SOURCE: Alliance canadienne du commerce agroalimentaire

Alliance canadienne du commerce agroalimentaire

27 sept. 2015 15h02 HE

Pour l'avenir: descendre dans les rues pour défendre le commerce

ATLANTA, GA--(Marketwired - 27 septembre 2015) - Les fermiers canadiens sont toujours tournés vers l'avenir. Qu'il s'agissent d'une graine prête à planter, d'un lopin de terre ou du devenir d'un jeune veau. Ils savent d'où ils viennent et vers où ils se dirigent. Mais si tout le monde saisissait, à sa juste valeur, à quel point l'agriculture canadienne dépend du commerce international, les gens descendraient dans la rue pour défendre les traités de libre-échange.

Cette semaine, les Ministres du commerce de 12 nations de la zone Pacifique se réunissent à Atlanta, en Géorgie pour conclure les négociations du Partenariat transpacifique (PTP). Pour 90% des fermiers canadiens, ceux qui dépendent de l'accès aux marchés mondiaux, l'obtention d'un accord qui garantit une concurrence égale est aussi importante que la pluie pour arroser les graines ou le fourrage pour faire des veaux des vaches.

Mais au Canada, paradoxalement, ce qui fascine est cette focalisation sur le besoin de se protéger. Car en vérité, l'agriculture canadienne prospère sur les marchés mondiaux - nous exportons plus de la moitié de ce que nous produisons. Ce dont les producteurs de blé, porc, sucre, bœuf, canola, orge, légumineuses ont besoin ce sont des conditions d'accès compétitives, l'égalité en matière de concurrence mondiale.

C'est précisément le commerce international qui nous a permis d'en arriver là où nous sommes, au rang de 5ieme exportateur mondial, et qui permettra la croissance pour les générations futures. Soit dit simplement, au Canada, nous avons beaucoup plus de terres que d'hommes.

Sur ces 10 dernières années, les exportations du Canada en agriculture et agroalimentaire ont augmentées de 77%, passant de 31 milliards en 2004 à $56 milliards en 2014, entrainant une croissance du revenu agricole de près de 46% sur la même période.

Et il ne s'agit pas seulement des 180 000 fermes, il s'agit aussi de leurs fournisseurs, de leurs clients, des transformateurs, des exportateurs qui bénéficient également du commerce international. Qu'il s'agisse de transformation agroalimentaires à Toronto, de distribution à Vancouver, des milliers de Canadiens à travers le pays qui œuvrent en recherche, technologie, traçabilité, innovation, des centaines de milliers de Canadiens travaillent et dépendent des produits agricoles et agroalimentaires du Canada vendus ailleurs.

Comment assurer notre croissance future?

Une chose est sûre, se trouver désavantagé vis-à-vis de nos compétiteurs dans la région du PTP, un marché de 800 million de consommateurs et qui compte 40% de l'économie mondiale, n'est pas envisageable. Les exportateurs agroalimentaires canadiens ont besoin de l'accès équitable du PTP pour rester compétitifs.

Si l'accès compétitif aux marchés en croissance de la zone Asie-Pacifique est primordial, c'est parce que la région achète 65% de nos exportations. Si le Canada ne faisait pas partie de cet accord, nos producteurs seraient directement et immédiatement désavantages vis-à-vis de nos compétiteurs américains et australiens. Il en résulterait une diminution des exportations, une diminution des revenus des agriculteurs canadiens, moins de soutien pour les communautés et moins d'emplois canadiens offerts par les transformateurs et les exportateurs.

Pour le secteur du porc par exemple, l'absence du PTP compromettrait un milliard de dollars d'exportations actuelles et entraînerait une diminution rapide de près de 40 % du volume d'exportations de porc vers le Japon, un marché où la valeur du porc canadien est beaucoup plus élevée que sur la plupart des autres marchés, et qui ne trouve d'équivalent sur aucun autre marché. Ceci mettrait des milliers d'emplois en danger.

Il en est de même pour le secteur du grain, qui exporte plus de 2,3 milliards de dollars de céréales, d'oléagineux, de légumineuses et de cultures spéciales vers le Japon, la Malaisie et Singapour. Les producteurs de canola estiment qu'un PTP sans le Canada équivaudrait à renoncer à près de 14 milliards d'opportunités d'exportation, ceci due à une perte de compétitivité dans des marchés clés.

La réduction de barrières tarifaires et non tarifaires à travers le PTP dégagera des opportunités d'exportation pour les producteurs agroalimentaires canadiens, qui a leur tour contribuent au développement des communautés à travers le pays.

Pour le secteur du bœuf, le PTP pourrait doubler, voire tripler, les exportations de bœuf au Japon qui sont évaluées à 100 millions de dollars annuellement. Pour le secteur du sucre, un PTP fructueux pourrait éviter des pertes annuelles de 120 millions de dollars dues aux barrières d'accès au marché américain dérivées de l'ALENA et de l'OMC et pourrait contribuer à l'investissement et aux exportations de sucre et de produits du secteur de la transformation agroalimentaire qui utilise du sucre, un secteur évalué à plus de 18 milliards de dollars. Quant au secteur du canola, l'élimination des tarifs en vertu du PTP permettrait l'exportation d'un million de tonnes supplémentaires d'huile et de tourteau de canola, soit environ 780 millions de dollars. Pour les producteurs d'orge et les transformateurs à valeur ajoutée, le PTP pourrait augmenter les exportations de 150 000 tonnes, soit 80 millions de dollars.

Pour les exportateurs agroalimentaires et les centaines de milliers d'emplois qui en découlent, la prospérité passe par l'accès aux marchés. Si nous sommes parvenu à des tels résultats, c'est parce que le Canada est compétitif globalement. Et notre secteur continuera à créer des emplois et de l'activité économique tant que nous conserverons un accès compétitif aux marchés mondiaux.

Tout comme les fermiers qui scrutent le ciel à la recherche de pluie pour faire pousser leurs graines, ceux qui comprennent véritablement l'importance de l'accès aux marchés seront rivés sur Atlanta et les négociations du PTP. Espérons que nos chefs politiques et négociateurs parviennent à un accord qui permettra aux industries qui dépendent du commerce de germer dans le future.

Brian Innes est le President de l'Alliance Canadienne du Commerce Agroalimentaire

Renseignements

  • Pour obtenir d'autres renseignements, veuillez communiquer avec :
    Claire Citeau, Directrice générale, ACCA
    cciteau@cafta.org , 613-266-9104