Institut Fraser

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28 oct. 2013 06h20 HE

L'Institut Fraser : Malade? Souffrant? Attendez-vous à patienter plus de quatre mois si vous êtes en attente d'une opération chirurgicale au Québec

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 28 oct. 2013) - Les Québécois peuvent s'attendre à devoir patienter 17,8 semaines, soit une semaine de plus que l'année dernière, pour une opération chirurgicale non urgente ou une autre intervention médicale ou de diagnostic; voilà ce que conclut une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, organisme canadien indépendant et non partisan de réflexion sur les politiques publiques.

Le délai d'attente médian au Québec entre la consultation d'un médecin généraliste et le traitement par un spécialiste atteint maintenant 17,8 semaines alors qu'il était de 16,6 semaines en 2012. Bien que les temps d'attente demeurent moins longs que dans la plupart des provinces canadiennes (18,2 semaines à l'échelle nationale,) le Québec a plusieurs délais d'attente inquiétants dans la prestation des soins de santé, selon le 23e rapport annuel de l'Institut Fraser qui a pour titre Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada (en anglais seulement) et que l'on peut consulter en ligne à www.fraserinstitute.org.

À 6,5 semaines, le délai d'attente au Québec pour les ultrasons, par exemple, est le plus long au Canada alors qu'il n'est que de deux semaines dans la province voisine de l'Ontario. De même, l'attente d'une procédure de médecine interne y est presque le double de la moyenne nationale, soit 30,3 semaines contre 16,2 semaines. Les Québécois attendent également une semaine de plus que la moyenne nationale (4,6 semaines contre 3,5 semaines) pour une oncoradiologie.

Au final, le délai d'attente national a presque doublé depuis 1993, passant de 9,3 à 18,2 semaines, alors qu'au Québec, il a augmenté de 144 % depuis cette époque où il fallait prévoir 7,3 semaines d'attente.

« Les Québécois sont-ils contents de devoir attendre plus de six mois pour une chirurgie orthopédique? Les Québécoises sont-elles satisfaites d'attendre deux mois avant d'obtenir un rendez-vous chez un gynécologue? En dépit d'un accroissement continu des dépenses de santé, les temps d'attente au Québec demeurent historiquement et internationalement élevés », de dire Bacchus Barua, analyste principal des politiques de santé à l'Institut Fraser et auteur principal du rapport.
Selon Nadeem Esmail, directeur des études sur les politiques de santé à l'Institut Fraser et coauteur du rapport, « ces données nous portent à nous demander si les autorités prennent au sérieux cette question des longs délais d'attente qui, chez les personnes intéressées, peuvent mener à une perte de revenu, à une dépression, à la toxicomanie, voire à la mort. L'expérience d'autres pays développés démontre qu'il est possible de réduire considérablement les délais d'attente tout en maintenant l'universalité des soins de santé et sans en augmenter les coûts. »

Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada est la seule mesure nationale, comparative et complète produite au Canada des délais d'attente des soins médicaux nécessaires. Ses résultats sont basés sur un sondage annuel mené auprès des praticiens de 12 spécialités dans chacune des dix provinces. L'étude évalue le temps d'attente total depuis la consultation d'un médecin généraliste jusqu'au traitement, elle mesure aussi les temps d'attente entre la consultation d'un médecin généraliste et celle d'un spécialiste et entre la consultation d'un spécialiste et le traitement. Les temps d'attente pour l'obtention d'un rendez-vous pour un IRM, une tomodensitométrie et une échographie sont également évalués.

Temps d'attente total

En 2013, l'Ontario a rapporté un délai d'attente médian de 13,7 semaines - soit de loin le délai d'attente le plus court parmi les provinces, suivi d'un délai d'attente de 17,8 semaines pour le Québec et d'un délai d'attente de 19,9 semaines pour la Colombie-Britannique.

C'est à l'Île-du-Prince-Édouard (40,1 semaines), au Nouveau-Brunswick (31,9 semaines) et au Manitoba (25,9 semaines) que les gens doivent attendre le plus longtemps pour se faire soigner.

La première attente : de la consultation du généraliste à celle du spécialiste

Le temps d'attente entre la consultation du généraliste et celle du spécialiste au Québec est demeurée relativement inchangé en 2013 (7,4 semaines, contre 7,3 en 2012), ce qui était déjà une diminution appréciable par rapport à ce qui avait cours en 2011 (10,7 semaines), mais cela constitue quand même une augmentation de 156 % par rapport à 1993 (2,9 semaines). La moyenne nationale est également demeurée pratiquement inchangée (8,6 semaines en 2013, contre 8,5 semaines en 2012). Toutefois, historiquement, ce temps d'attente a augmenté de 132 % depuis 1993, où il se situait à 3,7 semaines.
Les provinces où le temps d'attente pour obtenir une consultation avec un spécialiste est le plus court sont l'Ontario (6,7 semaines), le Québec (7,4 semaines) et le Manitoba (8,1 semaines). Il est comparativement plus long à l'Île-du-Prince-Édouard (24,9 semaines), au Nouveau-Brunswick (20,3 semaines) et à Terre-Neuve et Labrador (14,0 semaines).

La deuxième attente : de la consultation du spécialiste au traitement

Les Québécois attendent 10,4 semaines entre la consultation du spécialiste et le traitement. Ce délai est parmi les trois plus courts au Canada, le Québec se situant en troisième place. Toutefois, ce délai est quand même très important et a augmenté de plus d'une semaine par rapport à l'année dernière, où il était de 9,3 semaines, et de 136 % depuis 1993 où il était de 4,4 semaines).

À l'échelle nationale, le délai d'attente médian est de 9,6 semaines, soit 71 % de plus que celui que les Canadiens connaissaient en 1993 (5,6 semaines).

Le rapport signale que le plus bref délai d'attente (7,1 semaines) entre la consultation du spécialiste et le traitement se trouve en Ontario, suivi de Terre-Neuve et Labrador (9,6 semaines) et, ex-aequo (10,4 semaines), du Québec et de la Colombie-Britannique, tandis que les délais d'attente les plus élevés sont enregistrés au Manitoba (17,8 semaines), à l'Île-du-Prince-Édouard (15,3 semaines) et en Saskatchewan (14,1 semaines).

Des solutions à la crise des délais d'attente sont proposées dans un autre rapport de l'Institut Fraser intitulé Reducing Wait Times for Health Care: What Canada Can Learn from Theory and International Experience, publié le 8 octobre. On peut le télécharger gratuitement au www.fraserinstitute.org.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 86 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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