Institut professionnel de la fonction publique du Canada

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25 oct. 2013 10h17 HE

Op-ed de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Remplacement de la Loi sur la pension de retraite dans les services publics du Nouveau-Brunswick par un régime à risques partagés

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 25 oct. 2013) -

À la rédaction,

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) représente quelque 60 000 professionnels œuvrant dans le secteur public au Canada, dont plus de 400 employés provinciaux qui servent fièrement les Néo-Brunswickois à titre de procureurs de la Couronne, d'ingénieurs, d'arpenteurs, d'architectes, de vétérinaires, d'agrologues et d'agronomes.

Ces professionnels sont très préoccupés par le projet d'abrogation de la Loi sur la pension de retraite dans les services publics (LPRSP) et son remplacement par un régime à risques partagés (RRP).

Au nom de nos membres, nous aimerions clarifier les déclarations faites récemment par le gouvernement provincial au sujet du RRP, notamment celle selon laquelle le nouveau régime est mis au point avec l'accord et la collaboration des syndicats.

L'IPFPC et les autres syndicats dont les membres contribuent au régime de retraite actuel en vertu de la LPRSP ont été invités à assister à une série de réunions, qui ont commencé l'automne dernier, avec le groupe de travail nommé par le ministre des Finances, Blaine Higgs. Le groupe de travail avait pour mandat d'examiner le régime de retraite du secteur public tout en respectant « les principes de durabilité, de prix abordables, d'avantages sûrs, de transparence et d'équité intergénérationnelle ».

En février 2013, l'ancien actuaire en chef du gouvernement du Canada, qui conseille actuellement l'Institut professionnel, a demandé au groupe de travail de lui fournir des projections actuarielles standard pour le RRP afin d'évaluer son incidence financière sur la LPRSP à court, à moyen et à long terme et, par là même, la mesure dans laquelle le RRP atteindrait ses objectifs financiers. Malheureusement, le groupe de travail a refusé de répondre aux questions qui lui avaient été posées et aucun renseignement n'a été fourni à l'intention de nos membres.

L'IPFPC a refusé de signer, au nom de ses membres, un protocole d'entente concernant le régime de retraite dans les services publics étant donné que le RRP proposé aura des répercussions négatives sur la sécurité de retraite. La pension des professionnels concernés est essentiellement une rémunération différée, qui fait partie de la rémunération globale offerte au moment du recrutement par la province du Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement laisse entendre que le RRP sera plus « abordable » et plus « sûr » que la LPRSP. Nous ne sommes pas d'accord.

Dans le cadre du RRP, la contribution de nos membres croîtra de 30 % ou plus au début de sa mise en place tandis que l'âge de la retraite et les pénalités associées à une retraite anticipée augmenteront considérablement. Parallèlement, les prestations de base seront fortement réduites pour 20 % de nos membres, et l'indexation garantie au coût de la vie pour les futures prestations de retraite sera éliminée pour tout le monde.

De notre point de vue, la réduction des prestations combinée à la hausse de la contribution de nos membres change la LPRSP d'une manière qui est inéquitable et déraisonnable. Cette combinaison produirait un régime de retraite inabordable pour nos membres. Quant à la sécurité de la retraite, l'abrogation de la LPRSP et le transfert des fonds dans le RRP constituent essentiellement une confiscation de biens qui appartiennent aux membres actifs et retraités de l'IPFPC.

Nos membres ne croient pas que les cinq principes établis par le ministre des Finances pour une réforme du régime de retraite ont été respectés par son groupe de travail. Et ils se demandent pourquoi ce groupe de travail n'a pas fait le moindre effort pour voir comment la LPRSP pouvait être réformée de façon à répondre aux besoins d'aujourd'hui.

Nos membres n'accepteront pas un régime qui aura des conséquences négatives sur la sécurité financière des employés gouvernementaux actuels, passés et futurs tant au Nouveau-Brunswick que dans d'autres provinces.

Nous faisons écho à la demande présentée par le groupe Pension Coalition NB à la province afin qu'elle retire de la table son régime à risques partagés en vue d'entamer un véritable dialogue sur toutes les solutions possibles pour le futur régime de retraite des services publics. Nous exhortons le premier ministre Alward à entreprendre un tel processus. Nous pouvons assurer tous les Néo-Brunswickois que, lorsqu'il le fera, l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada défendra l'intérêt de ses membres de façon constructive.

Sincères salutations.

Gary Corbett, Président, Institut professionnel de la fonction publique du Canada

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