Conseil canadien du porc

Conseil canadien du porc

12 déc. 2007 11h40 HE

L'industrie canadienne du porc a besoin de solutions maintenant

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 12 déc. 2007) - Les 11 000 producteurs de porcs canadiens veulent savoir si les gouvernements soutiennent leur industrie et croient en son avenir. Mais les producteurs ne peuvent plus attendre, car la situation devient de plus en plus critique, tant pour leur entreprise que pour leur famille.

"Les producteurs ne porc ne demandent pas l'aumône, explique le président du Conseil canadien du porc, M. Clare Schlegel. Nous avons besoin d'une marge de manoeuvre pour nous permettre de nous organiser et de faire face aux contraintes actuelles et aux difficultés associées aux coûts élevés des moulées, à la valeur du dollar canadien, aux bas prix du porc et également pour savoir comment orienter notre avenir ".

Le Conseil canadien du porc demande avec insistance aux gouvernements d'aider les producteurs à surmonter cette crise sans précédent en leur accordant un prêt, et en apportant des améliorations aux programmes existants en gestion du risque. Les gouvernements doivent maintenant faire preuve de leadership et s'engager avant Noël à offrir ces prêts aux producteurs.

"L'industrie a collaboré avec les gouvernements pour tenter de trouver des solutions, poursuit M. Schlegel, mais les producteurs de porc ont besoin de réponses maintenant sous forme d'un prêt d'urgence."

Cette urgence ne peut être sous-estimée. "Notre secteur est différent de l'industrie manufacturière, par exemple, dont les entreprises peuvent fermer leurs portes à très brève échéance. Les producteurs de porcs, eux, ne peuvent pas mettre la clé dans la porcherie et abandonner leurs troupeaux. Voilà pourquoi nous avons besoin d'aide tout de suite", observe M. Schlegel.

Les perspectives à long terme demeurent toutefois positives pour le secteur porcin puisque la demande mondiale continue d'augmenter et que l'industrie canadienne du porc demeure très concurrentielle et détient les atouts pour rester un joueur majeur sur ce marché d'avenir.

"Mais il faut être en mesure de se rendre sur ce marché, ajoute M. Schlegel, et nous ne pouvons pas réussir cette transition sans le soutien du gouvernement."


Crise de l'industrie porcine - Questions et réponses

Quel est le problème? Ne s'agit-il pas simplement de la phase descendante normale du cycle de production du porc?

Il ne s'agit pas d'une phase descendante normale du secteur porcin. Il est vrai que les prix du porc fluctuent par cycle, mais dans ce cas des facteurs externes contribuent à aggraver cette baisse qui est de beaucoup inférieure à la normale. Ces facteurs sans précédent sont hors du contrôle des producteurs de porcs. Il s'est en effet produit un changement majeur dans l'utilisation du maïs vers la production de biocarburant au détriment de l'alimentation. Ce déplacement a été encouragé par des milliards de dollars en subventions américaines. Les pénuries artificielles qui en résultent ont fait grimper le coût de l'alimentation animale à des niveaux records. Par ailleurs, l'augmentation soudaine et marquée du dollar canadien a fait radicalement baisser les prix du porc canadien.

Pourquoi le CCP demande -t-il de l'aide spéciale?

Les effets de la hausse du dollar canadien qui se sont ajoutés à la montée en flèche du coût des moulées ont été tellement soudains et d'une telle ampleur que les producteurs de porcs dans tout le pays subissent des pertes irréparables.

L'industrie porcine veut-elle obtenir de l'aide directe ?

Nous réclamons des prêts qui sont remboursables avec intérêts. Nous ne demandons pas de subventions ni aucune forme d'aide directe.

La montée du dollar canadien a nui à d'autres secteurs de l'économie canadienne. Pourquoi ne pas mettre fin à vos activités durant un certain temps jusqu'à ce que les conditions s'améliorent?

On ne peut pas fermer une porcherie et la rouvrir quelques semaines plus tard. Nous faisons affaire avec des animaux vivants. Il faut les nourrir, leur donner à boire, leur fournir un abri et des soins jusqu'à ce qu'ils soient prêts pour le marché. On ne peut pas les garder indéfiniment en attendant des jours meilleurs.

S'agit-il d'un problème uniquement canadien?

Non. L'Union européenne vient tout juste de réintroduire ce qu'ils appellent les "restitutions à l'exportation" pour la viande de porc. Nous pensions que ce régime avait été supprimé pour de bon. Par ailleurs, l'Australie a lancé une enquête sur les mesures de sauvegarde contre les importations. Ce ne sont que deux exemples qui illustrent comment les gouvernements des autres pays tentent d'atténuer les difficultés énormes auxquelles fait face leur industrie porcine en raison du coût élevé des grains et de la faiblesse du dollar américain.

L'industrie canadienne du porc a-t-elle tout de même un avenir prometteur? Est-ce que cela vaut la peine de protéger cette industrie?

Absolument. Les producteurs de porcs vont s'adapter à cette nouvelle situation. Ils l'ont toujours fait. Ils détiennent d'importants avantages concurrentiels, notamment des porcs qui présentent une excellente génétique et un statut sanitaire très élevé.

L'accroissement des revenus en Chine et ailleurs laisse présager une forte croissance dans la demande de porc. De plus, bon nombre de pays importateurs de viande de porc, comme le Japon, comptent depuis plusieurs années sur des pays comme le Canada pour combler leurs besoins grandissants.

Toutes les provinces canadiennes produisent des porcs et de la viande de porc. Le Canada compte environ 11000 producteurs de porcs. A elles seules, les exportations de viande de porc génèrent 42 000 emplois au pays et 7,7, milliards de dollars en activité économique incluant les fournisseurs et les rémunérations versées aux employés.

Il s'agit donc sans aucun doute d'une industrie qu'il vaut la peine de sauver!

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