économie canadienne. »

Le SCFP demande aux gouvernements provinciaux de ne pas accorder d'attention aux distractions comme l'étude de l'Institut Fraser et de se pencher plutôt sur de vraies mesures qui pourront aider les Canadiens à prendre leur retraite dans la dignité avec un revenu acceptable, notamment par la bonification des prestations du Régime de pensions du Canada. En augmentant graduellement les cotisations des travailleurs et des employeurs, on pourrait doubler les prestations du RPC. Cette solution profite à presque tous les travailleurs canadiens, qu'ils soient du secteur privé ou public, et qu'ils soient syndiqués ou non.

« Les gouvernements provinciaux doivent voir plus loin que ces manœuvres de diversion qui ne visent qu'à réduire les prestations de retraite, conclut M. Moist. Nous devons nous efforcer d'offrir un revenu de retraite à ceux qui en ont le plus besoin, soit les 11 millions de Canadiens qui sont sans régime de retraite d'employeur. »

Renseignements

  • Philippe Gagnon
    Communications du SCFP
    Syndicat canadien de la fonction publique
    613-894-0146
    pgagnon@scfp.ca