Pêches et Océans Canada

Pêches et Océans Canada

22 sept. 2005 19h01 HE

Les gouvernements du Canada et de l'I.-P.-E. libèrent des fonds pour lutter contre les tuniciers envahissants

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 22 sept. 2005) - Shawn Murphy, secrétaire parlementaire de Geoff Regan, ministre des Pêches et des Océans, et Kevin MacAdam, ministre de l'Agriculture, des Pêches et de l'Aquaculture l'I.-P.-E., ont annoncé aujourd'hui que les deux ordres de gouvernement consacreraient plus d'un million de dollars à la lutte contre les tuniciers envahissants à l'I.-P.-E. et dans les autres provinces de l'Atlantique. Les tuniciers, ou seringues de mer, sont des espèces aquatiques envahissantes (EAE) qui posent une grave menace à notre écosystème marin.

Les deux ordres de gouvernement et l'industrie travaillent main dans la main pour trouver une solution au problème croissant des tuniciers. Cet effort concerté fait appel à une combinaison de programmes de financement et de contribution en nature pour maîtriser ces EAE, qui menacent l'écosystème marin des provinces de l'Atlantique, ainsi que les industries de la cueillette et de la culture de coquillages.

"Le gouvernement du Canada est heureux d'être en mesure de réagir de façon tangible à cette invasion de tuniciers coloniaux", a déclaré M. Murphy. "Voilà un excellent exemple de la manière dont les gouvernements du Canada et de l'I.-P.-E. collaborent pour appuyer l'économie de cette province. Non seulement cette étude aidera-t-elle les mytiliculteurs de l'I.-P.-E. à court terme, mais elle aura aussi des retombées de longue durée pour l'avenir de l'industrie."

" Les espèces aquatiques envahissantes figurent en bonne place de notre plan de travail depuis plusieurs années", a déclaré le ministre MacAdam. "Je suis heureux de voir que le gouvernement fédéral commence à reconnaître les impacts potentiels de ces espèces sur l'industrie de l'aquaculture et le milieu marin. L'investissement dans la recherche annoncé aujourd'hui marque un pas en avant dans la gestion des problèmes créés par les espèces aquatiques envahissantes et en particulier les espèces de tuniciers qui nuisent à l'industrie mytilicole de l'I.-P.-E.", a-t-il ajouté.

Du total des fonds annoncés, le gouvernement et l'industrie de l'aquaculture de l'I.-P.-E. contribueront jusqu'à 240 000 $ (en argent et en nature) à la lutte contre les tuniciers, au traitement et à leur surveillance. Le gouvernement du Canada contribuera aussi 350 000 $ à l'évaluation des risques, des recherches biologiques, la surveillance de l'incidence des tuniciers dans les eaux de l'I.-P.-E. et la coordination locale des efforts de recherche.

Un deuxième projet verra le gouvernement du Canada fournir 140 000 $ et la province de l'I.-P.-E. et son industrie mytilicole 60 000 $ pour mener une étude technique sur l'efficacité de mesures d'élimination des tuniciers présents sur les moules.

Et dans le cadre d'un troisième projet, le Canada mettra 400 000 $ à la disposition de chercheurs fédéraux pour mener des études de surveillance des tuniciers et d'autres EAE dans les secteurs maritimes de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et du Québec.

L'honorable Lawrence MacAuley, député de Cardigan à l'I.-P.-E., a accueilli avec intérêt la nouvelle de cet investissement. "Je suis fier que cette recherche qui aura des applications partout dans la région de l'Atlantique et dans le reste du Canada, soit menée à l'I.-P.-E. Elle nous permettra d'en apprendre plus sur les impacts des tuniciers, comment ils sont introduits dans les eaux canadiennes et comment ils s'y établissent.

Les EAE peuvent gravement menacer les écosystèmes qu'ils envahissent car ils font concurrence aux espèces indigènes pour l'espace et la nourriture. Comme ils se reproduisent rapidement parce qu'ils n'ont aucun ennemi naturel, ils peuvent aussi recouvrir en peu de temps l'attirail d'aquaculture, les quais flottants, la carène des embarcations, le fonds de la mer et la végétation marine.

Par contre, les tuniciers et les moules infestées ne posent aucun risque pour la santé des consommateurs. Mais les coûts de production de coquillages peuvent grimper en flèche, ce qui peut rendre une entreprise mytilicole non rentable. Il faut trouver de meilleurs moyens pour maîtriser les tuniciers ou réduire leurs impacts.

Depuis 1998, à la suite de l'introduction de l'ascidie plissée dans les eaux de l'I.-P.-E., la question de la lutte contre les espèces envahissantes est devenue une priorité de l'industrie aquacole de la province. A l'I.-P.-E., l'industrie de la mytiliculture emploie quelque 1 500 personnes, alors que la valeur de la récolte se chiffre à plus de 23 millions de dollars par année.

En outre, un groupe de travail composé de hauts fonctionnaires des gouvernements du Canada et des provinces de l'Atlantique sera créé. Les recommandations qu'il formulera permettront d'orienter les mesures futures relatives aux espèces envahissantes nuisibles à l'aquaculture et d'aider tous les conchyliculteurs des provinces de l'Atlantique.

De nombreux intervenants bénéficieront des résultats des recherches proposées, y compris les mytiliculteurs, les pêcheurs et le grand public. Les leçons tirées de ces projets sur les tuniciers seront appliquées à d'autres espèces aquatiques envahissantes qui menacent les écosystèmes du Canada.



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FICHES D'INFORMATION
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FI-AC-05-83F(a) Projet sur les tuniciers à l'I.-P.-E. -
Intervention rapide en regard des EAE
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FI-AC-05-83F(b) Etude de cas : Les tuniciers dans les provinces
Maritimes
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FI-AC-05-83F(a)

PROJET SUR LES TUNICIERS A L'I.-P.-E.

INTERVENTION RAPIDE EN REGARD DES EAE

CONTEXTE

Les tuniciers, appelés aussi seringues de mer, sont des espèces aquatiques envahissantes (EAE) qui posent une grave menace à l'environnement, à l'économie et à la société. Lorsqu'une EAE s'établit dans un nouvel habitat, elle peut causer des dommages graves à l'écosystème, tant sur le plan de l'écologie que de l'économie.

L'ascidie plissée, Styela clava, est la première espèce envahissante de tuniciers introduite dans les eaux de l'Ile-du-Prince-Edouard, en 1998. Mais deux autres espèces de tuniciers, Botrylloides violaceus (botrylloïde violet) et Botryllus schlosseri (botrylle étoilé), ont été récemment détectées dans les eaux de la province.

Le botrylloïde violet et le botrylle étoilé sont des tuniciers coloniaux, contrairement à l'ascidie plissée, qui est une espèce solitaire. Ils sont donc considérés comme posant un plus grave problème d'encrassement biologique aux mytiliculteurs. Non seulement se reproduisent-ils par voie sexuée, répandant leurs larves dans la colonne d'eau, mais ils peuvent aussi former des bourgeons et se fragmenter, produisant ainsi de nouvelles colonies qui se dispersent au loin par dérive, ce qui leur permet d'envahir facilement une baie ou un estuaire.

Le botrylloïde violet est établi dans le havre Savage depuis au moins l'été 2004; il a récemment été signalé dans d'autres baies de la province, y compris la rivière Cardigan, située à proximité de trois autres importants sites mytilicoles (rivière Brudenell, rivière Montague et baie St. Mary's). Les récoltes de moules cultivées dans ces eaux rapportent quelque 10 millions de dollars par an.

PROJET DE RECHERCHE

Aucune mesure d'intervention rapide pour traiter ces types d'infestations n'existe à l'heure actuelle. Dans le cadre du projet, toutes les fermes infestées de la rivière Cardigan seront traitées afin de réduire la biomasse de botrylloïdes violets sur les boudins de moules et l'attirail de culture.

L'effet de cette intervention rapide sera évalué puis comparé aux niveaux de succès du traitement de la baie Cardigan, alors que le havre Savage servira de baie témoin. Un objectif secondaire du projet est de surveiller l'effet du traitement sur les niveaux d'infestation des boudins de moules et du fond marin, au niveau des fermes infestées et aux alentours.

Les connaissances et les renseignements recueillis dans le cadre de ce projet serviront à élaborer des stratégies de gestion rationnelle pour l'industrie et le gouvernement.

Le MPO (140 000 $), le gouvernement de l'Ile-du-Prince-Edouard (60 000 $) et la Prince Edward Island Aquaculture Alliance (contribution en espèce et en nature) participeront à ce projet. Le Programme coopératif de recherche-développement en aquaculture (PCRDA) (Canada) et la Aquacuture and Fisheries Research Initiative (I.-P.-E.) le financeront. Le but du projet est d'identifier des stratégies de prévention et des méthodes de culture pour maîtriser l'encrassement biologique et lutter contre les prédateurs. Ce projet se greffe aux recherches concertées déjà en cours menées par l'Equipe d'action et de recherche sur les tuniciers envahissants et l'Etude de cas : Les tuniciers dans les provinces Maritimes.


SEPTEMBRE 2005

FI-AC-05-83F(b)

ETUDE DE CAS :

LES TUNICIERS ENVAHISSANTS DANS LES PROVINCES MARITIMES

CONTEXTE

Les tuniciers, appelés aussi seringues de mer, sont des espèces aquatiques envahissantes (EAE) qui posent une grave menace à l'environnement, à l'économie et à la société. Lorsqu'une EAE s'établit dans un nouvel habitat, elle peut causer de graves dommages à l'écosystème, tant sur le plan de l'écologie que de l'économie.

Aussi appelé seringue de mer, cet animal marin (qui possède un coeur, un estomac, des intestins, etc.) ressemble davantage à une boule de gélatine. Son corps en forme d'outre est rempli d'eau, que l'animal rejette régulièrement, d'où son nom. Il aspire de l'eau continuellement, en extrait les matières dont il se nourrit puis excrète les déchets. Le tunicier tient son nom de sa peau épaisse, qui ressemble à une tunique.

Depuis 1970, la présence d'une nouvelle espèce envahissante de tuniciers dans les eaux de l'Atlantique et/ou du Golfe est signalée tous les cinq ans. L'ascidie plissée (Styela clava) a été détectée pour la première fois dans un estuaire de l'est de l'Ile-du-Prince-Edouard, en 1998. Cette espèce envahissante cause de graves problèmes à l'industrie de la mytiliculture car elle recouvre les moules mises en culture, ce qui réduit les rendements et entraîne une hausse des coûts de récolte et de transformation. La propagation et l'établissement de ce tunicier dans d'autres bassins mytilicoles de l'I.-P.-E., de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et du Québec pourraient avoir des effets dévastateurs.

En plus de l'ascidie plissée, le botrylloïde violet (Botrylloides violaceus), le botrylle étoilé (Botryllus schlosseri), l'ascidie jaune (Ciona intestinalis) et le didemne (Didemnum sp.) ont été découverts dans les eaux des provinces Maritimes et aux environs. Bien que les voies menant aux invasions fructueuses soient mal comprises, il se peut que les tuniciers soient introduits dans de nouveaux écosystèmes aquatiques par le biais des eaux de lest, des salissures de carène et des engins de pêche.

ETUDE DE CAS

Le but de l'Etude de cas : Les tuniciers dans les provinces Maritimes est d'effectuer des recherches ciblées et de formuler des avis scientifiques stratégiques afin de maîtriser l'introduction et la propagation des tuniciers dans les eaux des provinces Maritimes par le biais de mesures de prévention, de détection précoce et d'intervention rapide.

Le gouvernement du Canada contribuera 350 000$ et le gouvernement et l'industrie mytilicole de l'I.-P.-E., 240 000 $ et une contribution en nature, au volet de l'étude comprenant l'évaluation des risques, des recherches biologiques, la surveillance de l'incidence des tuniciers dans les eaux de la province, ainsi que la coordination locale des efforts de recherche.

Au titre du deuxième volet de cette étude, le Canada mettra 400 000 $ à la disposition de chercheurs fédéraux pour mener des études de surveillance des tuniciers et d'autres EAE dans les secteurs maritimes de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et du Québec.

Ces recherches constituent un élément du document-cadre sur les EAE (Proposition de Plan d'action canadien de lutte contre les espèces aquatiques envahissantes), approuvé en septembre 2004 par le Conseil canadien des ministres des pêches et de l'aquaculture (CCMPA).

Prévention

Une fois qu'une EAE s'est établie, il est très difficile et dispendieux de la maîtriser ou de l'éradiquer. La prévention de l'introduction de nouvelles espèces et la maîtrise de la propagation des espèces établies constituent donc les moyens les plus efficaces de contrer la menace que ces organismes exercent sur les écosystèmes aquatiques.

Diverses activités seront entreprises, y compris des évaluations des risques et des analyses économiques, en vue d'établir les incidences écologiques et économiques des tuniciers envahissants. En outre, les voies d'entrée et de propagation seront examinées, ainsi que les facteurs agissant sur l'établissement des tuniciers dans les systèmes aquatiques.

Détection précoce

Un programme de dépistage et de surveillance sera conçu de concert avec les intervenants (mytiliculteurs, pêcheurs récréatifs, plongeurs), portant en particulier sur les endroits à risque élevé et les voies d'introduction.

Intervention rapide

Il est essentiel d'intervenir rapidement de sorte à minimiser les impacts d'EAE et à limiter leur propagation. L'efficacité des mesures en vigueur sera évaluée, et de nouvelles mesures d'atténuation des impacts seront élaborées.

SEPTEMBRE 2005

http://www.dfo-mpo.gc.ca

Renseignements

  • Pêches et Océans Canada, Ottawa
    Sophie Galarneau
    Relations avec les médias
    (613) 990-7537
    ou
    Pêches et Océans Canada, Ottawa
    Sujata Raisinghani
    Attachée de presse, Cabinet du ministre
    (613) 992-3474
    ou
    Ministère de l'Agriculture,
    des Pêches et de l'Aquaculture de l'I.-P.-E.
    Wayne McKinnon
    (902) 368-4888