Institut professionnel de la fonction publique du Canada

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26 juin 2014 10h48 HE

Mise en oeuvre reportée et sécurité insuffisante : la refonte impartie du système de courriel du gouvernement est mal partie, selon l'Institut

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 26 juin 2014) - En ce premier anniversaire de la décision de Services partagés Canada (SPC) de confier les services de courriel aux grandes sociétés des technologies de l'information Bell et CGI, l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) veut sensibiliser le public aux faiblesses de la politique de sous-traitance du ministère. Visant à rationaliser et à consolider tous les systèmes du gouvernement fédéral à un coût de 400 millions de dollars, l'opération de transformation du système de courriel s'est heurtée à des problèmes dès le départ.

« La sous-traitance coûte plus cher, est moins fiable et soulève de graves problèmes d'éthique et de sécurité pour les Canadiens, de dire la présidente de l'IPFPC, Debi Daviau. Un an après le début du projet, nos craintes initiales sont malheureusement confirmées. »

Les nouvelles périodiques données par la direction de SPC au personnel imposent un décevant constat concernant la mise en œuvre de la transformation du système de courriel. La première présentation, datée de septembre 2013, annonçait que la « Vague 0 » allait être exécutée au plus tard le 31 janvier 2014. Comme son nom le laisse entendre, la Vague 0 est une étape préliminaire décrite dans les documents internes à laquelle sont associées diverses tâches : l'harmonisation, le déploiement, la coordination et la communication. En février 2014, la date prévue pour la mise en œuvre de la Vague 0 était reportée à avril 2014. La plus récente présentation, datée de juin 2014, donne maintenant août 2014 comme date de départ.

« Un an après le début du contrat, ils ont déjà six mois de retard. C'est inacceptable, d'ajouter Daviau. Nous disions dès le départ que tout ce processus n'était pas nécessaire. En tant que l'une des plus grandes entreprises de TI au pays, SPC dispose déjà à l'interne de toutes les compétences et ressources humaines nécessaires. Ce projet s'annonce comme un énorme gaspillage de temps et d'argent. »

Malheureusement, les mauvaises nouvelles pour Services partagés Canada ne s'arrêtent pas là. Un document interne daté d'avril 2014 et intitulé « Audit des contrats de services professionnels » renferme quelques critiques accablantes de la manière dont SPC traite la question des travailleurs contractuels. Le rapport dénote que chez 84 p. cent des entrepreneurs audités, on a relevé des indicateurs de risque qui donnent lieu de croire que des liens employeur-employé plus permanents se forment entre des entrepreneurs et le ministère. Par ailleurs, les données sur les ressources contractuelles étaient insuffisantes et « incomplètes et éparses », et 41 p. cent des dossiers d'approvisionnement examinés étaient mal documentés. Les répercussions sur le plan de la sécurité énoncées dans l'audit interne sont troublantes :

« Le document qui manquait le plus souvent était le document de confirmation de sécurité. Sans celui-ci, il était impossible de savoir si la ressource contractuelle satisfaisait aux exigences relatives à la sécurité au moment de l'attribution du contrat lorsque nous avons examiné le dossier. »

« Le gouvernement actuel a recours à la sous-traitance pour rien, même quand le personnel en place peut fournir les services plus efficacement, poursuit Daviau. Maintenant, Services partagés Canada doit réévaluer sa manière de distribuer les ressources entre les entrepreneurs et le personnel - nous n'avons aucune preuve que le processus décisionnel est fondé sur des données probantes. On dirait que la décision par défaut est d'impartir le travail en espérant pour le mieux, ce qui est de la mauvaise gestion. »

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada représente près de 55 000 professionnels du secteur public canadien, dont environ 13 000 spécialistes de la TI.

Renseignements

  • Pierre Villon
    613-228-6310, poste 2228
    613-794-9369 (cell.)