Ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes

Ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes

01 nov. 2006 11h00 HE

L'Ombudsman conclut que l'on a fait la sourde oreille aux préoccupations des anciens combattants des Forces canadiennes à l'égard de leur santé

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 1 nov. 2006) - L'Ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes, Yves Côté, a rendu public aujourd'hui un rapport spécial intitulé L'héroïsme exposé : Une enquête sur le traitement des anciens combattants du 1er Régiment du génie de combat au Koweït en 1991, dans lequel on se penche sur le traitement réservé aux membres des Forces canadiennes qui ont été exposés à des substances environnementales toxiques il y a plus d'une quinzaine d'années.

Le rapport de l'Ombudsman fait suite à une enquête approfondie d'une durée de trois ans sur les préoccupations soulevées par le Major (retraité) Fred Kaustinen, ancien commandant adjoint du 1er Régiment du génie, voulant que les membres de ce régiment aient été exposés à des substances nocives en 1991, tout au long de leur affectation au Koweït, et que leurs préoccupations sérieuses quant à leur état de santé aient été systématiquement ignorées pendant et après leurs activités au service du Canada.

"Notre enquête démontre clairement que les membres du 1er Régiment du génie se sont acquittés de leurs responsabilités en faisant preuve d'un courage et d'un sens du devoir exemplaires qui exigent une reconnaissance particulière", déclare M. Côté. "Je suis profondément troublé par le fait qu'on n'a pas accordé le poids et le respect que les préoccupations légitimes à l'égard de la santé de ces fiers vétérans méritaient", ajoute-t-il.

L'enquête a comporté plus de 350 entrevues en tête-à-tête, dont 261 ont été réalisées auprès d'anciens combattants du 1er Régiment du génie qui faisaient partie du déploiement au Koweït. L'enquête a aussi inclus un examen du rapport de l'an 2000 de la Commission d'enquête sur la Croatie de même qu'un examen de deux opérations antérieures en Afghanistan (2002 et 2003) afin de déterminer si les pratiques du Ministère et des Forces canadiennes s'étaient améliorées depuis le déploiement au Koweït de 1991.

Il est important de noter que l'enquête ne visait pas à examiner les causes possibles des maladies liées à la première guerre du Golfe ou les conséquences pour la santé de l'expérience au Koweït. L'enquête s'est plutôt attardée au traitement systématique des membres des Forces canadiennes qui ont exprimé des inquiétudes par rapport à leur exposition à des substances nocives tout au long de leur affectation au Koweït.

Cette enquête a permis à l'Ombudsman de découvrir que les membres du 1er Régiment du génie qui ont été déployés au Koweït ont été exposés à des matières toxiques de différentes sortes présentes dans l'environnement à propos desquelles on ne les avait pas adéquatement préparés ni informés.

Les enquêteurs de l'Ombudsman ont également constaté que les préoccupations réelles et considérables pour la santé des vétérans du 1er Régiment du génie n'ont pas été prises au sérieux à leur retour du Koweït.

"C'est essentiellement une question de confiance", affirme M. Côté. "Nos militaires doivent savoir - et réellement croire - que, s'ils partent en mission en bonne santé et qu'ils en reviennent malades, ils seront pris en charge par le Canada, tout comme les membres de leur famille. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour les vétérans du 1er Régiment du génie", ajoute l'Ombudsman des militaires.

L'enquête a également révélé que la documentation sur les expositions dans l'environnement au Koweït qui figurait aux dossiers médicaux des militaires concernés était inadéquate. Cela signifie que plusieurs anciens combattants ont eu beaucoup de difficulté à établir un lien entre leurs préoccupations à l'égard de leur santé et les dangers environnementaux auxquels ils ont été confrontés au Koweït, ce qui a pour effet de rendre les demandes d'indemnisation beaucoup plus ardues et plus longues.

Il faut également noter que les enquêteurs de l'Ombudsman ont constaté que, comme le Ministère et les Forces canadiennes sont dans l'incapacité de fournir, avec la moindre certitude, une liste complète de tous les membres des Forces canadiennes qui ont été affectés au Koweït en 1991, l'organisation n'est pas en mesure de communiquer efficacement avec les anciens combattants du Koweït ou de suivre et d'analyser les résultats en matière de santé à l'échelle de l'organisation.

En publiant ce rapport spécial, l'Ombudsman reconnaît que des améliorations ont été apportées dans les domaines de l'évaluation des risques environnementaux et de la protection des membres des Forces canadiennes affectés à l'étranger, surtout depuis la mise en oeuvre de bon nombre des recommandations de la Commission d'enquête sur la Croatie. L'Ombudsman a effectivement conclu que les Forces canadiennes disposent d'un programme de santé environnementale qui est maintenant insurpassé par les alliés du Canada.

D'autre part, l'Ombudsman a souligné les inquiétudes substantielles qui ont été dévoilées dans le cadre d'un examen des missions récentes en Afghanistan. Les enquêteurs ont découvert, plus particulièrement, que les Forces canadiennes demeurent exagérément réactives lorsqu'elles communiquent à leurs effectifs des risques pour l'environnement et pour la santé, tant dans le théâtre des opérations que pendant la période qui suit le déploiement.

"En 2003, en Afghanistan, le Ministère et les Forces canadiennes faisaient ce qu'il fallait du point de vue technique, mais ils ne communiquaient pas les résultats de leurs tests aux personnes qui étaient sur le terrain", affirme M. Côté. "Cette omission a amené les gens à penser qu'on leur cachait les résultats négatifs", ajoute-t-il.

Les enquêteurs de l'Ombudsman ont également constaté que de graves problèmes de documentation décelés dans le cas du déploiement au Koweït de 1991 n'avaient toujours pas été réglés plus d'une décennie plus tard.

Le rapport L'héroïsme exposé contient neuf recommandations qui visent précisément à améliorer la manière dont les Forces canadiennes s'y prennent pour communiquer et pour consigner les préoccupations - réelles, perçues et possibles - liées aux dangers environnementaux dans le cadre des opérations militaires internationales.

On peut se procurer des renseignements supplémentaires sur le rapport spécial de l'Ombudsman dans la fiche d'information ci-jointe ou à l'adresse suivante : www.ombudsman.forces.gc.ca.

Renseignements

  • Bureau de l'Ombudsman
    Darren Gibb
    Directeur des communications
    613-992-6962
    ou
    Bureau de l'Ombudsman
    Michelle Laliberté
    Conseillère en communications
    613-995-8643