UNICEF Canada

20 nov. 2006 14h00 HE

Les principaux groupes de défense des droits des enfants se joignent à Nigel Fisher d'UNICEF Canada pour publier des rapports clés sur la violence contre les enfants

Appel fait au gouvernement pour prendre des mesures concernant la violence

TORONTO, ONTARIO--(CCNMatthews - 20 nov. 2006) - Monsieur Nigel Fisher, président et chef de la direction d'UNICEF Canada, Monsieur Gordon Phaneuf, directeur des programmes stratégiques de la Ligue pour le bien-être de l'enfance du Canada, et Ethan McGrath, représentant des jeunes du Conseil canadien des organismes provinciaux de défense des droits des enfants et des jeunes, ont uni leurs forces aujourd'hui lors de la Journée nationale de l'enfant pour le lancement du Rapport mondial sur la violence contre les enfants ainsi que le rapport des jeunes Canadiens Seen, Heard and Believed: What Youth Say About Violence. L'UNICEF et la Ligue pour le bien-être de l'enfance du Canada ont également lancé un appel officiel au gouvernement du Canada pour mettre en place et agir conformément aux recommandations du Rapport mondial.

Le Rapport mondial sur la violence contre les enfants est le résultat de l'étude du Secrétaire général de l'ONU sur la violence contre les enfants, dirigée à l'échelle mondiale par le professeur Paulo Sérgio Pinheiro. Il s'agit du premier vaste effort mondial visant à faire un tableau détaillé de la nature, de l'étendue et des causes de la violence envers les enfants, et à recommander clairement des mesures de prévention et d'intervention.

Le rapport conclut que la violence envers les enfants existe dans tous les groupes sociaux, chaque pays et chaque société. La plupart des actes de violence à l'égard des enfants sont commis par des personnes qu'ils connaissent et en qui ils devraient avoir confiance, dont les parents, petits amis, camarades de classe, enseignants et employeurs. Le rapport conclut en outre que de nombreux actes de violence qui touchent les enfants sont socialement approuvés ou tolérés, et parfois même permis en vertu de lois nationales, ou enracinés dans les pratiques culturelles, économiques ou sociales.

" Cette étude représente une référence incontournable dans notre compréhension de l'étendue du problème qu'est la violence envers les enfants et pour l'établissement de stratégies visant à régler, et finalement prévenir, ce très grave problème. La Ligue pour le bien-être de l'enfance du Canada félicite tous ceux et celles qui ont pris part à l'étude, et en particulier les enfants et les jeunes qui ont ajouté leur voix à cet important effort ", affirme monsieur Gordon Phaneuf.

Les résultats du rapport à l'échelle mondiale comprennent les statistiques suivantes :

- chez les garçons et les filles de moins de 18 ans, 73 millions de garçons et 150 millions de filles subissent des rapports sexuels forcés et d'autres formes de violence assortie d'attouchements;

- les garçons sont plus exposés au risque de violence physique que les filles et les filles sont plus exposées au risque de violence sexuelle, de négligence et de prostitution;

- les enfants des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire courent deux fois plus de risques de mourir par homicide que les enfants des pays à revenu élevé - les garçons de 15 à 17 ans et les enfants de quatre ans et moins sont les plus à risque;

- les enfants handicapés, appartenant à des groupes minoritaires, vivant dans les rues, en conflit avec la loi, et ceux qui sont réfugiés ou déplacés de leur foyer sont particulièrement vulnérables à la violence;

- chaque année à l'échelle mondiale, jusqu'à 275 millions d'enfants sont témoins de violence familiale;

- dans le monde, de 100 à 140 millions de femmes et de filles ont subi une mutilation des organes génitaux durant leur enfance.

Dans le cadre de la consultation mondiale, UNICEF Canada, Aide à l'enfance Canada, le Conseil canadien des organismes provinciaux de défense des droits des enfants et des jeunes et le Centre for Children's Rights de l'Université du Cap-Breton ont consulté des centaines d'enfants et de jeunes canadiens afin de solliciter leur opinion et leurs recommandations. Les organismes ont compilé la totalité des énoncés, créations artistiques et poèmes des jeunes dans un document intitulé Canadian Youth and Children Condemn Violence In Society et ont résumé les résultats de la consultation dans le rapport intitulé Seen, Heard and Believed: What Youth Say About Violence. Le rapport reflète trois thèmes dominants exprimés par les participants :

- les jeunes sont très conscients de l'omniprésence de la violence dans leur vie;

- les jeunes sont extrêmement conscients de l'effet négatif de la violence sur leur santé mentale et physique ainsi que sur leur développement;

- les jeunes attendent des adultes qu'ils mettent fin à la violence dans leur vie quotidienne, ils veulent être consultés et tiennent à participer à la recherche et l'action.

" La violence peut être partout : à la maison, à l'école, dans la rue ", souligne Ethan McGrath, un étudiant de 4e secondaire de Toronto. " La violence psychologique blesse vraiment. C'est différent de la violence physique, bien sûr. La violence physique se passe rapidement tandis que la violence psychologique prend plus de temps. Les deux vous blessent et restent en vous. "

" Les voix des enfants dans ces rapports nous appellent à l'action, et nous devons les écouter, " précise monsieur David Morley, président et chef de la direction de Aide à l'enfance Canada. " Lors de la Journée nationale de l'enfant, nous devrions appuyer les enfants et les jeunes en apportant des changements qui assureront leur droit de vivre dans un monde sans violence. "

La conférence de presse d'aujourd'hui a été ponctuée par un appel à l'action qui a été adressé au gouvernement du Canada afin qu'il protège et soutienne les enfants en prenant les mesures suivantes :

- appuyer les recommandations de l'étude et intervenir sans délai afin de désigner un agent central de haut niveau au palier ministériel, investi de responsabilités politiques et opérationnelles pour aborder tous les aspects de la violence envers les enfants;

- élaborer une stratégie nationale qui traite de manière cohérente de toutes les formes de violence envers les enfants et qui tient compte du point de vue des enfants et des jeunes tout en s'assurant de leur participation continue;

- désigner un commissaire à l'enfance investi d'un mandat clair visant à surveiller les droits et le bien-être des enfants et à favoriser leurs meilleurs intérêts dans la législation fédérale et la politique gouvernementale.

" Des enfants du monde entier ont déclaré que la violence à leur endroit est un problème prioritaire à résoudre. Les écoutons-nous? Sommes-nous complaisants face à cette grave violence faite aux enfants? ", demande monsieur Nigel Fisher. " Les pays, dont le Canada, ont aujourd'hui la possibilité d'adopter les recommandations de l'étude, d'appliquer les normes internationales de protection de l'enfant et de surveiller rigoureusement leur mise en place à l'échelle nationale. De manière collective et individuelle, nous devons accroître nos efforts pour s'attaquer à la violence dévastatrice qui empoisonne la vie quotidienne de nombreux enfants. "

Chef de file mondial des organismes d'aide à l'enfance, l'UNICEF s'emploie à sauver, protéger et améliorer la vie des filles et des garçons dans 156 pays et territoires. La Ligue pour le bien-être de l'enfance du Canada joue un rôle important dans la promotion de meilleures pratiques chez les intervenants dans les secteurs de la protection de l'enfance, de la santé mentale des enfants et de la justice pour les jeunes au Canada. Le Conseil canadien des organismes provinciaux de défense des droits des enfants et des jeunes, une alliance de cinq protecteurs de l'enfance désignés par les provinces du Canada, s'emploie à veiller à ce que les enfants et les jeunes soient traités avec dignité, tolérance, respect et égalité.


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