Mouvement national des victimes de crimes d'Etat en Colombie, section Ottawa-Gatineau

04 mars 2008 11h21 HE

Mouvement national des victimes de crimes d'Etat en Colombie, section Ottawa-Gatineau

Pour les disparus - Pour les déplacés - Pour ceux et celles qui furent massacrés - Pour ceux et celles qui furent exécutés - Pour obtenir la vérité Journée mondiale de mobilisation Victimes de la violence en Colombie

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 4 mars 2008) - Les réfugiés et immigrants colombiens résidant dans la région d'Ottawa/Gatineau se joindront aux Canadiens et Canadiennes préoccupés par la crise humanitaire en Colombie lors d'une vigile sur la Colline parlementaire, le jeudi 6 mars à 12 h 30. Ils honoreront les milliers de Colombiens et Colombiennes qui furent assassinés et les millions d'autres forcés de quitter leur résidence en raison de la violence des paramilitaires, comptant souvent sur l'appui des forces armées ou de la police colombienne (voir la fiche d'information ci-jointe).

Cette vigile est organisée dans le cadre d'une journée mondiale de mobilisation avec des démonstrations à Bogota, Colombie de même que dans plusieurs villes d'Amérique du Nord afin d'attirer l'attention internationale sur les millions de victimes de la violence, des meurtres et de déplacements forcés en Colombie. Le groupe remettra une série de demandes à l'Ambassade colombienne située sur la rue Albert suite à la vigile.

"Rien ne peux justifier les souffrances horribles causées par cette violence, ni la sécurité nationale, ni la contre-insurrection, ou tout autre argument" dit Diego Porras, un résident de Gatineau d'origine colombienne. "L'impunité est la norme pour la plupart de ces crimes. Les violations de droits humains ne diminuent pas. Nous demandons la fin de ces crimes. Nous demandons justice."

Il y a 3,8 millions de personnes déplacées en Colombie. Plus de 12 millions d'hectares de terre furent ravis par les paramilitaires et sont utilisés pour les cultures de rente à grande échelle telles que les coeurs de palmiers et les bananes. Dix-huit groupes autochtones sont considérés en voie d'extinction. Des 2 460 personnes autochtones assassinées au cours des dernières années, plus de 900 étaient des leaders ou autorités locales. Près de 500 syndicalistes furent assassinés ou traqués depuis que le Président Alvaro Uribe a pris le pouvoir en 2002.

De plus, des milliers d'étudiants, de professeurs, de travailleurs, de leaders communautaires, de défenseurs des droits humains, de paysans et de journalistes ont été torturés, assassinés ou portés disparus en Colombie par les actions des paramilitaires et des agents de l'Etat colombien.

Auparavant professeur d'histoire, Leon Florez a pris la décision de quitter son pays suite à l'assassinat de deux de ses collègues. Plusieurs autres avaient reçu des menaces de mort dont M.Florez. Maintenant résident de Gatineau, Leon Florez note que "les meurtriers prennent pour acquis qu'ils ne seront jamais tenus responsable des crimes commis".

Pendant ce temps, le gouvernement colombien met en oeuvre une coûteuse stratégie internationale de relations publiques pour démontrer des progrès en matière de droits humains. Leur propagande a convaincu les Etats-Unis, le Canada et l'Europe d'entamer des négociations pour des accords de commerce avec la Colombie.

Les demandes qui seront soumises à l'Ambassade colombienne comprennent :

1. Un accord humanitaire pour un échange de prisonniers entre la guérilla et l'Etat;

2. Un processus de paix transparent incorporant l'Etat, les groupes armés insurgés et la société civile menant à un accord négocié pour mettre fin aux 40 ans de conflit;

3. Un procès pour crimes contre l'humanité à la Cour Pénal Internationale;

4. La pleine réparation pour les victimes de crimes contre l'humanité et de déplacements forcés;

5. La pleine transparence au sujet des négociations de l'accord de commerce entre le Canada et la Colombie; et

6. Le gel des négociations de l'accord de commerce jusqu'à temps que le gouvernement démontre ses progrès en matière de droits humains.


Fiche d'information

Les droits humains en Colombie

La Colombie a le taux le plus élevé de violence contre les syndicalistes à travers le monde; plus de 2 500 syndicalistes furent assassinés depuis 1986, dont 480 dans les cinq dernières années. Le gouvernement a un taux de condamnation de 1,9 % pour ces assassinats.

31 000 Colombiens et Colombiennes portés disparus depuis 1990, enlevés par les escadrons de la mort des groupes paramilitaires. 10 000 corps retrouvés dans 3 000 fosses communes. Les autres corps furent vraisemblablement jetés dans les rivières et fleuves.

17 000 personnes autochtones ou afro-colombiennes assassinées.

5 000 politiciens et politiciennes du parti de l'Union patriotique traqués et assassinés.

Les paramilitaires supposément démobilisés depuis 2002 ont assassiné plus de 600 civils chaque année depuis cette 'démobilisation'. Ces crimes ne font l'objet d'aucun processus judiciaire.

L'armée colombienne a effectué 955 exécutions extrajudiciaires au cours des cinq dernières années, et a détenu arbitrairement 7 500 personnes.

Le gouvernement colombien actuel est accusé de corruption, de liens avec les escadrons de la mort des paramilitaires et des narcotrafiquants, et de maintenir les conditions pour que les crimes commis restent impunis.

Les réseaux criminels contrôlent les activités économiques et politiques dans 23 des 31 provinces de la Colombie.

Les paramilitaires ont utilisé les menaces, la violence et les massacres pour déstructurer les groupes autochtones, afro-colombiens et autres mouvements sociaux et groupes vulnérables afin de contrôler des territoires riches en ressources. Ce contrôle profite principalement à des compagnies multinationales actives dans l'extraction de ressources et dans l'agriculture de l'huile de palme africaine. Peu de mesures de contrôle existent pour assurer que ces compagnies internationales agissent de façon responsable en Colombie.

Il y a 3,8 millions de personnes déplacées à l'interne en Colombie, dont 57 % sont des femmes. L'ONU qualifie cette situation de pire crise humanitaire de l'hémisphère occidental et cette crise est en pleine croissance.

Renseignements

  • Leon Florez
    819-243-0116
    ou
    Nadia Faucher
    613-563-4801, 819-773-8231